Correspondance européenne | 266, Ghana

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Ghana : rappel de 100 millions de préservatifs défectueux

En réponse à ceux qui qualifiaient le pape Benoît XVI de criminel, notamment au sein du système médiatique et politique occidental, nous reproduisons la nouvelle suivante publiée dans “Le Blog de Jeanne Smits”.

En Afrique noire, le Ghana fait partie des pays où l’infection par le virus du sida est importante. Et comme partout ou presque, les autorités ont décidé de lutter contre la propagation de la maladie en recommandant le port du préservatif. Trop cher pour la population locale ? Qu’à cela ne tienne : des associations et des centres de santé les distribuent gratuitement. A la fin de 2012, pas moins de 100 millions de préservatifs ont été commandés en Chine, sans doute à moindre coût, pour être ainsi offerts.

Mais la marque Be safe (soyez en sécurité) n’est pas à la hauteur de ses promesses. Plusieurs semaines après le début de la distribution, les autorités sanitaires du pays ont brusquement battu le rappel des objets. La Food and Drug Authority locale venait de procéder à des tests. Trop petits, trop fins, de mauvaise qualité, sujets aux déchirures, ils ont tous les défauts. Et même des trous. « Qui exposent les utilisateurs à des grossesses non désirées et à des maladies sexuellement transmissibles ».

Autrement dit, ils ne servent à rien et, pire, ils créent l’illusion de la « protection », ce qui naturellement incite à plus d’imprudences. L’affaire inquiète beaucoup les responsables de santé au Ghana et au-delà le reste de l’Afrique où les préservatifs “made in China” suscitent depuis longtemps une certaine défiance. Ainsi, en 2011, un tribunal sud-africain avait interdit au gouvernement d’acheter à la Chine 11 millions de préservatifs en raison des doutes sur leur qualité et de leur taille inadaptée.

Outre la survenue de grossesses non désirées et la hausse des infections sexuellement transmissibles (et notamment de la transmission du VIH), les responsables sanitaires ghanéens redoutent que cette crise ne favorise un rejet plus général du préservatif. L’abstinence et la fidélité sont pourtant de loin le meilleur plan !