Correspondance européenne | 268, Famille

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Famille : avec le “mariage” homosexuel arrive également le “poly-amour”

Alors que le débat sur les unions civiles homosexuelles débarque de manière lourde également en Italie, un nouveau front s’ouvre, caractérisés par des contours mal définis. Il concerne ce qu’il est convenu d’appeler le “poly-amour”, un concept totalement opposé au rapport monogame puisqu’il s’agit de la pratique consistant à entretenir plusieurs relations intimes simultanément.

Selon un article paru dans “Newsweek Magazine Online” (juillet 2009), les relations de ce type seraient au nombre de 500 000 aux Etats-Unis. Le site italien (www.poliamore.org) en revanche a été inauguré le 18 avril 2012. Pour le “Dazed Digital“, il s’agit de quelque chose qui est dans l’air du temps, qui n’est pas encore répandu mais se diffusera au cours des cinq prochaines années alors que les personnes « mentalement ouvertes » l’accepteront d’ici dix ans.

Le poly-amour se propose comme une nouvelle monogamie élargie dans laquelle il est possible d’aimer plusieurs personnes à la fois, toutes consentantes, heureuses et (naturellement) mentalement ouvertes.

Les pauvres diables qui continueront à croire que le rapport de couple doit être entendu seulement entre deux personnes, mieux encore si elles sont mariées et seulement entre un homme et une femme seront destinés à faire triste mine dans tous les contextes publics. Selon un canevas déjà employé et très opérationnel, ils seront qualifiés de mentalement fermés, racistes, anti-démocratiques, ignorants et contraires à la liberté.

Dès qu’ils oseront dire quelque chose sur ce type de relations, ils seront immédiatement décrits comme des monstres : « Pourquoi voulez-vous empêcher les personnes de s’aimer ? » Et parler de cela sera encore plus difficile. Déjà, le mot en lui-même assemble un terme grec (poly – plusieurs) et un terme latin, selon une praxis moderne qui propose un nouveau rapport à l’antique. Comme si les grecs et les latins ensemble auraient pu autoriser au plan public une chose de ce genre. Et pourtant, ce sera prochainement le message qui circulera et ne doutons pas que se présenteront des professeurs américains de poids pour démontrer que le poly-amour était typique de l’âge d’or préchrétien. Dommage que soit arrivé le Christianisme pour ruiner toute la société et empêcher que les personnes « aiment librement ».

A titre d’information, il existe déjà des réflexions “scientifiques” accompagnées d’entretiens qui expliquent que les enfants issus de ces relations vivent bien. Ils bénéficient même de plus d’attention de la part de leurs parents parce qu’au lieu d’en avoir seulement deux, ils en ont en quantité.

On en arrive même à économiser parce que, avec de nombreux pères et de nombreuses mères, il n’est pas nécessaire de les envoyer à la crèche. Les désavantages sont, en revanche, typiques du couple traditionnel et sont liés à l’interruption de la relation. Les jeunes interrogés ont beaucoup plus de hobbies et d’intérêts que les pauvres diables qui vivent dans le cadre d’une famille traditionnelle et sont « articulés, flexibles, intelligents et sûrs d’eux dans leurs relations avec leurs parents ». Certes, ils sont conscients de vivre « une situation familiale inhabituelle » mais ils sont « satisfaits » parce que « cela marche bien pour leurs parents ».

Le poly-amour décrit non seulement les relations affectives considérées « comme une alternative à la monogamie en ce qui concerne la fidélité sexuelle, mais également la coutume ou la pratique de relations sexuelles multiples avec l’accord et la connaissance de tous les partenaires impliqués ».

J’emprunte ici la définition de l’Oxford English Dictionary, traduit par nos soins. Ceux qui ne voudront pas être fidèles à une seule personne mais tenter des « alternatives » à la monogamie et faire un peu ce qui leur parait, trouveront dans cette définition une voie ouverte. Jamais il n’est fait référence à une quelconque valeur qui oblige de quelque manière les sujets. Jamais. L’obligation est considérée comme un mal, l’autodétermination est vue comme toujours positive. La liberté de choisir les partenaires comme au supermarché (avec leur accord naturellement) est un bien qui doit être protégé.

Qui plus est, la guerre des chiffres a déjà commencé : 500 000 selon le “Newsweek Magazine Online” rien qu’en Amérique. Un nombre rondelet, tout compte fait, de personnes toutes heureuses, jouissives et consentantes qui ont déjà choisi et qui feront bientôt masse contre la malheureuse famille traditionnelle. Cela va sans dire : les chrétiens ne savent pas choisir. Leurs actions leur sont toutes imposées par une culture religieuse qui les opprime, qui les contraint, depuis leur plus jeune âge, à faire les choix imposés par leurs parents ou par celui qui parle en chaire. Ils ne veulent vraiment pas comprendre ce qu’ils perdent en ne couchant pas avec quiconque.

Combien de temps les polygames emploieront-ils pour demander des droits civils ? Pour dire que l’Etat laïc doit représenter tout un chacun et qu’eux aussi ne demandent qu’à exister etc. On en reviendra aux habituelles confusions entre les droits de la personne et les droits du couple, comme cela est déjà le cas pour l’homosexualité, hurlant au racisme contre quiconque ne sera pas d’accord.

Personne ne se demandera la différence entre l’existence de quelque chose et son institutionnalisation, ce qui équivaudrait à proposer des modèles sociaux alternatifs aux générations futures. Ce qui sera recherché est simplement l’annihilation de toute certitude de base, allant de la famille à la religion, de la sexualité au travail, des valeurs à l’éducation, comme cela est déjà le cas dans presque tous les milieux. Et cela toujours à l’exemple du slogan sartrien « Le déterminisme n’existe pas. L’homme est libre. L’homme est liberté ».

Mais peut-être y a-t-il un aspect positif dans toute cette confusion. La famille traditionnelle sait désormais que sont en jeu des termes tels que choix et liberté et elle sait également que si elle veut continuer à exister et à proposer un modèle fonctionnant pour la société, elle doit présenter le côté constructif de la famille et non pas seulement celui passif et critique envers les formes alternatives. Critiquer pourrait ne servir à rien. La famille traditionnelle, toujours égale à elle-même devra, au cours des prochaine années, démontrer que ce n’est pas l’habitude qui l’a conservée au cours des siècles mais le choix. Ce qui veut dire prendre conscience par rapport à ceux qui veulent utiliser l’artillerie lourde. En un mot, « nessun dorma »…. (Davide Greco)