Correspondance européenne | 273, France

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France : Peillon, de la haine de la France Historique à la laïcité, religion d’Etat

La loi de refondation pour l’Ecole du ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon « érigée en priorité par la Nation » et adoptée le 8 juillet 2013 au Parlement est entrée en vigueur dès cette rentrée 2013.

Loin de « dégraisser le mamouth », Vincent Peillon soigne ses électeurs et promet l’embauche de 60 000 professionnels de l’Education sur 5 ans. La crise, ce n’est pas pour tout le monde. Et c’est peu dire qu’il met le feu aux poudres en instaurant diverses mesures propres à formater les consciences de la jeunesse française, sur laquelle il faut s’appuyer pour « changer les mentalités » . Pour cette année 2013 il conviendra de donner priorité à l’école maternelle et primaire, « une école juste pour tous et exigeante pour chacun ».

Qu’est-ce qui se cache derrière cette langue de bois ? Tous les sites et réseaux sociaux qui se sont formidablement développés l’an dernier, portés par cet élan de la France historique et profonde opposée au mariage des invertis en ont donné, jusqu’à plus soif, de multiples exemples, constituant une source précieuse et parallèle de réinformation. Il convient ici d’en dégager quelques grands traits afin d’en permettre l’analyse.

L’affaire des rythmes scolaires modifiés, à part le formidable bazar que cela déclenche au sein des collectivités territoriales et des communes françaises (pour lesquelles néanmoins « un fonds d’amorçage » a été créé) ne semblerait qu’un pétard mouillé si l’on n’en considère que l’aspect pratique de mise en oeuvre. Mais on peut lire dans le document de présentation de la Loi que « avec les Projets éducatifs territoriaux, la loi met la concertation locale au cœur de la question éducative : c’est dans ce cadre que pourront être élaborés des projets prenant en compte la globalité des temps de l’enfant (scolaire, périscolaire, extra-scolaire) notamment dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires au primaire ».

Sachant que l’entrée en maternelle est également envisagée avant trois ans (ce qui fait bondir nombre de pédiatres et de pédo-psychiatres), on comprend l’insidieuse mais très réelle main-mise de l’Etat sur l’enfant, dès la petite enfance et du lever au coucher, afin de l’arracher à tous « ses déterminismes sociaux » : comprenez la famille. Celle-ci n’est plus alors le cadre naturel et prioritaire de l’éducation de ses propres enfants, mais elle est réduite, de façon matérialiste et idéologique à un rôle purement utilitaire. Et cela continue, par tous les moyens : en créant le « Service public du numérique éducatif » pour « apporter aux élèves une véritable éducation aux médias, clé de la citoyenneté à venir », l’Ecole contribue, encore plus qu’elle ne l’avait fait, au piratage des consciences.

L’un des axes de cette loi de refondation est, nous dit-on, de créer une « Ecole qui promeut l’égalité entre les filles et les garçons », l’année 2013-2014 déclarée « année de mobilisation pour l’égalité à l’Ecole ».

On peut craindre le pire, et on a raison. Alors que Vincent Peillon et Najat Vallaud Belkacem répètent à l’envi, toujours plus méprisants, que la théorie du gender n’existe pas, laissant entendre que ce n’est qu’une enième théorie d’un complot imaginé par les réactionnaires de tout poil, ceux-là même qui ont manifesté toute l’année dernière, celle-ci est réellement expérimentée sur nos enfants et mise en place par le gouvernement.

Sous prétexte de « s’attaquer aux inégalités dès le plus jeune âge, et notamment aux inégalités entre les filles et les garçons » il faut que « les enseignements eux-mêmes sortent des attitudes implicites (…) et pratiques constatées en classe, la manière d’interroger, de donner la parole, de noter, de sanctionner, d’orienter » car cela révèle « des représentations encore profondément ancrées, sur les compétences supposées des uns et des autres ».

Ainsi est lançée l’expérimentation  ABCD de l’Egalité «en direction des plus jeunes élèves et de leurs enseignants » pour « repérer et analyser des situations scolaires productrices d’inégalités entre les filles et les garçons et en tenir compte dans les pratiques pédagogiques », en expliquant notamment comment les stéréotypes se construisent chez les enfants. Cette « expérimentation » sera menée cette année dans 275 écoles, élémentaires et maternelles, soit 700 classes réparties dans dix académies.

A l’âge tendre où les enfants, selon leur orientation naturelle et immémoriale se passionnent pour les voitures et les chevaliers ou les princesses et les contes de fées, « il convient, pour sortir des stérétypes sexistes de l’école, d’apporter aux élèves une information et une éducation émancipatrice ». Si seulement on en restait au stade du jargon absurde qui a toujours été l’apanage des théories pédagogiques fumeuses autant qu’un cache-sexe de leur indigence intellectuelle… Mais non ! Connaissez-vous les albums destinés à la jeunesse (Grande section des maternelle, CP et CE1), Papa porte une robe, Editions Seuil, jeunesse 2004 ? Tango a deux Papas, Editions le baron Perché 2010 ? Pour le premier, on suscitera une discussion en classe (dès l’âge de 4-5 ans) avec l’objectif de « contribuer à déconstruire les stéréotypes », pour le second il s’agira, pour les enfants de 6 à 10 ans, du CP au CM2, d’entendre qu’il existe des familles homoparentales, d’entendre et d’utiliser les mots homosexuels, homosexualité, gay.

Je ne vous parle pas de  Dis…mamanS, Editions Gaies et Lesbiennes, 2003, ou Jean a deux mamans, L’école des loisirs, 2004. On appellerait volontiers les gens à boycotter ces maisons d’éditions, comme d’autres le font avec les pâtes Barilla…Plus sérieusement, en sus d’un évident déni de réalité, cette violence faite aux enfants, inquantifiable, s’apparente à un viol des consciences digne des meilleures sociétés totalitaires.

Tandis que l’agrément retiré aux associations LGBT afin d’intervenir dans les écoles et lycées leur a été subrepticement redonné l’an dernier par le gouvernement (interventions payantes), les médias viennent en grand renfort pour appuyer ces initiatives.

Le 17 septembre dernier, “Libération” publiait un reportage  Dans une école primaire à Paris, une classe chasse les clichés sur le genre. A l’heure de la lecture commentée d’un album, Marre du rose, s’engage une discussion entre la maîtresse et ses élèves, « l’album n’est qu’un prétexte pour engager la discussion sur les couleurs, les jeux, les vêtements attribués aux garçons et aux filles ». Cela fait dix ans que la maîtresse « a chaussé les lunettes correctrices du genre », afin, surtout, « de ne pas assigner les enfants dans des rôles traditionnels ou une trajectoire prédéfinie par le sexe ». D’ailleurs, poursuit l’article, ces pratiques appelées à se généraliser ont déjà cours dans d’autres établissements, et le Syndicat SNUIPP, majoritaire dans le primaire, s’est emparé de la question.

Dans les actes d’un rapport remis par ce même syndicat au ministre Peillon, on peut lire sous la plume de Réjane Sénac, chercheure (sic) au CNRS affectée au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignante à Sciences-Po Paris et à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, que « revendiquer l’égalité de tous les individus quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle c’est déconstruire la complémentarité des sexes et donc reconstruire de nouveaux fondements républicains ».

Détruire, reconstruire… La loi de refondation de l’Ecole  porte bien la marque révolutionnaire de Vincent Peillon, héraut de la laïcité. Révolutionnaire au sens propre du terme tant il est vrai que pour l’auteur de La Révolution française n’est pas terminée (Seuil 2008), « il faut inventer une religion républicaine (…) qui doit accompagner la révolution matérielle.

La révolution spirituelle, c’est la laïcité »… « la Révolution française était politique », il faut faire maintenant « la révolution morale et spirituelle », explique-t-il lors d’une interview-promotion réalisée par les Editions du Seuil. C’est peu dire qu’il s’acharne à mettre en œuvre ce grand bouleversement, dès cette rentrée scolaire 2013.

La Charte de la Laïcité du 6 septembre 2013 est à cet égard une forfaiture. Véritable credo républicain, vecteur d’une nouvelle conception de l’Ecole qui n’est plus un lieu d’apprentissage et de transmission des savoirs, mais un acteur incontournable pour « permettre l’exercice de la citoyenneté et l’épanouissement de la personnalité de chacun, dans le respect de l’égalité des droits et des convictions, et dans la conscience commune d’une fraternité partagée autour des principes fondateurs  de notre République » (circulaire du 6 septembre 2013).

République au sujet de laquelle Peillon écrivait dans l’ouvrage déjà cité qu’elle « a besoin de rites. La démocratie c’est une véritable religion, elle a besoin de rites pour être reconnue et acceptée ». Cette Charte de la laïcité rédigée en 15 articles, destinée aux recteurs d’académie, aux inspecteurs et aux directeurs d’établissements publics et privés sous contrat, doit être adressée  à tous les parents d’élèves, et doit être étudiée  « dans le cadre des enseignements, notamment en instruction civique et morale, en éducation civique, juridique et sociale, puis, à partir de la rentrée 2015, dans celui de l’enseignement moral et civique, de l’heure de vie de classe ou encore qu’elle soit mise en valeur dans le cadre d’actions éducatives ».

Peillon insiste également sur la ritualisation de cette nouvelle religion : « il est souhaitable que l’affichage de la Charte de la laïcité à l’Ecole dans les locaux scolaires revêt un caractère solennel et constitue un moment fort dans la vie des écoles et des établissements ».
Pas moyen d’y échapper, donc. Que dit cette Charte : que « la République laïque organise la séparation des religions et de l’Etat…que celui-ci est neutre à l’égard des convictions religieuses » … que « la laïcité garantit la liberté de conscience à tous.

Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public ». Cette idée de liberté d’expression est reprise à l’article 8, mais « dans les limites du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions ».

Et l’étau se resserre : « Article 12. Les enseignements sont laïques… aucun sujet n’est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique. Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme. Article 13. Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l’Ecole de la République ».

Cette charte, hypocrite dans son contenu, contradictoire – « chacun est libre de croire ou de ne pas croire », mais a l’obligation d’adhérer à la nouvelle religion laïque-, incompréhensible pour les élèves à qui elle est destinée ( il suffit d’écouter les micro-trottoirs réalisés dans les lycées lors de l’affichage de la Charte pour en être convaincu), est par les objectifs affichés, de nature totalitaire.

Se parant des attributs généreux de la pacification sociale, elle porte en germes tous les ingrédients de la haine de soi, de son humanité et de ses aspirations à la transcendance. Par ailleurs, pas une seule fois le mot France est écrit ou prononcé, contribuant encore plus à rompre le lien charnel d’un homme avec son pays.

Parachevant l’atomisation du lien social français initiée par une politique d’immigration visant « au grand remplacement », la religion laïque de Vincent Peillon, imposée aux générations futures de la petite enfance au lycée, rendue obligatoire dans les toutes nouvelles Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (les Espé, censées remplacer les IUFM), apporte un changement de civilisation comparable au “marriage” homosexuel, de par son contenu et surtout sa diffusion volontariste et obligatoire.

Dans le même temps, Anne Coffinier, Directrice de la Fondation Pour l’Ecole, vient d’annoncer tranquillement qu’en cette rentrée 2013, il y a, répartis dans la France entière, plus de 600 groupes scolaires « libres et  indépendants » c’est-à-dire qui ne sont pas sous contrat d’association avec l’Etat. Un chiffre en constante progression. On se demande bien pourquoi. (Marie d’Armagnac)