Correspondance européenne | 245, UE

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UE: l’Europe des hypocrites

Nous vivons à l’époque des droits et des initiatives de solidarité : pas un jour ne passe sans qu’un numéro vert ne soit activé, pour que ceux qui le souhaitent puissent envoyer des euros en faveur d’associations  de bienfaisance. Ces initiatives concernent généralement l’aide ou le soutien aux groupes les plus démunis de la société mondiale, tels que les enfants, les personnes âgées, les pauvres et les malades.

Alors on a envie de dire que tout cela est parfait. Mais en réalité, outre que plusieurs de ces campagnes de solidarité sont suspectes, comme par exemple celles qui visent à réduire la faim et la misère en encourageant la contraception et l’avortement, il faut bien souligner la dychotomie qui réside entre cette tendance qui se généralise à faire appel aux bons sentiments et les massacres que les états nationaux perpètrent en silence sur les êtres les plus faibles et sans défense.

Depuis quarante ans les législations abortistes du monde entier ont broyé des milliards de victimes innocentes, assassinées dans le sein maternel ; de même, dans une indifférence générale l’euthanasie active et passive se pratique non seulement sur les malades et les personnes inconscientes, mais également sur les enfants que, par une logique perverse, on tend à éliminer au motif qu’ils sont un poids pour eux-mêmes et pour les autres ; le tout étant considéré comme une conquête pour la civilisation.

Récemment, on a assisté à la énième initiative hypocrite de bienveillance de la part du Parlement Européen, qui a patronné la campagne intitulée L’Europe pour un Sourire, un spectacle qui rassemblait toutes les grandes figures de la musique italienne, dans le but de récolter des fonds en soutien au “Telefono Azzurro”, une organisation no profit qui se bat pour protéger les femmes et les enfants victimes de harcèlement sexuel et de violences.

Cette initiative a été présentée à Reggio Emilia, en Italie, en présence de personnalités de haut rang du monde politique, par le Président du Parlement Européen qui dans son discours a souligné l’importance et les finalités de cette initiative. Quelques jours avant cet évènement euro-solidaire, le même Parlement Européen a approuvé par une écrasante majorité une résolution qui définit l’avortement comme l’un des objectifs à poursuivre pour combattre la diffusion du Sida.

La résolution B7-0615/2011- Sur la lutte contre le Sida dans l’Union Européenne et dans les pays limitrophes, est une disposition qui de fait impose aux pays membres de garantir le droit à l’avortement en raison du lien étroit qui existe entre la santé et les “droits de reproduction et sexuels” d’une part, et le virus du Sida de l’autre. En d’autres termes, les programmes de prévention contre la maladie du siècle deviennent partie intégrante de l’assistance sanitaire reproductive et sexuelle qui inclut l’avortement libre, légal et gratuit.

Une fois encore on retrouve la stratégie perverse et diabolique des lobbys européistes qui regardent d’un œil favorable ces fameuses initiatives de solidarité et vont jusqu’à en être les organisateurs, ou les sociétés qui les patronnent, dans le seul but de détourner plus aisément l’attention de leurs méfaits permanents ; du reste, leur tâche se trouve facilitée par le climat ambiant qu’empoisonne le relativisme éthique et moral omniprésent, dont l’effet sur les personnes est qu’elles ont tendance à accorder autant de poids et d’importance à des valeurs qui pourtant ne devraient surtout pas être placées sur le même plan.

Cet état de confusion profite aux plans criminels de ceux qui au contraire connaissent bien le droit naturel, au point de vouloir instaurer sa totale subversion. (A. D. M.)