Correspondance européenne | 263, Espagne

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Espagne : 115 avortements illégaux, mais Morin est acquitté

Il est accusé d’au moins 115 avortements illégaux, mais pour l’instant il s’en est sorti, bien qu’il y ait des preuves écrasantes contre lui. Carlos Morin est un gynécologue d’origines péruviennes qui, une fois installé en Catalogne, a construit sa propre fortune à travers le business des avortements. Sans scrupules, sans pudeur, sans règles. Des films enregistrés par des journalistes danois l’ont piégé avec dix autres collaborateurs. Les vidéos prouvent l’élimination systématique et violente des enfants non nés même après la 22ème semaine, limite maximum de pratique de l’avortement prévue par la loi espagnole à l’époque des faits susdits. Tout cela arrivait à cause de faux diagnostics attestant un présumé danger pour la « santé psychologique » des femmes qui se soumettaient à l’interruption de grossesse, la plupart venant de l’étranger pour échapper aux lois nationales. Bref, un massacre.

Ce cas, repris par l’agence d’information en ligne “LifeSiteNews” a été soulevé par l’organisation anti-avortement E-Cristians, qui grâce à ses avocats a rassemblé du matériel prouvant la contrefaçon des signatures des médecins sur différents protocoles cliniques. Mais ce n’est as tout : d’après les témoignages recueillis, les dossiers des tests psychologiques auraient été remplis par le personnel et non par les patients. Des employés, pour éviter le risque de sanctions administratives en cas de découverte de ces irrégularités, ont confirmé avoir agi seulement pour le travail, mais « sans aucune intention d’endommager les femmes ».

Ce qui est déconcertant c’est que le Tribunal a rejeté les preuves et a permis à Carlos Morin de ne pas devoir répondre à la Justice de la violation de la loi sur l’avortement. Les juges, au contraire, sont partis de la thèse opposée, en justifiant et libéralisant de fait toute pratique d’avortement, car, à leur avis, « toute grossesse non désirée implique en soi un risque évident pour la santé psychique de la mère » sans conditions. Dans les cas qui concernent le docteur Morin, à leur avis, on aurait relevé des « irrégularités administratives » et des évaluations cliniques trop « superficielles », car « effectuées avec moins de rigueur que ce qui était souhaitable », mais rien ne prouverait d’éventuels « avortements illégaux ».

Quant à l’accusation la plus lourde, celle d’avoir détruit les corps des enfants avortés dans des triturateurs industriels et d’autres horribles pratiques de la sorte, Morin s’en est sorti en soutenant que ces équipements seraient présents dans la clinique pour l’élimination des carcasses de poulets et de porcs utilisés par les vétérinaires durant leurs stages. La Cour a cru à cette version et a trouvé même normal et évident que dans les cliniques qui pratiquent l’avortement il y ait des équipements « pour l’élimination du matériel biologique restant » et elle a donc jugé « obsessif » l’accusation faite au médecin.

Le président du groupe anti-avortement E-Cristians, qui a été le premier à évoquer le cas, Josep Miro i Ardevol, a déjà exprimé son indignation pour ce jugement et il s’est dit décidé à le contester en appel devant le Tribunal Suprême espagnol et, si nécessaire, devant la Cour de Justice européenne. Pour l’instant, le business des avortements peut malheureusement continuer tranquillement : Carlos Morin, un pauvre médecin immigré à son arrivé en Espagne, vit aujourd’hui dans une somptueuse villa avec piscine – valeur estimée, plus de 4 milliards d’euro – dans la zone vip de Sant Cugat del Vallés et roule en Ferrari. Des luxes payés avec les vies et le sang des enfants avortés. (M. F.)