Correspondance européenne | 295, Belgique

Imprimer cette page

Belgique: grandes manœuvres pour l’archidiocèse de Malines-Bruxelles

Mgr André-Joseph LéonardLe 6 mai 2015 marquera le 75ème anniversaire de Mgr André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles (Belgique), et par conséquent la date à laquelle il devra officiellement remettre sa lettre de renonciation au pape François. Très souvent dans de tels cas, et a-fortiori pour des sièges archiépiscopaux, la nomination du successeur n’est pas immédiate et le Souverain Pontife demande au ‘démissionnaire’ de rester en poste quelques temps. Pourtant à Bruxelles, et même si l’échéance n’est pas proche, cette situation fait déjà des vagues du fait même, d’une certaine façon, de Mgr Léonard : en effet, pressé de questions par un journaliste d’une chaîne de télévision flamande sur la renonciation à son office, il a semblé espérer ne pas être prolongé «personne sur cette terre n’étant indispensable».

Il n’en fallait pas plus pour que la machine médiatique se mette en route. La procédure de nomination peut pourtant être longue et son issue incertaine car dépendant de la seule et souveraine décision du Saint-Père. Mgr Léonard s’est beaucoup investi depuis sa nomination à Bruxelles en 2010, par le Pape Benoît XVI. Ayant trouvé à la suite du départ de son prédécesseur le Cardinal Danneels, un des diocèses belges les plus sinistrés avec une importante chute de la pratique et des vocations. Récemment encore, et malgré de nombreux avis contraires dans son propre entourage, il s’est opposé à la volonté des autorités bruxelloises de fermer l’historique église Sainte-Catherine, dans le centre de Bruxelles, et a décidé de la confier à la Fraternité des Saints Apôtres du Père Michel Marie Zanotti-Sorkine. Par ailleurs, il a activement participé aux travaux de la dernière Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques sur la Famille, où il était rapporteur du groupe linguistique francophone “B”. Mais il fait depuis toujours les frais de sa fidélité à la doctrine de l’Eglise : comme évêque de Namur puis archevêque de Malines-Bruxelles, il a continuellement subi l’épreuve de l’‘air du temps’ qui anime la vie belge, y compris ecclésiale. Cela n’a certainement pas affecté la Foi du pasteur mais sans aucun doute éprouvé la résistance de l’homme. S’y ajoute d’aussi incessantes qu’injustes attaques, tant verbales que physiques, qui ne peuvent que l’affecter ; ainsi le journaliste spécialiste (paraît-il) des questions religieuses d’un grand quotidien belge anciennement catholique, résumait le commentaire de Mgr Léonard sur sa renonciation à un « souhait de ne pas subir un nouvel affront » de la part du Pape ! Et enfin, dans toutes ces difficultés, il ne peut même pas compter sur le soutien de ses pairs. (Jérôme Soibinet)