Correspondance européenne | 252, Livre

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Livres : L’Europe chancelle

Le mercredi 9 mai a eu lieu au Parlement européen la présentation publique de Europa wankelt. De ontvoering van Europa door de EU (L’Europe chancelle. Le rapt de l’Europe par l’Union européenne). Il s’agit d’un ouvrage collectif qui a bénéficié de contributions de quelque 26 auteurs de différentes nationalités. Il est paru en néerlandais sous la direction de Wim van Rooy (essayiste), Sam van Rooy (son fils, publiciste) et Remi Hauman (islamologue) aux éditions Van Halewyck à Louvain. L’ouvrage est préfacé par Nigel Farage, député européen britannique, président du groupe parlementaire Independence & Democracy et chef de file du courant eurosceptique au Parlement européen.

 Parmi les auteurs qui ont contribué à l’ouvrage, certains sont bien connus du public belge, néerlandais ou international. En plus des trois directeurs de la publication, on notera en particulier John Laughland, Vladimir Bukovsky, Luc Devoldere, Alain Mouton, Thierry Baudet, Matthias Storme, Christophe Buffin de Chosal, Erik Van Goor, Tom Zwitser et Bat Ye’or.

 Dans leurs allocutions, Wim et Sam van Rooy, Thierry Baudet et Nigel Farage ont montré les divers aspects oligarchiques et totalitaires de l’Union européenne, sa fatale coupure des peuples européens, son centralisme grandissant et comment elle se met au service d’intérêts particuliers qui sont étrangers au bien commun des Européens. En particulier, en temps de crise, l’Union européenne trouve d’excellents prétextes pour une politique interventionniste qui justifie par la gravité de la situation le contournement systématique des moyens démocratiques.

 Que l’Union européenne évolue résolument vers un modèle oligarchique et totalitaire, tout observateur un peu averti peut s’en rendre compte facilement. Cependant le courant eurosceptique, Nigel Farage en particulier, tend  à opposer cette dérive à une vraie démocratie nationale comme si le seul fait de devenir supranational suffit à pervertir la démocratie qui serait en soi le meilleur système possible.

Ainsi, s’il est pertinent de comparer l’Union européenne aux régimes totalitaires tels que le nazisme ou le communisme, il ne faut pas perdre de vue que ces régimes étaient fondés sur des principes démocratiques et ne différaient des démocraties libérales que par le degré d’interventionnisme étatique. Par ailleurs les Etats démocratiques nationaux souffrent tous, en tout cas en Europe, de la même dérive oligarchique et totalitaire qui se manifeste de façon plus apparente, parce qu’à une plus grande échelle, au niveau européen.

 Europa wankelt ne fait pas l’impasse sur cette divergence d’interprétation. La variété des auteurs implique une variété des points de vue qui fait toute la richesse et la singularité de l’ouvrage. Il représente un nouveau coup de boutoir dans l’édifice eurocratique dont les fissures deviennent de plus en plus visibles. (C. B. C.)