Correspondance européenne | 279, France

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France: en Marche pour la Vie

A Paris, le ton monte ! Ce 19 janvier, ils sont près de 40 000 de tous âges –  avec malgré tout une forte majorité de jeunes – à battre le pavé pour proclamer les droits de la Vie.

Parisiens ? Oui, mais pas seulement ! Si de Paris ils sont nombreux à être sortis dans la rue, beaucoup sont venus aussi de toutes les régions de France et même de l’étranger. Cette marche a lieu tous les ans, mais en 2014, elle revêt un aspect nouveau : « Ce qui frappe, remarque Constance, trentenaire, c’est l’étendue nationale et internationale des manifestations : d’habitude mes parents et amis de province ne venaient pas forcément à Paris. Aujourd’hui, ils sont tous là. On voit se lever une France engagée ! ».

Engagés, pour la plupart catholiques convaincus, ils sont venus, plus que jamais déterminés à faire entendre leur voix !   Thibaud, 36 ans, est monté à la capitale avec sa femme et ses 4 enfants, le dernier de quelques mois dans un porte-bébé : « Nous venons à toutes les manifestations. Le gouvernement a l’air insatiable, il ne nous entend pas : nous continuerons ! ». « C’est important de manifester : nous sommes inquiets pour nos enfants » confie quant à elle une jeune grand-mère de 58 ans.

Cécile Edel,  porte-parole de la marche pour la Vie, se dit convaincue que « la manifestation reste un des moyens privilégiés pour contribuer à lever le tabou qui entoure l’acte [de l’avortement], à réveiller les consciences et porter témoignage sur la valeur de toute vie humaine ».

Avec courage, elle rappelle le droit et le devoir de défendre la Vie particulièrement par l’assistance aux mères en difficulté. « Je pense qu’il y a aujourd’hui une prise de conscience massive. C’est un miracle de voir que beaucoup de jeunes sont venus aujourd’hui, remarque le curé d’une paroisse parisienne, car comment résister aujourd’hui au matraquage médiatique ? » Mais jusqu’à quand cette voix pourra-t-elle encore s’exprimer ? « Les actions gouvernementales cernent de tous côtés les familles et les enfants. Il faut défendre la vie, de son commencement à son terme » explique un manifestant, faisant allusion également aux lois sur l’euthanasie.

Alors que la France se place en tête des pays européens pour le nombre d’avortements : 220 000 avortements en France par an, 9 millions depuis 40 ans, la manifestation intervient pour protester contre deux amendements PS prévus en débat à l’Assemblée : le premier amendement supprime de la loi Veil la notion de «détresse» de la femme enceinte qui veut avoir recours à l’IVG.  Ainsi une femme peut demander une IVG si elle «ne veut pas poursuivre une grossesse» et non plus parce que «son état (la) place dans une situation de détresse».

Le deuxième amendement veut étendre le délit d’entrave au droit à l’avortement: «empêcher ou tenter d’empêcher une interruption de grossesse», « perturber de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements » effectuant des IVG, « exercer des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation » sur le personnel médical, les femmes enceintes ou leurs proches, ou « tenter d’empêcher de “s’informer” sur l’IVG » serait passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Une jeune femme s’avance au milieu de la foule. Devant elle une poussette vide avec une pancarte portant ces mots « l’IVG m’a tuée ». Son acte est héroïque. Elle confie sa souffrance psychologique : elle ne peut plus voir un bébé sans pleurer. Et ses paroles rejoignent celles de tant de femmes qui s’expriment sur Internet. (Marie Perrin)