Correspondance européenne | 307, CE, Synode

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Synode: le card. De Paolis critique la fausse miséricorde

IMG_0152«Face à la crise du mariage et de la famille, la solution ne peut venir que des certitudes de la foi». C’est ce qu’a affirmé le cardinal Velasio De Paolis, président émérite de la Préfecture des Affaires Economiques du Saint-Siège, samedi 10 octobre, lors du congrès Mariage et famille. Entre dogme et pratique pastorale de l’Eglise, organisé à Rome près du Vatican par la Fondation Lepanto et l’Association Famiglia Domani.

IMG_0134«Nous avons besoin de la vérité», a rappelé avec force le cardinal à une assistance de plusieurs centaines de personnes, dont des prêtres et religieux. «Nous parlons beaucoup aujourd’hui de compassion, d’amour et de miséricorde. Mais sans la vérité, nous faisons fausse route». On a l’impression que «les mots aujourd’hui ne signifient plus rien », alors que « nous avons besoin au contraire d’éléments pour retrouver la réalité». Faisant référence au problème des divorcés remariés, le cardinal a été très clair : «une pratique pastorale qui va à l’encontre de la doctrine est d’un illogisme effrayant. Elle n’est pas chrétienne». Au fond «si j’ai un médicament qui ne fonctionne pas, cela signifie que je n’ai pas bien saisi la pathologie du patient. Si je me limite à changer de médicament plutôt que de chercher à comprendre les causes de la maladie, je pourrais aussi bien tuer le malade». Pour le prélat, il n’y a qu’une seule solution : «ne pas repousser les pécheurs, mais trouver une voie qui soit juste, celle de l’amour dans la vérité ».

IMG_0014Le professeur Giovanni Turco, enseignant à l’Université des Etudes d’Udine, a attiré l’attention sur le principe de non-contradiction selon lequel « toute chose est ce qu’elle est. Même le mariage et la famille ». Une chose ne peut pas être et ne pas être sous le même rapport et c’est pourquoi « le mariage est indissoluble ou ne l’est pas. La vérité n’admet pas d’exception ni de degrés. La pitié miséricordieuse sans la vérité est en réalité un vice. Il n’y a pas de pastorale qui puisse changer la nature du mariage ». Pour le professeur, «si la façon de poser la problématique est déjà erronée, elle portera nécessairement à une résolution erronée », parce que «c’est le bien qui est le critère de la pastorale, et non le contraire. Si la pastorale trouve son fondement en elle-même, elle devient pastoralisme et de fait négation de tous les principes ».

IMG_0109Négation des principes qui sont remplacés par le « subjectivisme » comme l’a rappelé Mgr Antonio Livi, doyen émérite de la faculté de Philosophie de l’Université Pontificale du Latran. « Si l’on qualifie les dogmes de notions dépassées, si l’on admet qu’ils peuvent changer, alors sur quel critère se base-t-on ? Sur le seul critère du subjectivisme ». Au contraire, « la pastorale a pour but précis d’œuvrer pour le bien des âmes ». Sans cela, a t-il affirmé, « on peut poursuivre une fin occulte, en cherchant à convaincre les autres d’adhérer à quelque chose de faux. Et c’est là de l’hypocrisie».

IMG_0040Le professeur Roberto de Mattei, enseignant à l’Université Européenne de Rome et président de la Fondation Lepanto, a constaté ce «fait unique, totalement inédit dans l’histoire de l’Eglise : la mise en discussion du mariage et de la famille à l’intérieur même de la Cité de Dieu (…), non plus menacés uniquement par des ennemis externes, mais aussi internes ». Après avoir cité quelques exemples historiques où la morale catholique avait été discutée et toujours réaffirmée par l’Eglise, il a rappelé l’exemple de saint Pierre-Damien et de tous les grands réformateurs de son temps qui «n’ont pas invoqué la loi de la gradualité ou du moindre mal, n’ont pas défini le concubinage des prêtres comme une situation irréversible dont il faut prendre acte, n’ont pas invité à recueillir les éléments positifs dans les unions homosexuelles et les cohabitations en dehors du mariage».

« Il n’y a qu’une seule vérité – a t-il conclu – et donc une seule façon d’être chrétien. Il y a continuité entre la vie et la doctrine, et cette continuité s’appelle cohérence. C’est cette vérité que nous demandons au Synode de proclamer et si ce n’était pas le cas, nous n’aurons de cesse de la réaffirmer, comme nous le faisons aujourd’hui ». (Daniele Sebastianelli)