Correspondance européenne | 266, Eglise catholique

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Eglise catholique : sainte Catherine de Sienne et saint Pie V

L’Ordre des Dominicains a donné à l’Eglise des personnages surprenants par leur foi, leur courage et leur autorité ; parmi eux sainte Catherine de Sienne (25 mars 1347 – 29 avril 1380) et saint Pie V (27 janvier 1504 – 1er mai 1972), dont on célèbre la fête liturgique les 29 et 30 avril (29 avril et 5 mai selon le calendrier traditionnel).

La divine providence se choisit de fidèles serviteurs de Dieu pour réformer l’Eglise, comparable à un merveilleux jardin qui doit être continuellement entretenu et suivi. Voilà pourquoi, sur la terre, arrivent des jardiniers capables et formés à l’école de la sainte Trinité.

Sainte Catherine comme saint Pie V appartiennent à la famille dominicaine, un Ordre qui est né pour répondre à l’hérésie cathare. Les « parfaits » cathares menaient une vie pauvre, austère, chaste, et pour ce motif recueillaient des adhésions en nombre. Une des raisons principales de leur succès parmi les classes les plus humbles, fut la propagande du paupérisme. C’est pourquoi saint Dominique de Guzmán décida d’organiser des communautés de prédicateurs vivant dans la pauvreté : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes » (Mt 10, 16).

Les dominicains se sont répandus dans toute l’Europe, et en particulier à Bologne (Italie) et à Paris (France) où se trouvaient les premières universités qui se développèrent grâce à l’apport de l’Ordre de saint Dominique.

La spiritualité dominicaine se fonde sur le Christ Rédempteur, cause méritoire du salut des hommes, et sur la dévotion mariale : Alain de La Roche et Jacques Sprenger furent les principaux artisans de la propagation du rosaire ; le père Marie Jean-Joseph Lataste œuvra pour faire insérer le nom de saint Joseph au canon de la messe. Les dominicains encouragèrent le pape Pie IX à proclamer saint Joseph patron de l’Eglise universelle. Ils eurent également un rôle important dans la diffusion de la dévotion aux âmes du purgatoire.

Les œuvres de sainte Catherine et saint Pie V furent déterminantes pour le salut et la paix de l’Eglise. Catherine avait six ans quand Jésus lui apparut dans toute sa majesté, comme Souverain Pontife, avec trois couronnes sur la tête et un manteau rouge, et à ses côtés saint Pierre, saint Jean et saint Paul. Elle se mit au service de l’Eglise et, en particulier, du clergé et du pape.

Elle a souffert d’une manière indicible pour la restauration de la société aux prises avec l’immoralité et les discordes : « La France est en proie à la guerre civile ; l’Italie est livrée à des bandes d’aventuriers et déchirée par les luttes intestines ; le royaume de Naples est emporté par l’inconstance et la vie débauchée de la reine Jeanne ; Jérusalem est aux mains des infidèles et les Turcs avancent en Anatolie pendant que les chrétiens se font la guerre » (F. Cardini, I santi nella storia, San Paolo, Cinisello Balsamo 2006, vol. IV, p. 120). La faim, la maladie, la peste, la guerre, la corruption, les vexations, les injustices… et le pape refugié à Avignon : les lettres que la mystique stigmatisée ose lui écrire, au nom de Dieu, sont pleines de feu et de chaleurs. L’ardeur de ses prières et la force de ses actions lui obtinrent des réponses positives.

Saint Pie V fut le pape de la Contre-Réforme, avec la bataille de Lépante, le catéchisme romain, le bréviaire et le missel romain. Le 11 avril 1567 il proclame docteur de l’Eglise le dominicain saint Thomas d’Aquin et un an plus tard les saints d’Orient : Athanase, Basile le Grand, Jean Chrysostome, Grégoire de Nazianze. Lors des guerres de religion en France, il apporte son soutien aux catholiques en lutte contre les huguenots ; en Angleterre il appuie Marie Stuart face à Elisabeth Ière, qu’il excommunie en 1570 avec la Bulle Regnans in Excelsis. Sa volonté fut inflexible pour conserver l’intégrité de la foi et défendre l’Eglise contre les erreurs, sachant accepter en retour de durs contrecoups.

Avant de mourir il déclara aux cardinaux : « Je vous recommande l’Eglise que j’ai tant aimée ! Elisez un successeur plein de zèle qui cherche uniquement la gloire de Dieu, et qui n’ait, ici-bas, d’autres intérêts que l’honneur du Siège Apostolique et le bien de la chrétienté ». (Cristina Siccardi)