Correspondance européenne | 260, UE

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UE : Tonio Borg, commissaire européen

La nomination de Tonio Borg comme Commissaire européen désigné pour la santé et la protection des consommateurs, récemment approuvée par le Parlement européen a suscité de nombreuses questions chez les eurodéputés de la gauche. On lui reprochait ses vues sur l’avortement, les unions homosexuelles et le divorce qui, sans être particulièrement exceptionnelles pour un catholique, sont jugées inacceptables dans la plupart des milieux politiques. Borg semble avoir eu plus de chance que Buttiglione qui n’avait pas hésité à qualifier l’homosexualité de péché. Même s’il n’a pas renié ses convictions, il a au moins su les recouvrir d’un engagement eurocratique sans faille et la promesse de ne pas déborder de ses attributions. Les députés ont été convaincus non seulement par sa compétence professionnelle, mais par son excellente performance lors de l’audition parlementaire.

Certains se félicitent que la diversité des points de vue a été confirmée par ce vote qui démontre que les institutions européennes sont bien des institutions démocratiques. Pourtant la Fédération humaniste européenne, l’organisation homosexuelle ILGA-Europe et la Fédération internationale de Planning familial (IPPF) ont fait campagne contre cette nomination. Le Président de la FHE, Pierre Galand, déclarait : « Comme ministre de la Justice à Malte, il s’est opposé vigoureusement et de façon répétée aux droits sexuels et reproductifs des femmes et il a même fait campagne en 2004 pour inscrire dans la constitution l’interdiction de l’avortement dans son pays. En 2011, il s’est fortement opposé à la légalisation du divorce à Malte. En outre, il a publiquement exprimé son mépris envers la communauté LGTB et s’est opposé à la reconnaissance des droits des couples homosexuels cohabitants au parlement maltais en 2009. Enfin, comme ministre des Affaires intérieures, il a clairement échoué dans la protection des droits des migrants illégaux ».

Bref, si l’on en croit Pierre Galand, Tonio Borg est un personnage parfaitement honorable et on s’étonne même qu’il soit devenu Commissaire européen après avoir démontré un tel dévouement au bien commun et à la moralité publique. L’explication donnée par certains que les convictions de M. Borg n’ont aucune interférence avec les dossiers qu’il aura à traiter dans son poste de Commissaire à la Santé et la Protection des Consommateurs, semble un peu courte car ces sujets interviennent dans un grand  nombre de dossiers aujourd’hui. Buttiglione n’était pas moins compétent que Borg ni moins convaincu par l’Union européenne. Il y a donc quelque chose qui nous échappe dans cette nomination. L’avenir dira peut-être si un bon catholique peut aussi être un bon Commissaire européen, alors que du temps de Buttiglione beaucoup de voix s’étaient élevées pour dire que c’était incompatible. (C. B. C.)