Correspondance européenne | 265, France

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France : le 24 mars et après ?

Alors que se multiplient les témoignages, écrits et en images, sur les violences faites aux manifestants le 24 mars dernier par les forces de l’ordre, alors que la blogosphère, non pas « réac », mais simplement la blogosphère de la résistance et du sursaut de l’âme française s’enflamme et ne faiblit pas, François Hollande, le président honteux de la République intervenait le 28 mars dernier sur la chaine publique française. Interrogé par un David Pujadas lisse et servile, il s’est présenté tel qu’il est : un petit fonctionnaire pas très malin doublé d’un menteur patenté.

Alors que, trois jours auparavant, plus d’un million et demie de personnes, hommes, femmes, enfants (et même bébés), vieux et jeunes, sont descendues dans la rue pour crier leur rejet d’une loi qui offense les fondements mêmes de l’humanité (et du bon sens), à savoir qu’un homme et une femme sont nécessaires pour fonder une famille, et qui révolutionne les bases traditionnelles du droit civil,  – une loi est faite pour le plus grand nombre, en vue du bien commun et non pour satisfaire des intérêts ultra-minoritaires – ; alors que les forces de l’ordre dirigées par un Manuel Valls qui n’avait rien trouvé de mieux, en ce dimanche de révolte populaire, que d’aller au concert, chargeaient les manifestants à coups de matraque et de gaz lacrymogène ; alors même que la France s’embrase, le « président de la France » tel qu’il s’est lui-même présenté, n’a pas accordé plus de deux minutes à la question du mariage pour tous.

Méprisant la manifestation du 24 mars, il s’est contenté de rappeler que le “mariage” entre personnes de même sexe faisait partie de son programme présidentiel, et qu’il restait hostile à la GPA. Mensonge d’état puisque le “mariage” gay ouvre le droit à l’adoption et à la filiation, et que Bruxelles veillera à faire appliquer toutes les conséquences du droit nouvellement établi. Cette violence totalement disproportionnée (dont on peut évoquer trois exemples : Christine Boutin, gazée et évanouie, un landau, heureusement vide, gazé à bout portant par un CRS, un adolescent de quatorze ans gazé à deux reprises, sous assistance respiratoire), et à laquelle fait écho une autre violence, celle d’une désinformation d’état (la piteuse Préfecture de police n’ayant pas craint de falsifier les chiffres et les images aériennes de la manifestation), trouve son explication dans la peur qu’éprouve un Président au plus bas dans les sondages face à une contestation populaire dont il pensait détenir le monopole, et qui prend un tour résolument politique.

Il aura fallu six mois à cette France bien élevée, qui se lève tôt et qui paie ses impôts, qui ne descend jamais dans la rue, pour réaliser que cette révolution sociétale est d’abord politique. Peut-être le fait que sont montés à la tribune pour discourir sans fin les ténors de l’UMP qui quinze jours auparavant, se sont avisés que cette contestation pouvait servir leurs intérêts, a réveillé les consciences : Mariton oui, Raffarin…décidément non! On ne peut pas tenir le discours d’une manifestation a-confessionnelle et apolitique et faire venir sur le podium un large éventail de représentants de confessions et de partis politiques, UMP en tête… à l’exclusion bien sûr d’associations catholiques, ou même de Grégor Puppinck, directeur de l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) dont l’intervention, annulée au dernier moment, a été retranscrite, notamment sur le site de l’Homme Nouveau : « Avec un million de personnes dans la rue, tout est possible – dit-il. – Les français en ont aussi assez du chômage, du déficit public, de l’illettrisme et des taux d’impositions confiscatoires que cette même idéologie engendre. Alors si en plus, le gouvernement veut toucher aux enfants, en faire une marchandise, un droit, et les endoctriner, ça ne passe pas. La famille, déjà très fragilisée, est l’ultime ressource de notre société ; avec l’échec de l’école, la crise culturelle et économique, la société ne tient plus que grâce à la famille, et pourtant elle est méprisée ».

Une autre manifestation est prévue le 26 mai à Paris. Espérons que les organisateurs de la “Manif pour Tous”, au lieu de pratiquer l’exclusion comme ce fut le cas pour Béatrice Bourges, Présidente du Collectif pour l’enfance, exclue du comité d’organisation dès le 24 mars au soir pour être allée soutenir les ultimes manifestants dégagés des Champs-Elysées, les organisateurs de la MPT accepteront de devoir réellement faire peur au gouvernement, même au prix d’une radicalisation quasi inéluctable. (Marie d’Armagnac)