Correspondance européenne | 248, UE

Imprimer cette page

UE : la conférence d’Istanbul

L’Union européenne a proposé d’accueillir la prochaine réunion du Processus dit d’Istanbul, une tentative des pays musulmans de faire de la critique de l’islam un crime international. L’annonce intervient moins d’un mois après que les États-Unis aient organisé leur propre Conférence du Processus d’Istanbul à Washington.

Le Processus d’Istanbul dont le but est d’inscrire dans le droit international une interdiction mondiale de tout examen critique de l’islam, est dirigé par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), un bloc de 57 pays musulmans. Basée en Arabie saoudite, l’OCI a longtemps fait pression sur l’Union européenne et les États-Unis pour imposer des limites à la liberté de parole et d’expression sur l’Islam. L’OCI s’est engagée dans une offensive diplomatique décisive pour convaincre les démocraties occidentales de mettre en œuvre au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH) la Résolution 16/18 qui appelle tous les pays à lutter contre « l’intolérance, les stéréotypes négatifs et la stigmatisation de la religion et de la croyance ».

La Résolution 16/18, qui a été adoptée au siège du CDH à Genève en mars 2011, est largement considérée comme une avancée significative dans les efforts de l’OCI pour faire progresser le concept juridique international de diffamation de l’islam.

L’administration Obama a accepté d’accueillir à Washington du 12 au 14 décembre 2011 une conférence de trois jours du Processus d’Istanbul. Ce faisant, les États-Unis ont donné à l’OCI la légitimité politique qu’elle cherchait pour mondialiser son initiative visant à interdire la critique de l’islam. A présent, c’est l’Union européenne qui veut organiser le prochain sommet du Processus d’Istanbul en juillet 2012.

Jusqu’à présent, l’Union européenne avait maintenu l’initiative de l’OCI à distance. Mais Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire général de l’OCI, déclare que l’offre de l’UE d’accueillir la réunion représente, selon l’Agence internationale islamique d’informations (IINA), organe officiel de propagande de l’OCI, un « changement qualitatif dans la lutte contre le phénomène de l’islamophobie. En organisant la réunion en Europe qui est plus touchée par le phénomène de l’islamophobie et de l’hostilité envers l’islam, le “Processus d’Istanbul” prendra un élan supplémentaire ».

L’OCI est particulièrement irritée par son incapacité à faire taire le nombre croissant d’hommes politiques démocratiquement élus en Europe qui expriment leurs inquiétudes sur le refus des immigrés musulmans de s’intégrer dans leur pays d’accueil et la création de sociétés islamiques parallèles dans de nombreuses parties de l’Europe. D’où il recherche le soutien de fonctionnaires non-élus au sein de l’Union européenne à Bruxelles pour promulguer une législation européenne et limiter par décret ce que 500 millions de citoyens européens peuvent et ne peuvent pas dire à propos de l’islam. (C. B. C.)