Correspondance européenne | 256, Kazakhstan

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Kazakhstan : inauguration d’une imposante cathédrale

Devant une immense foule de plus de deux mille personnes, le cardinal Angelo Sodano, doyen et légat pontifical, a consacré à Karaganda, ville historique du Kazakhstan et théâtre d’une violente répression soviétique, la nouvelle cathédrale néogothique de Notre Dame de Fatima.   

Karaganda se trouve au centre du tristement célèbre Karlag (Karaganda Lager), l’ensemble de 26 camps de concentration qui s’étendait sur 300 kilomètres dans une direction et 200 dans l’autre. Ici, au beau milieu de la steppe de l’Asie centrale, ont vécu, dans la souffrance due aux températures insupportables (qui varient entre -40° en hiver et +40° en été), plus d’un million et demi de personnes, considérées par les bolcheviks des  « traîtres de la patrie »,  mais qui étaient, en réalité, des hommes innocents d’une centaine de groupes ethniques différents. Parmi eux il y avait des milliers de Polonais, des Allemands et des Ukrainiens.

Un grand nombre d’entre eux est mort à la suite d’exécutions sommaires, pour les tortures et les barbaries, ou encore épuisé par les travaux forcés accomplis dans des conditions climatiques très dures.  En 1917 il y avait environ 9 millions de catholiques dans toute la Russie. Autour des années 1940-1950, tous ceux de rite latin avaient pratiquement disparu. Le goulag de Karlag était celui destiné aux catholiques, surtout polonais, ukrainiens et allemands, mais aussi lituaniens et biélorusses, qui en ce lieu mouraient de faim ou fusillés. C’est ici qu’est mort martyrisé le prêtre Alexij Saritski, béatifié par Pape Jean-Paul II en 2001.

L’intention de l’ancien archevêque Mgr Jean Pawel Lenga et de son auxiliaire Mgr Athanasius Schneider, qui ont été l’âme et le moteur du projet, n’a pas été seulement de construire une maison appropriée pour le culte divin des catholiques locaux, mais aussi le besoin pressant de rappeler avec un monument imposant toutes ces victimes innocentes. Toutes les cérémonies pour la fête de l’inauguration ont été très belles mais une des plus touchantes a été l’excellente exécution du Requiem de Mozart, joué par l’orchestre et le chœur locaux, en guise de funérailles posthumes pour toutes les personnes mortes dans le goulag n’ayant jamais eu un enterrement. Ces notes de tristesse ont été accompagnées d’un grand et lumineux espoir. La nouvelle cathédrale semble être le symbole de quelque chose voué à l’avenir de l’Eglise universelle. La Vierge Marie avait prédit à Fatima, en ce fatidique 1917, la propagation des erreurs du communisme, mais aussi le triomphe final de son Cœur Immaculé.

Assister à la réalisation de ce temple à l’endroit même où ces utopies ont essayé de bouleverser la vérité de la nature humaine, fait penser à une réponse divine à la méchanceté des hommes. Ici, dans les murs de ce temple qui montent en flèche vers le ciel, nous pouvons en quelque sorte voir que l’architecture de l’histoire se termine toujours par un chant à la gloire du Créateur. Et cette cathédrale est un hymne en pierre à la gloire de Dieu.

Tout aussi magnifiques les autels créés à Ortisei (dans le Sud-Tyrol italien), les peintures sur l’Eucharistie réalisées à Rome, l’orgue allemand, qui est la seule orgue qui existe dans un territoire de quelques millions de kilomètres carrés.

Le cardinal Sodano, qui avait aussi posé la première pierre de l’édifice en 2005, a exprimé le souhait que dans cette nation de 17,3 millions d’habitants, où les catholiques ne représentent que 1 %, cette nouvelle église puisse devenir un « phare pour tout le Pays mais aussi pour l’Europe et pour l’Asie ». « Que cette cathédrale – a conclu le Cardinal – puisse devenir un centre de vie spirituelle pour toute votre noble nation. Que votre cathédrale soit le symbole d’un peuple croyant qui favorise le progrès spirituel de votre Pays. Ceci est aussi le vœux du Pape Benoît XVI qui m’a envoyé ici ».