Correspondance européenne | 245, Turquie

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Turquie: le génocide arménien en question

Le torchon brûle entre la Turquie et la France depuis que le Parlement français a voté la criminalisation de la négation du génocide arménien. Même si ce vote va dans le sens d’encore moins de liberté de parole et que la loi ne devrait pas être utilisée pour punir des opinions surtout quand elle relèvent de l’histoire, il faut avouer qu’ici il fait apparaître au grand jour mauvaise foi du gouvernement truc et montre à quel genre de partenaire on aurait affaire si la Turquie venait à entrer dans l’Union européenne.

En réponse, le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a cru approprié d’accuser la France de génocide en Algérie dans les années 1940 et 1950. Il a même affirmé que le Président devait en savoir quelque chose puisque son père, selon ses dires, avait une connaissance directe des massacres perpétrés par les Français.

« En Algérie à partir de 1945 – a déclaré Erdogan à la télévision – environ 15 % de la population a été massacrée par les Français. C’est un génocide ». Après cette affirmation grotesque, il a ajouté : « Si le président français, M. Sarkozy, ignore ce génocide, il devrait interroger son père, Paul Sarkozy. Son père a servi en Algérie dans les années 1940. Je suis sûr qu’il a beaucoup a raconté à son fils au sujet des massacres français en Algérie ».

Si le Sénat approuve la loi dans le courant de 2012, il deviendra illégal de nier le génocide arménien en France. Scandale en Turquie où cet événement est considéré comme inexistant. Les Arméniens auraient plutôt trouvé la mort dans des combats de partisans. L’ambassadeur turc a été rappelé à Ankara et toutes les réunions politiques, économiques et militaires ont été annulées (“Reuters”, 23 décembre 2011). (C. B. C.)