Correspondance européenne | 275, France

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France: les “petits soldats” d’Hollande

Tandis que Jean-Christophe Cambadélis « enrage de cette sidération collective face aux difficultés , de voir la gauche l’arme au pied face aux remises en cause de notre république, (ah, enfin une réaction de bon sens face à la formidable impudence des Leonarda et consorts?) enrage que l’on puise traiter une ministre de +guenon+ sans manifestations politiques, enrage que l’on puisse remettre en cause le droit du sol sans combat (…), enrage de cette confusion où extrême gauche et droite votent ensemble au Sénat et défilent dans les rues de Quimper », Christiane Taubira, à la Une de “Libération”, pleurniche : « Dans notre société, des choses sont en train de se délabrer, Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République. C’est la cohésion sociale qui est mise à bas, l’histoire d’une nation qui est mise en cause », et déplore le peu de manifestations de soutien en sa faveur. En bref, alors que ceux qui nous gouvernent ont visiblement à l’esprit des problèmes d’une extrême urgence, François Hollande... se défile ! On apprend en effet, qu’il ne se rendra pas au congrès des Maires de France, quatre mois avant les élections municipales. Pratiquant comme à son habitude la stratégie de l’homme invisible en période de crise (et c’est peu dire qu’on ne l’a pas beaucoup vu ces derniers mois), alors que la France se couvre de bonnets rouges, verts, et même blancs, que la réforme des rythmes scolaires lancée par Vincent Peillon suscite un tollé quasi général chez les 36 769 maires de France-les élus- et leurs administrés -les électeurs, ces cochons de payeurs-, que l’année 2013 a consacré la baisse des dotations aux collectivités locales, François Hollande joue l’arlésienne en arguant d’un emploi du temps trop chargé.

Il y a tout de même un précédent. Au congrès des Maires de France de 2007, Sarkozy, un brin matamore, affirmait qu’«on ne réforme pas la France contre les élus locaux». En 2008, il leur lançait : «je n’imagine pas qu’un président de la République puisse s’exonérer d’écouter ce qu’ont à lui dire des maires de toutes tendances politiques et de toutes les régions». En 2009, année de la suppression de la taxe professionnelle… il envoie Fillon affronter les maires en colère.

Au congrès de 2012, François Hollande avait évoqué la liberté de conscience des maires à l’occasion du débat sur le mariage homosexuel, avant le rétropédalage que l’on sait. Le très modéré président de l’Association des maires de France, Jacques Pélissard, (UMP) auditionné à l’Assemblée nationale en novembre 2012 avait d’ailleurs demandé à ce sujet d’inclure dans la loi – qu’il respecterait bien sûr si elle était votée –, la notion « d’empêchement moral ».

Cette année Hollande enverra donc ses braves petits soldats – Duflot, Peillon, Delanoe et surtout Jean-Marc Ayrault, – gageons que ce dernier aurait bien aimé, pour une fois, rester sur le banc de touché, faire face à une contestation populaire dont on espère que certains maires se fassent les porte-paroles.

C’est dommage. Cette année, le thème du congrès des maires, c’est : « Les maires au cœur de l’action : protéger, rassembler, construire ». François Hollande aurait peut-être pu y apprendre quelques ficelles du métier…. (Marie d’Armagnac)