Correspondance européenne | 297, France

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France : Charlie Hebdo et la manipulation de masse

Charlie Hebdo et la manipulation de masseLes attentats contre le magazine Charlie Hebdo et les violences qui les ont suivis ont donné au gouvernement français l’occasion d’une manipulation à grande échelle et cette occasion n’a pas été manquée. Pain béni pour le Président français dont la popularité est assez faible, ces événements auraient logiquement dû l’achever.

Mais dans un état démocratique hyper-médiatisé, il est possible de façonner l’opinion jusqu’à lui faire professer le contraire de ce qu’elle aurait dû croire ou ressentir. La manipulation s’est concentrée sur deux objectifs à atteindre. Le premier objectif était de masquer autant que possible la responsabilité du gouvernement français dans les attentats. Dans tout Etat bien administré, le gouvernement est tenu pour responsable quand des terroristes, connus de la justice, déjà condamnés mais cependant en liberté, lourdement armés, se livrent à des actions meurtrières de grande envergure.

La première question qui vient à l’esprit est : comment le gouvernement laisse-t-il ces gens en liberté et, s’ils sont libres, comment ne sont-ils pas mieux surveillés pour les empêcher d’agir. Cette question n’a pas été posée dans les grands médias. Le gouvernement s’en tire bien : le terrorisme est entré dans les mœurs et dans le décor social si bien qu’on trouve tout naturel qu’il se manifeste de temps en temps et le gouvernement n’y est pour rien. Premier coup de maître de l’Etat manipulateur : là où un gouvernement aurait dû démissionner, au moins s’excuser, il triomphe. On met l’accent sur les opérations de police et leur efficacité. On oublie que cette même efficacité, appliquée plus tôt, aurait permis de sauver des vies humaines.

Le deuxième objectif n’était pas moins délicat, mais surtout beaucoup plus insensé. Il s’agissait d’éviter l’amalgame. Les terroristes sont musulmans, l’islam est une idéologie violente et dangereuse, donc tous les musulmans sont potentiellement dangereux et l’islam devrait être combattu comme d’autres idéologies réputées dangereuses. Ce raisonnement était tout à fait logique et il aurait sans doute été adopté massivement par une population moins manipulée. Il fallait donc l’éviter à tout prix.

Pourquoi ? Tout d’abord pour des raisons d’ordre public. Dans un pays qui compte un forte population musulmane, déchaîner la méfiance voire l’agressivité contre une minorité c’est provoquer une situation qu’on pourrait ne plus contrôler. Mais ensuite, arriver à une telle conclusion c’était admettre l’échec de la société multiculturelle, l’incompatibilité culturelle avec l’islam, et finalement mettre un terme à l’immigration à la grande fureur de ses commanditaires.

Le gouvernement français, comme tout autre gouvernement européen, n’est pas prêt à un tel affrontement. Alors nous avons été les spectateurs ébahis d’une manipulation digne des Etats totalitaires. Des terroristes musulmans commettent des attentats au nom de leur religion pour venger l’honneur de leur prophète, mais tout cela n’a rien à voir avec l’islam. La république laïque semble savoir mieux qu’eux ce qu’est le véritable islam. Même si partout dans le monde, cette idéologie se montre intolérante, violente et meurtrière, il faut croire que les musulmans n’y comprennent rien.

On fera valoir des musulmans modérés comme preuve qu’il existe un islam modéré et, de fait, il existe de nombreux musulmans charmants mais il est douteux pratiquent fidèlement l’islam… Le détournement de sens se poursuit. Puisqu’on ne peut pas incriminer l’islam, on va mobiliser les foules au nom de la liberté d’expression contre tout ceux qui la combattent. Cela permettra entre autre d’arrêter Dieudonné et, au final, tout le monde se surveille. Le gouvernent, en grande partie responsable des attentats, en sort grandi et renforcé, la liberté d’expression est mise sous contrôle au nom de la sécurité et la population se retrouve terrorisée. (Christophe Buffin de Chosal)