Correspondance européenne | 264, Espagne

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Espagne : interdit de critiquer le “mariage homosexuel”

Il est absolument interdit en Espagne de critiquer le « mariage » entre personnes du même sexe. Quelques mois après la décision du Tribunal constitutionnel de valider définitivement la loi de 2005 sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, qui ose se déclarer ouvertement contre ce genre d’unions, finit immédiatement sous le feu des médias, submergé par une série de critiques et accusé d’obscurantisme.

Le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, qui avait déjà déclaré que « le mariage est un terme définissant uniquement une union entre un homme et une femme » (“Les Échos”, 9 novembre 2012), a réaffirmé ce concept lors d’un colloque organisé par l’Ambassade d’Espagne auprès du Saint-Siège: « si nous nous opposons au mariage entre personnes du même sexe nous n’utilisons pas des arguments confessionnels mais des arguments rationnels ». Et il a ajouté que les soi-disant “mariages gay”  « ne peuvent pas recevoir la même protection du mariage naturel de la part des pouvoirs publiques. La survie de l’espèce, par exemple, ne serait plus garantie » (“Avvenire”, 5 mars 2013).  Ceci a été suffisant pour déclencher une campagne des organisations homosexuelles du Pays qui en demandent la démission. Pour la Fédération nationale des lesbiennes, gays et transexuels, le Ministre « utilise sa position pour essayer d’imposer des idées réactionnaires ».

En janvier dernier, l’évêque de Cordoba, Mgr Demetrio Fernandez, avait osé critiquer « l’idéologie du genre », une vraie “idéologie” révolutionnaire que l’on est en train d’imposer dans tous les pays, ce qui lui a valu une attaque de la porte-parole de la région Andalousie qui a suggéré de « mettre une muselière au monseigneur ». Ce qui est en cause, là aussi, c’est la liberté de pensée et d’expression et il est de plus en plus difficile pour les catholiques de pouvoir défendre leurs valeurs et leurs croyances de façon publique.