Correspondance européenne | 246, États Unis

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États Unis : des infirmières objecteurs de conscience

Une douzaine d’infirmières objecteurs de conscience ont intenté un procès à un hôpital du New Jersey qui leur a imposé depuis septembre dernier d’assister les femmes qui se soumettent à l’interruption de grossesse, avant et après l’intervention. Les infirmières soutiennent que cette mesure viole les lois fédérales et de l’État, qui garantissent les droits des médecins et du personnel paramédical qui sont contre l’avortement pour des motifs moraux et religieux.

« Moi je suis infirmière pour aider les personnes, mais pas pour les aider à tuer ; aucun employé de la santé ne peut être contraint à choisir entre aider à l’avortement ou subir des pénalités sur son travail », déclare Beryl Otieno-Negoje (“Washington Post”, 28 novembre 2011). Une autre infirmière, Fe Esperanza R. Vinoya, raconte qu’un médecin lui a dit : « Tu dois juste attraper la tête du bébé. Ne t’inquiète pas, il est déjà mort ». « La profession d’infirmière – ajoute Vinoya – a pour but de guérir, et la loi protège notre droit  à ne pas fournir de prestations liées à l’avortement ».

De son côté, l’University Hospital rétorque dans une déclaration qu’aucune infirmière n’a été contrainte à « participer directement, mais seulement par sa présence dans la salle, à une procédure à laquelle elle est opposée du fait de ses convictions éthiques et religieuses ». L’hôpital aurait donc « respecté pleinement les lois fédérales et de l’État », comme le conclut le communiqué qui souhaitait également que ce fait soit reconnu lors de l’audience fixée pour le 5 décembre 2011. En attendant, les juges ont émis un ordre temporaire interdisant aux responsables de santé de demander aux infirmières d’assister les femmes avant ou après l’avortement. (E. G.)