Correspondance européenne | 253, Chine

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Chine : forcée à avorter au septième mois

La stricte politique de l’enfant unique continue à semer l’horreur en Chine. Le 3 juin dernier, Feng Jianmei, chinoise di Shanxi, a été forcée à avorter au septième mois de grossesse (voir “AsiaNews”, 12 juin 2012). Le site “Tianwang” rapporte que la femme a été battue et traînée dans un véhicule par un groupe d’employés du Family Planning, pendant que son mari Deng Jiyuan était au travail. Les employés chargés du contrôle de la population avaient demandé 40 000 yuans (environ 4 000 euros) à la famille qui ne s’était pas soumise à la règle de l’enfant unique.

N’ayant pas reçu l’argent, ils ont forcé Jianmei à avorter au septième mois et, en plus de la violence, ils ont laissé le corps du bébé avorté sur le lit à côté de sa mère. « C’est un scandale – dit Reggie Littlejohn, avocat américain qui se bat pour la défense des femmes en Chine (Women’s Rights Without Frontiers) –. Aucun gouvernement légitime pourrait commettre ou tolérer un tel acte. Les responsables devraient être poursuivis pour crimes contre l’humanité ».

En Chine, 13 millions d’avortements sont pratiqués chaque année, et un grand nombre d’entre eux sont forcés. Le dissidente Chai Ling, l’une des leaders du mouvement Tian Anmen (1989), qui a cherché refuge aux États-Unis et s’est convertie au christianisme, a souligné que « l’application brutale et violente de la politique de l’enfant unique est le plus grand crime contre l’humanité actuellement en cours; c’est la démolition secrète et inhumaine des mères et des enfants; (…) c’est un holocauste infini qui dure depuis 30 ans ». (E. G.)