Correspondance européenne | 262, États Unis

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États-Unis : 500 000 personnes en marche pour défendre la vie

Vendredi 25 janvier, au lendemain de la prestation de serment d’Obama, qui, au début de son second mandat, a adressé au pays, selon l’ensemble des commentateurs, le discours le plus radical et le plus révolutionnaire de l’histoire d’Amérique, les mêmes rues qu’il avait parcouru pour se rendre du Capitole à la Maison Blanche se sont remplies de centaines de milliers de militants pro-vie. Jamais comme cette année la participation n’avait été aussi nombreuse, notamment du fait du 40ème anniversaire de l’approbation de la décision bien connue Roe vs Wade qui a légalisé l’avortement aux Etats-Unis et du 40ème anniversaire de la Marche, qui a débuté la même année et ne s’est jamais interrompue depuis lors.

Mais elle aura constitué aussi la marche la plus imposante parce que le peuple américain de la vie a voulu faire entendre sa voix à un Président qui, non seulement a, à plusieurs reprises, fait les éloges de l’avortement, le rendant encore plus facile, mais qui voudrait même empêcher l’objection de conscience, obligeant les structures catholiques à le pratiquer. Un Président qui, récemment encore, a affirmé que son organisation préférée est le Planned Parenthood, très riche association « pour le choix » qui répand contraception et avortement dans le monde entier. La même qui, en Europe, par le biais de l’Union européenne, mène une campagne nourrie afin qu’il n’existe plus de pays comme l’Irlande, la Pologne ou Malte, qui empêchent l’avortement libre.

C’est un peuple jeune, ferme et plein d’enthousiasme, qui a envahi Washington, un peuple qui provient de l’ensemble des Etats-Unis, parfois ayant fait deux jours entiers de voyage en car. Des personnes qui se prennent presque une semaine de vacances pour pouvoir chaque année proclamer leur « oui » à la vie et leur « non » clair à l’avortement. Des membres du Congrès – républicains mais aussi démocrates – des représentants de toutes les confessions – catholiques, orthodoxes, évangéliques, juifs, musulmans… – de jeunes familles avec beaucoup d’enfants, des personnes âgées qui, depuis 40 ans, se retrouvent sur le Mall pour partir ensemble en direction de la Cour Suprême, de laquelle on attend un revirement de la jurisprudence qui, en 40 ans, a supprimé, seulement aux Etats-Unis, 55 millions de vies humaines, soit près d’un sixième de la population actuelle du pays.

Insensible au froid (-5°C) et à la neige qui à un certain moment a commencé à tomber fortement, la foule, nombreuse, avant de partir, à écouter les témoignages de différents orateurs. Une ovation a accueilli Rick Santorum et sa famille, mais beaucoup d’émotion a été suscité par le récit de l’une des très nombreuses mères présentes qui avait pratiqué un avortement par le passé. « I regret my abortion » (je regrette mon avortement ndt) pouvait-on lire sur leurs pancartes, qu’elles portaient avec douleur mais sans honte. Et à leurs côtés, de nombreuses autres pancartes, banderoles, étendards, de nombreux slogans criés à pleins poumons par des jeunes contre cette sentence de mort, en défense de la vie mais également contre Obama.

Nombreuses étaient les associations présentes : des Chevaliers de Colomb, sponsors de la Marche, à Human Life International, de l’American Life League a Choose Life America, à l’Americans United for Life et aux Priests for Life. En outre, on comptait de nombreuses Paroisses, de nombreuses écoles présentes avec leurs élèves ainsi que de nombreux journaux et télévisions. Et comme chaque année, l’association Tradition, Famille, Propriété américaine clôturait le long cortège avec une fanfare qui accompagnait la statue miraculeuse de Notre-Dame de Fatima.

500.000 personnes ont ainsi défilé devant la Cour Suprême, contre la culture de mort qui règne aux Etats-Unis mais aussi dans le reste du monde. « Nous sommes la génération qui abolira la loi sur l’avortement – a affirmé avec conviction un jeune homme au terme de sa brève intervention. – Ceci est notre devoir. Et avec l’aide de Dieu tout est possible ». (M. F.)