Correspondance européenne | 259, États Unis

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États-Unis: Obama 2, le sécularisme avance en Amérique et dans le monde

Quel est l’avenir des Etats-Unis après la réélection de Barak Obama ? Le charisme du Président américain s’est certainement terni après quatre ans pendant lesquels ont été tenues bien peu des promesses faites en 2008. Ce qui reste cependant et qui a caractérisé son premier mandat, est un programme de gouvernement ouvertement séculariste.

L’action politique d’Obama s’oppose frontalement aux principes de l’ordre naturel et chrétien et risque de se proposer comme un modèle pour le monde entier, comme cela a déjà été le cas pour le Président du gouvernement espagnol Zapatero. Le Pr. Patrick O’Malley a résumé de manière efficace les raisons qui l’ont poussé, comme la majeure partie des catholiques américains, à voter contre Obama. Le Président américain considère l’avortement comme un droit absolu à tout moment de la grossesse et il est favorable à la liberté totale de la femme d’avorter chirurgicalement et chimiquement (en ayant recours à la RU486 et à tous les autres abortifs chimiques).

Il est également favorable à ce qu’il est convenu d’appeler le Partial Birth Abortion – dans le cadre duquel l’enfant qui doit être avorté est contraint à quitter le sein maternel et, à l’apparition de la tête, cette dernière est défoncée et l’enfant tué. Obama et les démocrates sont également en faveur d’une libéralisation massive de l’euthanasie. Mais surtout, ils veulent contraindre les universités, les écoles, les hôpitaux, les associations sans but lucratif, les cliniques et autres entreprises sociales catholiques – ainsi que les entreprises privées gérées par des catholiques pratiquants – à assurer à leurs salariés une couverture sanitaire valable pour des anticonceptionnels, des abortifs, des méthodes de stérilisation et le recours au suicide assisté etc.

L’amende pour ceux qui décident de ne pas appliquer cette imposition de l’Etat est de plusieurs centaines de dollars par jour et par salarié. Cela signifie la banqueroute et/ou la renonciation de l’Eglise à son activité d’assistance. Face à cette très grave situation, l’Eglise américaine a, pour la première fois dans son histoire, réagi contre un président américain, promouvant plus de 45 causes devant les tribunaux pour violation du deuxième amendement de la Constitution qui prévoit la liberté de credo et de religion.

En ce qui concerne la Cour Suprême, Obama a déjà nommé deux juges radicalement libéraux au cours de son premier mandat et a promis d’en nommer d’autres de la même tendance au cours du second. La société américaine sera profondément influencée, au cours des 20 ou 30 prochaines années, par la composition laïciste de la Cour qui interviendra juridiquement sur les questions morales les plus importantes, à commencer par le droit à la vie.

Obama est enfin un partisan convaincu du “mariage” homosexuel, qu’il veut légaliser dans tous les États par le biais d’une loi fédérale ou d’une décision de la Cour Suprême, valide dans tout le pays. Le délit d’homophobie menace tous ceux qui voudront défendre l’ordre naturel, par exemple en s’opposant publiquement à l’endoctrinement “pro-homosexuel” qui est imparti dans les écoles et dans les institutions publiques. Dans ce cas également, ce qui est en jeu est la liberté des chrétiens et des défenseurs de l’ordre naturel.

En ce qui concerne les thèmes cruciaux d’ordre moral, l’Amérique est coupée en deux et ceux qui craignent une guerre civile ne manquent pas. En parlant, voici quelques temps, à un groupe de prêtres, Son Éminence le Cardinal Francis George, Archevêque de Chicago, a affirmé qu’il prévoyait de mourir dans son lit, mais que son successeur mourrait en prison alors que le successeur de celui-ci finira ses jours martyr sur la place publique. Il ajouta ensuite, à propos de l’évêque qui suivrait le martyre : « Son successeur recueillera les débris d’une société en ruine et, lentement, il aidera à reconstruire une civilisation, comme l’Eglise l’a fait de si nombreuses fois au cours de l’histoire humaine ». Ce sont des paroles qui doivent nous redonner courage. Jésus Christ règne sur l’histoire et lorsque la défaite de l’Eglise semble inévitable, s’approche, irréversible, l’heure de la victoire.

Sur le plan de la politique internationale, est-il possible d’avancer des prévisions pour le second mandat présidentiel d’Obama ? Pour un catholique ayant un esprit surnaturel, aucune prévision ne peut faire abstraction de la prophétie de Fatima. Moins de cinq années nous séparent du premier centenaire de l’apparition de Notre-Dame aux trois pastoureaux de la Cova da Iria, de mai à octobre 1917. Benoît XVI lui-même a déclaré que la prophétie de Fatima n’est pas encore pleinement réalisée. Elle conserve donc une actualité dramatique en ce qui concerne l’avenir de l’Eglise, des nations et de chacune de nos âmes. Dans cette prophétie, Notre-Dame donna une clef de lecture de la politique internationale du siècle à venir, affirmant que si l’humanité ne s’était pas convertie, la Russie aurait répandu dans le monde entier ses erreurs.

La menace pour l’humanité ne venait pas des États-Unis d’Amérique mais de la Russie et il s’agissait d’une menace à caractère idéologique plus que politique et militaire. La Russie était le point de départ, le monde le point d’arrivée, d’une dissémination de fausses doctrines, non pas limitées à des points secondaires à caractère politique ou économique mais relatives à une idéologie intrinsèquement perverse.

L’erreur de la Russie, au XXe siècle, a été le communisme et le c.ommunisme est une conception de l’homme et de l’histoire fondée sur le matérialisme évolutionniste. Après la chute du mur de Berlin, évolutionnisme et matérialisme représentent les deux dogmes vécus, bien avant que d’être proclamés, par l’Occident mais ils constituent également les fondements idéologiques d’un régime politique contemporain qui continue à s’inspirer à Marx, à Lénine et à Mao Tse Dong : la Chine communiste du Président Hu Jintao. En Chine, depuis 1949, année de la prise du pouvoir par les communistes de Mao Tse Dong, la liberté a été réprimée dans le sang. La population souffre la faim et vit dans un état de semi esclavage et les portes des Laogais, les camps de concentration où l’on meurt suite aux privations, s’ouvrent devant les opposants.

La Chine communiste est le premier pays au monde en termes de nombre de condamnations à mort (90 % des condamnations à la peine capitale du monde), d’avortements d’État et de suppression de nouveaux-nés, mais elle détient également le primat en ce qui concerne le commerce d’organes destinés aux greffes, l’exploitation du travail des mineurs et la persécution des religions. Le génocide de masse en Chine a le visage de l’avortement sélectif. En 1978, Deng Xiao Ping impose la politique du fils unique par une loi qui ordonnait aux chinoises de n’avoir pas plus d’un enfant. Cette loi est encore en vigueur, avec des conséquences tellement catastrophiques qu’elles suscitent, ces jours-ci, à l’intérieur même de la nomenklatura chinoise, les premières réactions. Aujourd’hui en Chine, il existe un lourd déséquilibre entre les sexes, dû à la suppression systématique des fillettes de la part des parents. Les Chinois en effet, contraints à n’avoir qu’un enfant, pratiquent l’avortement non seulement sur les enfants qui suivent le premier mais également sur le premier s’il s’agit d’une petite fille. En 2005, on estimait à 1,1 millions le nombre des hommes surnuméraires dans l’ensemble du pays alors que le nombre des hommes de moins de 20 ans avait dépassé le nombre des femmes de 32 millions environ.

Obama a reçu avec tous les honneurs le Président Hu Jintao à la Maison Blanche. Entre les deux Chefs d’États il existe une affinité de fonds. Aucun des deux ne considère immoral le meurtre de l’innocent : tous deux promeuvent l’avortement dans leurs pays respectifs. Planned Parenthood, la plus puissante organisation abortiste mondiale a financé à hauteur de 1,4 millions de dollars la campagne électorale d’Obama. Ce dernier a pris position en faveur de l’avortement sélectif ainsi que le Parti démocrate américain qui a repoussé une proposition de loi qui aurait interdit l’avortement sur la base du sexe de l’enfant à naître. Aucune barrière morale ne sépare Obama de Hu Jintao, qui était, jusqu’il y a quelques jours, le Secrétaire général du Parti communiste chinois. Le terrorisme abortiste les unit. Et le premier pays au monde à introduire l’avortement dans sa législation fut, en 1920, la Russie communiste. (Roberto de Mattei)