Correspondance européenne | 251, Canada

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Canada: des cliniques proposent des bébés à la carte

 La clinique Washington Center (à Seattle au Canada), spécialisée dans la fécondation in vitro dite de “l’équilibre familial”, désignant la technique qui permet de déterminer à l’avance le sexe de l’enfant à naître, a lancé récemment sur un quotidien canadien une campagne publicitaire axée sur le slogan : « Crée-toi la famille que tu veux : garçon ou fille ».

La pratique de la fécondatoin in vitro pour permettre “ l’équilibre familial ” est largement employée aux Etats-Unis et recrute ses clients essentiellement parmi les ressortissants de pays où le choix du sexe de l’enfant revêt un rôle culturel particulièrement important ; en Inde, par exemple, la naissance d’une fille est le plus souvent vécue comme un malheur, et c’est pourquoi les personnes qui peuvent se le permettre sont prêtes à dépenser des sommes importantes en s’adressant à des cliniques spécialisées comme cette clinique canadienne. Du reste ce n’est pas un hasard si sur la photo qui accompagne l’annonce publicitaire de la Clinique Washington Center les deux enfants sourriants portent des costumes typiquement indiens (voir le quotidien italien “Il Giornale”, 21 avril 2012).

On note qu’habituellement ce genre de nouvelle suscite chez la plupart une réaction indignée, non pas pour des motifs concernant l’aspect moral de ces techniques aberrantes, mais à cause du caractère discriminatoire de leur finalité, surtout parce que c’est la gente féminie qui fait les frais de ce type de comportement. Et pourtant ce qui est le plus évident dans cette affaire c’est que la fécondation in vitro représente une pratique inhumaine, objectivement injuste et discriminatoire.

De fait, pourquoi donc les premières victimes innocentes sont les embryons humains qui se retrouvent inévitablement sacrifiés pour permettre la naissance d’un enfant en laboratoire (leur nombre est impressionnant, surtout si on le compare avec le nombre d’enfants qui viennent au monde, comme le soulignent les chiffres de la Loi n°40 (legge 40) en Italie). À ces victimes innocentes il faut ajouter les enfants qui naissent de ce type de fécondation, dont l’espoir de vie est nettement inférieur à celui des autres enfants , et qui sont privés du droit d’avoir un père et une mère connus, privés aussi du droit d’être le fruit naturel de l’amour conjugal.

Ce choix qui est proposé de déterminer en laboratoire le sexe de l’enfant est le résultat d’une nette évolution d’un système culturel et législatif qui place au premier plan des valeurs l’autodétermination, et qui reconnaît comme légitimes toutes les aspirations humaines, même les plus désordonnées. Rien d’étrange en somme à ce que ce système de valeurs, étranger à la dignité de l’être humain, n’ait pour fondement que sa cynique exploitation. Dans la mesure où il semble bien que l’arbitraire de l’homme ne connaisse plus aucune limite, il faudra bien s’attendre à ce que dans le futur, à moins que les choses ne changent radicalement, on assiste à l’effondrement de toute ce qui reste de barrières naturelles, y compris celles qui aujourd’hui encore nous paraissent infranchissables. (A. D. M.)