Correspondance européenne | 264, Canada

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Canada : blâmer les pratiques homosexuelles peut donner lieu à des poursuites pour “haine verbale”

Il avait distribué des brochures de forte opposition aux pratiques homosexuelles, tout en conservant le respect des personnes homosexuelles, mais cela n’a pas suffit à lui éviter une lourde condamnation, émise à l’unanimité par les membres de la Cour Suprême de Justice canadienne. Ainsi  Bill Whatcott se retrouve aujourd’hui à devoir payer les frais judiciaires réclamés par la Commission des Droits de l’Homme qui l’a condamné à plus de 7 500 dollars d’indemnisation à deux homosexuels qui se sont sentis offensés par le contenu de ses écrits distribués entre 2001 et 2002 dans les quartiers de Saskatoon et Regina.

C’est l’agence “LifeSiteNews” qui a annoncé cette nouvelle en précisant que Whatcott  a sur les épaules une importante activité en faveur de la famille traditionnelle fondée sur l’union entre un homme et une femme. « C’est une mauvaise journée », a-t-il commenté après la sentence, également définie « terrible » pour les raisons mis en avant.  Selon la Cour Suprême en effet, même en différenciant dans de tels cas “l’orientation” et le “comportement” sexuel, il ne serait en principe plus possible de distinguer la “péché” du “pécheur”, spécialement dans les cas où cela incite à la haine verbale : Blâmer l’un signifierait automatiquement blâmer l’autre. Comme pour les cas-objets.

Vaines ont été les précisions de Whatcott qui a expliqué, qu’en tant que catholique, il aimait les homosexuels comme des frères mais qu’il en dénonçait pourtant les pratiques de vie : « à ce point-là, l’Eglise Catholique elle-même pourrait être poursuivie », pour la même raison, a-t-il déclaré. Et ce n’est pas tout : quiconque exprime une contestation vis-à-vis des “Gay Pride” ou vis-à-vis de n’importe qu’elle forme d’anarchie sexuelle, risquerait la même condamnation pour haine verbale.

Selon de nombreux observateurs, il s’agirait d’un lourd coup adressé à la liberté de parole, d’opinion et à la liberté religieuse dans le pays. Gwen Landolt, vice-présidente nationale de l’organisation canadienne “REAL women”, considère que cette sentence doit être interprétée comme « un signal d’alarme », une sorte d’avertissement lancé à quiconque souhaite parler publiquement, sur les places, de morale sexuelle catholique, ou simplement annoncer l’Écriture Sainte dans sa totalité, de façon très claire. L’avocat Chris Schafer, directeur exécutif  de la CCF “Canadian Constitution Foundation”, considère au contraire qu’en agissant ainsi on a donné aux différentes commissions pour les droits de l’homme et aux tribunaux le pouvoir de « censurer les convictions et les opinions », en coupant à sa base cette « liberté d’expression qui est pourtant la sève vitale de la démocratie ».

Malgré la sentence, Whatcott a déclaré vouloir continuer à « témoigner publiquement contre l’homosexualité », car il croit que cela est « la volonté de Dieu » et il demande le soutien spirituel dans la prière des personnes de bonne volonté. (M. F.)