Correspondance européenne | 279, France

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France: nouvelle offensive féministe

L’Assemblée nationale a examiné au cours du mois de Janvier le projet de loi présenté par le gouvernement sur la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes. La discussion a été l’occasion d’étoffer le lexique de la « novlangue » en cours d’élaboration de tout un florilège de trouvailles féministes inspirées de l’idéologie du genre. Disparaîtront ainsi du vocabulaire officiel les écoles « maternelles », de même qu’il ne sera plus question dans le code « du bon père de famille », survivance du code Napoléon.

A cette occasion, le ministre des droits de la femme, Mme Najat Vallaud-Belkacem, en réaction contre la réforme de l’avortement engagée en Espagne, a tenu à réaffirmer symboliquement l’attachement du gouvernement à cette pratique légalisée par la loi de 1975. Elle a ainsi proposé que disparaisse dans la législation la référence à la situation de détresse des femmes. Cette modification a pour effet de banaliser ce que l’on appelle couramment « interruption volontaire de grossesse » et qui devrait en réalité être nommé « infanticide prénatal ».

Cette modification, soutenue par toute la gauche et une partie de l’UMP, n’a été combattue que par une poignée de députés de droite, notamment Philippe Gosselin (UMP, Manche), Jean-Frédéric Poisson (PCD, Yvelines), Guillaume Chevrollier (UMP, Mayenne) et  Yannick Moreau (UMP, Vendée). Cependant, seul Jacques Bompard (Indépendant, Vaucluse) a su rappeler avec fermeté et clarté la nocivité de l’avortement. Les autres intervenants, adoptant profil bas, se sont tous contentés de combattre la proposition du gouvernement au nom du respect de la loi Veil présentée par eux comme « une loi d’équilibre ».

Erreur tactique manifeste. Ces députés, malgré quelques bonnes remarques, qui n’osent pas mener le combat des idées. Ils campent sur une position indéfendable au lieu de faire entendre sereinement et fermement la voix de la culture de vie au Parlement. Leur attitude est comparable à celle des députés qui ont présenté en 2005 la loi Léonetti sur la fin de vie comme une loi équilibrée alors que cette loi ouvrait insidieusement la voie à l’euthanasie en assimilant l’alimentation du patient à des soins thérapeutiques. La faiblesse ainsi manifestée est une nouvelle illustration de la crise politique et morale sans précédent que traverse la France.

Au moment même où le gouvernement s’apprêtait à mener cette nouvelle offensive contre le droit naturel, la traditionnelle Marche pour la Vie, tenue à Paris le dimanche 19 janvier, avait réuni un nombre exceptionnellement élevé de manifestants. Les 45 ou 50 000 manifestants présents, trois fois plus nombreux que lors des marches précédentes, avaient reçu les encouragements de plusieurs évêques, notamment Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Mgr Rey, évêque de Fréjus, Mgr de Kérimel, évêque de Grenoble et Mgr Delmas, évêque d’Angers. (Philippe Pichot)