Correspondance européenne | 247, États Unis

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États Unis : Obama empêche l’objection de conscience

En 2008, de nombreux Catholiques américains ont voté pour Obama, sans trop se soucier de ses positions dans le domaine éthique. Or maintenant, à l’approche des élections présidentielles, les préférences électorales pourraient changer. En effet, les avis ont changé, y compris parmi les croyants qui avaient considéré avec bienveillance la réforme de la santé de 2010.

L’administration  Obama a en effet démontré encore plus clairement ses opinions pro-avortement. Le gouvernement fédéral a établi qu’à partir du mois d’août 2013, toutes les structures hospitalières, y compris les structures catholiques, seront contraintes à proposer une assurance maladie qui prenne en charge les frais de contraception et d’avortement. La Conférence Épiscopale des États-Unis n’a pas hésité à critiquer cette décision, qui mine profondément la liberté religieuse. En effet, il est impensable que les structures catholiques utilisent leurs propres ressources pour permettre l’homicides des bébés.

Benoît XVI lui-même est intervenu en réponse à cette attaque aussi flagrante à la liberté de conscience. Lors d’un entretien récent avec quelques évêques américains, dont le cardinal Wuerl, archevêque de Washington, le Pape a exprimé sa solidarité avec l’épiscopat américain et, citant la loi en question,  il a parlé de  « graves dangers à l’égard de Dieu et à l’égard de la vie » ainsi que de « pratiques intrinsèquement mauvaises », auxquelles un Catholique ne peut en aucun cas se livrer.

En effet, la couverture sanitaire concerne, outre l’avortement, la “contraception d’urgence”, comme la pillule abortive. Il convient d’ajouter à cette condamnation par Benoît XVI la ferme prise de position de la part de l’archevêque de New York, Timothy Dolan, Président de l’Épiscopat Américain, qui a quant à lui déclaré que la grossesse ne peut être considérée comme une maladie à guérir et à éviter à tout prix ; et, pour défendre la liberté religieuse, il a rappelé le droit de l’Église à se prononcer sur des quesions précises. « Obliger les citoyens américains – comme l’a ensuite souligné le futur cardinal – à choisir entre aller à l’encontre de leur propre conscience ou renoncer à l’aide de la sécurité sociale est littéralement immoral ».

Ainsi, il devient impossible pour un Catholique de soutenir l’administration américaine actuelle. La sphère pro-life américaine ne peut se faire écouter que de quelques membres du Parti Républicain. Lors de la March for Life qui s’est déroulée à Washington le 23 janvier dernier, le speaker attitré de la Chambre, John Boehner, qui est un Catholique et un opposant farouche de l’avortement, est intervenu.

Tout ceci démontre pour l’énième fois que les Catholiques du monde entier, qui croyaient trouver en Obama un président fiable et digne de soutien se sont largement trompés. Allons-nous enfin ouvrir les yeux ? (Fe. Ca.)