Correspondance européenne | 294, Culture

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Culture : conférence sur le Synode de Jeanne Smits à Bruxelles

Fédération Pro Europa ChristianaLe siège de la Fédération Pro Europa Christiana accueillait une nouvelle fois, le 18 novembre dernier, la journaliste Jeanne Smits, venue dresser un premier bilan de la récente Assemblée générale extraordinaire du Synode des Évêques, réunie à Rome 5 au 19 octobre deniers, sur le thème des «Défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation».

Retraçant les étapes qui avaient précédé cette réunion, elle est notamment revenue sur les questionnaires envoyés préalablement dans les diocèses du monde entier ; il ressortait des résultats de ceux-ci que si la Famille est indéniablement mise à mal, cela est notamment le fait d’une méconnaissance de la doctrine de l’Église due surtout à une défaillance dans l’enseignement de celle-ci.

Mme Smits a bien voulu souligner, a-contrario, que cette même doctrine était non seulement connue mais aimée et mise en œuvre là où elle était correctement enseignée. Parmi les étapes qui ont précédé l’Assemblée générale extraordinaire du Synode, intervient le discours d’introduction du Cardinal Kasper au consistoire sur la famille des 20-21 février 2014 : dans celui-ci, le Cardinal suggère la possibilité d’une nouvelle union pour les divorcés, dans un cadre liturgique particulier, de type pénitentiel, et la possibilité pour certains divorcés remariés d’accéder à nouveau aux sacrements de pénitence et d’eucharistie.

Selon Mme Smits, avec une telle déclaration, le Cardinal Kasper ne cherche plus à dire ce qui est vrai et ce qui est faux, mais à trouver la part de vrai dans le faux, sous le couvert d’une approche pastorale ; or cette pastorale existe déjà dans l’Église mais fondée sur le principe de la chasteté. Le trouble était installé à tel point qu’il demeura jusqu’à l’ouverture de l’Assemblée générale.

Bien qu’entretemps cinq Cardinaux de premier plan, les Cardinaux Brandmüller, Burke, Caffara, De Paolis et Müller, préfet de la congrégation pour la Doctrine de la Foi, avaient publié le livre Demeurer dans la Vérité du Christ dans lequel « les auteurs démontrent comment, par l’examen des textes bibliques et la patristique, il n’est absolument pas possible de soutenir sic et simpliciter une “miséricorde” erronée et telle qu’on offrirait le Corps Saint du Christ à des pécheurs endurcis. L’Église soutient le pécheur, mais dénonce le péché et cherche à sauver les âmes en invitant le pécheur à ne plus pécher, comme Jésus l’enseigne avec une infinie miséricorde à la femme adultère » (cf. CE 291/04).

Les travaux du Synode se sont donc déroulés dans cette forte tension qui atteindra son paroxysme avec la parution à mi-parcours de la Relatio post disceptationem qui reprend les points les plus litigieux, ouvrant la voie à une seconde semaine de synode encore plus tendue durant laquelle les positions se font encore plus tranchées.

Le tout débouchera sur une Relatio finale beaucoup plus équilibrée. Mais tout ce synode aura révélé au grand jour des clivages très forts, alors même, selon Mme Smits, que face à une anthropologie qui n’a pas changé depuis les premiers chrétiens, nul n’est besoin d’abord de pastorale mais de la réaffirmation de la Foi. Reste maintenant qu’une année va s’écouler avant la réunion de l’Assemblée générale ordinaire du Synode, période durant laquelle les diocèses vont de nouveau se saisir du sujet sur la base de la Relatio. Une année qui risque d’être confuse en l’absence de clarifications du Saint-Père. (Jérôme Soibinet)