Correspondance européenne | 266, Bangladesh

Imprimer cette page

Bangladesh : tensions croissantes entre le gouvernement et les mouvements islamistes

La tension est élevée au Bangladesh entre les mouvements islamistes et le gouvernement. Le groupe Hefazat-e-Islam (HeI) – qui, dès le début avril avait promu une grande manifestation de rue – a lancé un ultimatum au gouvernement, le sommant d’approuver ce qu’il est convenu d’appeler le « document portant 13 requêtes » –  une sorte de nouvelle loi contre le blasphème – d’ici le 30 avril. Dans le cas contraire, le groupe organisera le 5 mai une nouvelle manifestation dans la capitale, manifestation qui a été qualifiée de « siège de Dacca ».

La proposition de loi en 13 requêtes propose notamment la peine de mort pour quiconque se rend coupable de blasphème envers la religion islamique, empêcherait les femmes de travailler avec les hommes, interdirait toutes les activités culturelles diffamant l’islam et rendrait obligatoire l’éducation islamique.

Selon des sources de Fides, « il s’agit de la plus grande épreuve de force jamais tentée par les islamistes», sachant que le mouvement HeI organise actuellement des rencontres de sensibilisation dans différentes zones du pays afin de pousser le gouvernement à satisfaire ses requêtes.

Est en cours, selon des sources de Fides, une délégitimation de l’exécutif, qualifié «d’ennemi des musulmans » qui « n’a aucun droit pour demeurer au pouvoir » et se trouve accusé de « fournir un refuge aux forces anti-islamiques ». « Il devra affronter de terribles conséquences s’il continue à le faire » déclarent ouvertement les activistes. Le mouvement Hefajat-e-Islam entend « sauver l’islam et l’humanité » et a lancé également une campagne contre les auteurs de blogues considérés comme « athées et blasphémateurs ».

Le défi lancé aux institutions préoccupe les minorités religieuses, telles que chrétiens et bouddhistes, qui, ces mois derniers, ont subi des actes d’intimidation. (“Agence Fides”, 26 avril 2013)