Correspondance européenne | 233, Eglise catholique

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La Foi et l’Espérance qu’aujourd’hui nous sommes en train de perdre

Cœur Immaculé de MarieDepuis plus d’un an, le troisième mercredi du mois, je mène sur “Radio Maria” une émission qui a comme titre : « Racines Chrétiennes ». “Radio Maria”,que dirige vaillamment le Père Livio Fanzaga, est une station radio catholique qu’écoute un public large et bien orienté. Quand le 19 janvier dernier j’ai parlé de la chute de l’Empire Romain et le 16 mars du Mystère du Mal, je n’ai reçu aucune objection de la part des auditeurs de “Radio Maria”.

À cette radio, comme sur cette revue, je me limite à être le porte-parole de la Foi catholique de toujours, et le défenseur des principes et des institutions de la Civilisation chrétienne, menacés par le relativisme dominant. Pourtant ma voix, et, plus généralement, celle des catholiques, ne plaît pas aux groupes ultra-laïcistes qui ont monté une campagne médiatique, immédiatement reprise par la grande presse italienne.

La discussion qui s’en est suivie a concerné surtout la liberté de pensée et de parole du Catholique ; mais le problème est aussi un problème de fond et concerne le premier article du Credo, le principe de notre Foi, auquel tout est rattaché, duquel tout procède : « Je crois en Dieu Tout-Puissant,Créateur du Ciel et de laTerre, de toutes les choses visibles et invisibles ».

En prononçant ces paroles, nous affirmons que le Ciel et la Terre, et toutes les choses visibles et invisibles ont eu un principe suprême, comme l’affirme le premier verset de la Sainte Écriture : « Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre » (Gn. 1, I). Saint Jean commence son Évangile par les mêmes mots : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbeétait Dieu. (…) Tout a été fait par Luiet, sans Lui, rien n’a été fait de cea été fait » (Jn.1, I-3).

Avant la création du monde, rien n’existait si ce n’est Dieu : seul Dieu était et toutes les choses visibles et invisibles reçurent de Lui l’être qu’elles ont et qui les maintient dans l’existence. L’acte créateur de Dieu continue dans le temps : s’il cessait, ne serait-ce qu’un instant, le créé retomberait dans ce néant dont il est issu.

Tout ce que Dieu a créé, d’ailleurs, non seulement est conservé dans l’être, mais est dirigé à une fin. Cette fin, c’est Dieu lui-même, cause première et ultime, l’alfa et l’oméga de l’univers. C’est pour cette raison que l’Écriture dit : «  Yahweh a tout fait pour Son but » (Prov. 16, 4) et : « Les Cieux racontent la gloire de Dieu » (Ps. 19, 2). Il résulte de tout cela que rien dans ce monde n’arrive par hasard ; ou encore, comme le dit le proverbe, « aucune feuille ne bouge sans que Dieu ne le veuille ».

C’est à ce point que se pose le problèmes du Mal, que certains considèrent incompatible avec l’existence d’un Dieu infiniment bon. Pourtant le Mal n’existe pas en Dieu, mais seulement dans la créature, comme privation du bien nécessaire à sa finitude. Il faut ensuite distinguer entre le Mal physique, qui ne dépend pas de la volonté de la créature, et le mal moral, que seules les créatures, rationnelles, hommes ou anges, font, exerçant les facultés qui leur sont propres, l’intelligence et la volonté.

Dieu veut seulement indirectement le mal physique, et Il permet le mal moral, mais toujours en vue d’un plus grand bien, parce que Dieu est le Bien Suprême, et Il est incapable de tout Mal, et la Divine Providence est capable, à partir de tout mal, d ’en tirer le bien. Quelle est la raison ultime? On pourrait le résumer par une phrase de Saint Thomas : « Les maux qui nous pressent en ce monde nous contraignent d’aller vers Dieu » (Summa Theologica, I, q. 21 a. 4 ad 3).

Le Mal, la douleur, la souffrance, souvent, ouvrent les yeux aux hommes et les conduisent à Dieu. Donc tout ce qui arrive a un sens. Même les grandes catastrophes, même les désastres collectifs ont une raison aux yeux de Dieu. Tremblements de terre, épidémies, guerres, bouleversements historiques et naturels de tout genre ont accompagné dès les origines la vie de l’Homme, et l’homme, toujours, y a vu la main de Dieu, les interprétant souvent comme des châtiments pour l’Humanité.

Le tremblement de terre au Japon a été un châtiment de Dieu ? Personne ne peut le dire avec certitude. Les desseins de Dieu sont impénétrables : ils sont parfois un mystère de Justice, parfois un mystère de Miséricorde, mais toujours des mystères dignes d’une infinie Sagesse et d’une infinie Bonté ; et toujours, les souffrances, individuelles ou collectives, doivent toucher notre cœur, nous poussant à nous pencher sur elles avec sympathie, par la prière.

Pour comprendre l’action de la Providence, qui donne une raison à tout ce qui se passe, même aux tragédies, comme les tremblements de terre, il faut avoir toutefois une perspective surnaturelle : la perspective de ceux qui croient dans l’existence d’un Dieu Créateur, et qui récompense par la Vie éternelle. Mort, maladies, souffrances, angoisses de tout genre, tout est le fruit du péché et tout peut être vaincu par la vie de la Grâce que, en mourant sur la Croix, Jésus Christ a porté aux hommes, leur ouvrant toutes grandes les portes de la Vie éternelle, de l’éternelle félicité.

C’est à ces pensées que les tragédies collectives devraient nous porter, comme les tremblements de terre permis par Dieu pour obtenir des biens spirituels plus élevés que la vie matérielle, parce que les souffrances matérielles ne sont pas le Mal suprême ; et Dieu les permet, comme châtiments, ou comme purifications, et de toute façon, toujours, comme instruments de méditation, pour ouvrir notre cœur à des biens plus élevés que les biens matériels. C’est pour cette raison que les Psaumes traitent d’ « insensé » celui qui ne croit pas en Dieu (Ps. 14, 1) et Saint Paul dans sa Lettre aux Romains répète : « Il n’est personne qui comprenne, il n’est personne qui recherche Dieu » (Rm. 3, 11).

Aujourd’hui, nous vivons une époque de folie, en ce que l’existence d’un Dieu Créateur, qui se soucie de chaque chose créée, visible et invisible, est ouvertement niée par la fausse sagesse du monde. Les institutions politiques et sociales et les mass media qui influencent l’opinion publique, mais aussi de nombreux Catholiques qui vivent immergés dans l’athéisme pratique, jugent comme ignorant et sot celui qui proclame publiquement l’existence de Dieu.

Pourtant, un appel extrême de Notre Seigneur nous est parvenu par les paroles mêmes de la Mère de Dieu, qui à Fatima, en 1917, nous a mis en garde sur le terrible châtiment qui attend les hommes s’ils ne se convertissent pas, et ne se remettent pas à respecter la loi naturelle et divine. « Dieu – et ce sont Ses paroles – s’apprête à châtier le Monde pour ses crimes commis par la guerre, la faim et les persécutions contre l’Église et le Saint Père (…) Les bons seront martyrisés, le Saint Père aura beaucoup à souffrir, de nombreuses nations seront détruites. En fin, Mon Cœur Immaculé triomphera ».Dans cette dernière promesse de la Vierge, plaçons toute notre espérance, en nous confiant à Son Cœur Immaculéet infiniment miséricordieux. (R. d. M.)