Correspondance européenne | 278, Syrie

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Toutes les croix doivent disparaître, autrement la mort

«Toutes les croix doivent disparaître. Il est interdit de sonner les cloches. Les femmes ne doivent pas quitter la maison sans se couvrir le visage et les cheveux. Les statues doivent disparaître. En cas de défaut, nous allons appliquer la loi islamique. En bref : qui ne s’adapte pas, soit il s’en va, soit il est mort».

Ceci est le texte du message lu par le cardinal Leonardo Sandri , préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, transmettant les ordres donnés par les chefs jihadistes au père Hanna et au père Dhiya, les deux franciscains retenus prisonniers avec les fidèles de trois villages.

La lettre aux tons dramatiques, a été envoyée par le père Pizzaballa, Gardien de Terre Sainte. Il annonce que désormais le Nord de la Syrie est entre les mains des extrémistes rebelles qui ne tolèrent pas la présence de non-musulmans dans la région.

Les ordres sont adressés particulièrement aux habitants des villages chrétiens de Knayem, Yacoubieh et Jdeideh, près du fleuve Oronte. Ce sont des endroits où le christianisme a existé depuis les tous premiers siècles. Et c’est ici que deux mille chrétiens de Syrie ont été encerclés et faits prisonniers, et sont susceptibles d’être tués s’ils ne respectent pas les préceptes de l’Islam.

Le journaliste Gian Micalessin écrit : «Le téléphone du père Hanna est silencieux depuis plusieurs jours. On a plus de nouvelles des douze religieuses de Malula enlevées par les soldats. Une chape de silence enveloppe les villages chrétiens de l’Oronte. Mais derrière ce silence deux mille vies sont en danger. Si elles seront emportées le christianisme et l’Occident vont perdre leurs racines. Dans l’indifférence d’une Europe pusillanime et lointaine» (“Il Giornale”, 19 décembre 2013).