Correspondance européenne | 237, Belgique

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Belgique : transplantations d’organes de patients euthanasiés

La réalité désormais dépasse la fiction et les scénarios les plus macabres et inquiétants ne sont pas le fruit de l’imagination perverse des créateurs de film d’horreur mais de vrais événements. Une étude d’un groupe de médecins belges a établi que les patients décédés (assassinés, plus exactement) par euthanasie sont les donneurs idéaux d’organes, surtout de poumons.

D’après ce rapport, trois patients sur quatre de ceux auxquels on a transplanté des poumons venant de donneurs euthanasiés ont eu un excellent et rapide cours post-greffe. Tous les patients auxquels on a prélevé les organes avaient donné leur consentement à l’euthanasie même s’ils ne se trouvaient pas en état terminal: l’un souffrait d’un insoutenable désordre mental, les autres deux d’une débilitante maladie bénigne.

Le jour fixé ils ont été amenés dans une salle attenante à celle des transplantations et là ils ont été « terminés » avec toutes les attentions (on leur a administré un médicament anticoagulant avant le cocktail mortel de médicaments), déclaré morts sur la base de critères établis par la loi belge, intubés et positionnés sur la table d’opération prêts pour être dépouillés des précieux organes.

Selon un rapport rédigé par la Canadian Medical Association, 20 % des infirmiers interviewés a participé à des interventions euthanasiques et environ la moitié a admis avoir participé à ces opérations sans le consentement explicite du patient. Prélever des organes de patients non consentants n’est qu’une question de temps, affirme le docteur Saunders, vu que maintenant la moitié des cas d’euthanasie en Belgique se passe sans la volonté explicite du malade.

L’évolution du mal et l’utilisation de nouveaux instruments de mort n’est pas fortuit mais la conséquence logique de lois et de conceptions philosophiques de l’homme et de son existence qui sont le fruit d’une société niant l’existence d’un Être Suprême et, par conséquent, d’un statut juridique (le droit naturel) qui précède la fondation elle-même de l’Etat. En absence donc d’un ordre universel reconnu, il est naturel de légiférer selon un faux ordre basé sur la substantielle inutilité de l’existence humaine, dépouillée de toute perspective surnaturelle.

Si l’homme est destiné à disparaître dans le rien d’où il est venu, toutes les cartes se jouent dans le laps de temps limité de son existence terrestre. C’est pourquoi la souffrance et la maladie invalidante deviennent d’insupportables fardeaux qu’il est tout à fait inutile de prolonger. En outre, elles constituent des obstacles pour ceux qui veulent encore avoir la chance de profiter de la vie. La loi du plus fort, donc, devient le vrai et seul critère de référence d’une humanité déprimée et spirituellement anéantie.

Le business des transplantations d’organes, désormais dogmatiquement accepté par tout le monde comme le niveau le plus haut d’altruisme et de don gratuit de soi atteint par l’homme de la modernité, cadre parfaitement avec l’époque où nous vivons. La mort de celui qui s’auto-élimine ou est éliminé acquiert une signification et une dignité au moment où elle est utile à quelqu’un d’autre.

Le manque de sens, en effet, frappe l’homme dans toutes les phases de son existence, au point que mourir est encore plus terrifiant que vivre sans aucune perspective et sans pouvoir laisser aucune trace. Par conséquent, la facilité avec laquelle les personnes donnent leur approbation à donner les organes vitaux ne surprend pas, pas plus que le fait que les transplantations proviennent de personnes euthanasiées.

Malheureusement, même le fait qu’on recourra de plus en plus à l’euthanasie sans le consentement du patient, voire contre sa volonté, ne surprend pas. Le chemin tracé par le malin est sans voie de sortie et les instruments du mal sont un abîme sans fond : soit l’humanité se convertira au Christ soit inévitablement elle mourra. Les terribles punitions divines que le monde attire à soi-même constituent, peut-être, notre seul espoir de salut. (A. D. M.)