Correspondance européenne | 308, Gender

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Théorie du genre: ou comment la « genderfluidité » reflète le chaos sexuel de notre époque

fluiditàOn enregistre une nouvelle tendance sexuelle chez les jeunes Anglais, dénommée « genderfluidité », qui exprime la flexibilité dans l’orientation sexuelle qui varie durablement. Ces résultats surprenants (dans une certaine mesure) émanent d’un sondage réalisé par YouGov ,un institut de statistiques en Grande Bretagne.

Comme l’indique le journal online Huffington Post, les personnes interviewées pour ce sondage devaient « se situer par rapport à l’échelle de la sexualité de Kinsey, qui va du degré 0 (totalement hétérosexuel) au degré 6 (totalement homosexuel ) ».

L’Huffington Post rapporte qu’en fait sur un échantillon de 1 632 personnes interviewées, tous âges confondus : « 72 % des Britanniques se sont définis sur le degré 0 de l’échelle (soit totalement hétérosexuels), 4 % sur le degré 6 (soit totalement homosexuels ), et 19 % sur un degré intermédiaire. 15 % des personnes qui se sont définies entre le degré 1 et 5 ont déclaré se sentir plutôt du côté hétérosexuel, 2 % se disent équidistantes entre les deux pôles, et 2 % encore se sentent plus proches du degré homosexuel ».

Mais les résultats les plus bouleversants de cette enquête concernent la tranche d’âge des 18-24 ans : dans ce groupe en effet, « 46 % seulement se sont déclarés totalement hétérosexuels, 6% totalement homosexuels et 43 % à mi-chemin entre ces deux pôles. Mêmes réponses, quoiqu’avec des chiffres légèrement inférieurs mais proches, pour la tranche d’âge des 26-39 ans ».

Ces chiffres montrent clairement les dégâts directs et irréparables que la révolution gender est en train de produire sur les nouvelles générations qui sont les victimes de la propagande percutante tous azimuts du lobby LGBT. Une propagande largement relayée par le monde du show-business, puissant et influent, et par les médias. Il suffit d’allumer la télévision ou de lire n’importe quel quotidien ou n’importe quelle revue plus ou moins engagés, pour se rendre compte de l’incessante campagne idéologique qui est menée.

C’est dans ce sens que la pop-star Miley Cyrus confie sa sexualité au magazine féminin italien D Repubblica, en disant : « Je ne me sens ni un garçon ni une fille et je n’ai pas besoin d’un ou d’une partner qui le fasse. (…) Ce n’est pas que je déteste être une fille, mais c’est l’étiquette qu’on me donne ».

Même discours avec Annie Erin Clark, une auteure-compositrice-interprète américaine, musicienne de type indie-pop dont le nom de scène est St. Vincent, qui est la partenaire de Cara Jocelyn Delevingne, née le 12 août 1992 à Londres, actrice et ancien mannequin britannique, qui à son tour répète le même refrain idéologique : « Je crois dans la fluidité du genre et dans la fluidité sexuelle. Je ne m’identifie dans rien ».

Ou encore : Jay Stewart, un transsexuel britannique qui a lancé le mouvement Gendered Intelligence : lors de son TedX EastEnd à Londres, il a exprimé son point de vue sur l’autodétermination sexuelle en ces termes : « Nous devons repenser les structures de l’identité du genre et de l’orientation sexuelle. (…) Je crois que nous devrions être tous capables de nous exprimer de la manière qui nous paraît juste pour nous-mêmes. Nous sommes au début d’une révolution du genre ».

Ce bouleversement gigantesque de l’identité sexuelle des personnes ne peut évidemment qu’avoir de profondes incidences et conséquences dans tous les domaines sociaux et culturels, qui sont prêts à s’adapter docilement à ces nouvelles réalités. On trouve des répercussions tangibles dès à présent sur les pages de nombreux quotidiens anglais qui ont adopté dans leurs articles le pronom neutre « it » ou « they », comme c’est le cas pour l’illustre Oxford English Dictionary.

Le célébrissime dictionnaire anglais vient en effet d’inclure dans sa dernière édition tout juste publiée le titre surréel de « Mx » pour indiquer le genre sexuel neutre. Cette abréviation cryptique est conçue pour donner toute latitude à ceux qui qui ne se reconnaissent pas dans les traditionnels « titres de courtoisie », qui se basent encore sur des stéréotypes sexuels obsolètes et qui par conséquent ne reflètent pas entièrement la complexité sociale moderne. Nous aurons donc, à côté des « M., Mme, Mlle » le paradoxal titre neutre de « Mx » pour identifier ceux qui refusent les catégories normales d’homme et de femme.

Ce thème de la « genderfluidité » se retrouve également au cœur du Selfevidentproject, un projet photographique lancé en 2014 qui a fait l’objet d’une gigantesque publicité. Son but est de recueillir 10 000 portraits de personnes qui du point de vue de l’orientation sexuelle, « ne se situent » dans aucune case particulière.

Comme l’indique du reste le Supplément féminin Io Donna, du quotidien italien Corriere della Sera, le projet a pour but de sensibiliser sur ce thème la population américaine, s’il en était encore besoin, en vue des prochaines élections présidentielles : « Les photos, une fois réalisées, serviront à réaliser un montage de 10 000 portraits qui seront exposés en public à Washington en 2016, avant les prochaines élections présidentielles. Il en sera ensuite fait un livre qui sera auto-financé, pour montrer au monde (et aux électeurs américains les plus conservateurs) le visage de toute la gamme de la sexualité humaine ».

Voilà pour ce qui est de quelques exemples illustrant le climat culturel actuel en matière de sexualité. Si l’on y regarde de près, la « genderfluidité » ne représente rien d’autre que l’approche logique et cohérente d’une idéologie schizophrénique qui refuse, par principe, les étiquettes ou les catégories sexuelles. Dans cette optique, n’importe quel schéma sexuel, de l’hétérosexualité à l’homosexualité, est appréhendé comme un carcan socio-culturel contraignant dont il faut se libérer

Ainsi donc, la fluidité sexuelle est une rébellion contre tous les types de normes, et ce au nom de l’autodétermination infinie et illimitée de l’individu. En fin de compte, cette promotion par les idéologues du genre de la « genderfluidité » constitue l’application dans le domaine sexuel de la « théorie du chaos », dont le noyau est la négation du principe d’ordre et de causalité dans tous les domaines de l’univers. Le seul résultat final possible ne peut être que la dissolution de la sexualité. (Rodolfo de Mattei)