Correspondance européenne | 276, Belgique

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Belgique : Parlez-vous le gender ?

À l’invitation d’un petit groupe de parents et d’adultes, soutenus par plusieurs associations, plus de 500 personnes se sont rassemblées le lundi 18 novembre à Bruxelles pour une soirée d’information sur le thème : Parlez-vous le Gender ? Les enjeux pour nos enfants et la société. Les participants ont ainsi pu entendre Marguerite Peeters, auteur notamment de Le Gender, une norme mondiale ?, Maria Hildingsson, Secrétaire générale de la Fédération européenne des Associations familiales catholiques (FAFCE), Jérôme Brunet, Président de l’Appel des Professionnels de l’Enfance, et Elizabeth Montfort, Présidente de Nouveau Féminisme Européen.

La soirée était animée par Jean-Thomas Lesueur, Délégué général de l’Institut Thomas More qui travaille beaucoup ces derniers mois sur les questions plus largement liées à la Famille.

Mme Peeters a dressé un historique de cette idéologie, le faisant remonter au XVIIIème siècle où le déisme en « tuant » Dieu a aussi « tué » le père, cette mort culturelle débouchant bien plus tard sur celles de la mère, du fils et de la fille. Cette disparition de la filiation a remplacé le citoyen-personne par la citoyen-individu, laissé seul face à l’Etat.

Mme Hildingsson, d’origine suédoise, s’est appuyée sur l’exemple de son pays pour montrer que le ‘gender’ a quitté depuis longtemps la sphère théorique pour s’infiltrer dans une société tout entière : dans les écoles via une éducation sexuelle obligatoire fondée sur l’indifférenciation des sexes dès le plus jeune âge ; dans le vocabulaire avec la définition d’un nouveau pronom ‘neutre’, contraction du ‘il’ et du ‘elle’ ; dans le fait de parler de ‘personnes’ enceintes et non de ‘femmes’ enceintes, des femmes ‘devenues’ hommes mais ayant gardé leur utérus se retrouvant en effet enceintes alors qu’hommes pour l’état-civil ; …

Mme Montfort a insisté sur la dimension plus philosophique, l’échec des deux grandes expériences collectivistes ayant débouché sur des sociétés où l’individu pris isolément est devenu sa propre mesure et où domine une conception positiviste de l’humain.

Enfin, pour M. Brunet, si derrières les questions de ‘gender’ se cache une volonté de changement de civilisation – volonté exprimée explicitement par Mme Taubira en France au sujet de la loi sur ‘l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe’ – et une déconstruction de l’hétérosexualité considérée comme une ‘norme historiquement créée, personne ne s’interroge sur les besoins et le bien des enfants concernés, la réponse du député rapporteur de ladite loi ayant par exemple été : « Eh bien, aux enfants, on leur expliquera et tout se passera bien ! ».

A ces interventions d’experts, est venu s’ajouter le témoignage inquiétant même si teinté d’humour, d’un couple dont les enfants ont reçu un enseignement du ‘gender’ dans une école catholique flamande, et qui a fait part des réactions qu’il a dû adopter face aux questions concrètes de ses enfants et face à des enseignants et à une direction d’école à qui un tel programme ne pose aucune difficulté.

Face à toutes ces problématiques et à tous ces enjeux, les orateurs ont souligné qu’apparaissent progressivement, même dans les pays nordiques comme la Norvège, récemment revenue de manière spectaculaire sur sa politique en matière de ‘gender’, des doutes voire des oppositions. Il est donc selon eux nécessaire de continuer à organiser ce genre ( !) de soirées afin de s’informer, de se former et de se mobiliser, avec calme, fermeté et détermination contre cette idéologie. (Jérôme Soibinet)