Correspondance européenne | 326, États Unis

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Après la victoire de Trump, le Pape Bergoglio leader de la gauche internationale ?

après la victoire de Trump, le Pape Bergoglio leader de la gauche internationale ?Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin a envoyé à Donald Trump les vœux du Saint-Siège, exprimant son espoir que le nouveau président travaillerait au service de sa patrie et de la paix du monde. Mgr Joseph Kurtz, archevêque de Louisville et président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, a félicité le nouvel élu, l’exhortant à gouverner pour le bien commun de tous les citoyens. La position de la diplomatie vaticane semble vouloir corriger, ou tempérer, celle de François, qui n’a jamais caché son antipathie envers le candidat à la présidence américaine.

Le 18 Février de cette année, sur le vol de retour du Mexique, commentant le projet de Trump de construire un mur entre les États-Unis et le Mexique pour endiguer le flux de migrants, le Pape avait dit qu’«une personne qui ne pense qu’à faire des murs et pas des ponts n’est pas chrétienne». Lors d’un autre vol de retour, celui du 2 Octobre de Bakou à Rome, lorsqu’on lui a demandé quel candidat il préférait aux élections américaines, François ne s’est pas compromis. Et pourtant, aussi fortes être que puissent être les réserves envers Trump, pour un catholique il serait difficile d’imaginer une position équidistante entre lui et Hilary Clinton, qui avait officiellement inclus dans son programme une mise en œuvre massive de l’avortement et de l’agenda LGBT. A moins de considérer l’auto-défense de l’invasion migratoire comme un péché plus grave que la légalisation de l’avortement et le soi-disant mariage homosexuel.

Au-delà du jugement moral sur ces questions, le problème de fond qui sépare le Vatican de la nouvelle présidence américaine est politique. La question de l’immigration est en effet, depuis le début de son pontificat, l’épine dorsale de la politique bergoglienne, mais aussi la pierre angulaire du programme de Donald Trump. Sur ce point, les visions de Francis et du président des États-Unis sont opposées.

«Une nation sans frontières n’est pas une nation, de même qu’un pays sans loi n’est pas une nation», affirme Trump, alors que pour le Pape Bergoglio, l’accueil illimité des immigrants est presque un «locus» théologique.

Si Trump poursuit son chemin, non seulement il mettra un terme au multiculturalisme rampant dans son pays depuis l’époque de Kennedy, mais il donnera aussi une impulsion inévitable à ces partis d’extrême-droite et «identitaires» qui dans les prochaines semaines iront au vote en Autriche, Hollande, France et Allemagne. Pour sa part, après la défaite de Clinton, François est resté l’unique point de référence de la gauche internationale, privée de leader. Quand, le 5 Novembre, s’est conclue au Vatican la Troisième Rencontre Mondiale des «Mouvements Populaires» en présence d’agitateurs révolutionnaires des cinq continents. François s’est adressé à eux en disant: «Je fais mien votre cri». Mais le cri de protestation qui s’élève des Mouvements rassemblés dans la Salle Paul VI, est malheureusement caractérisé par le fanatisme idéologique et l’incitation à la violence.

La ligne de tendance est claire. Dans son dernier voyage en Amérique du Sud, François a exprimé sa sympathie pour les présidents de Bolivie et d’Equateur, et le 24 Octobre, il a reçu en audience privée au Vatican le président vénézuélien Nicolas Maduro Moros, également d’extrême gauche, qu’il a assuré de son soutien. Aucun mot d’approbation ou de satisfaction n’est venu en revanche du Vatican pour le geste extraordinaire du Président du Pérou Pedro Pablo Kuczynsky qui, le 21 Octobre, devant les membres de la Chambre et du Sénat, a consacré son pays au Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie.

Comme il serait opportun que le Pape et les évêques du monde, abandonnant la politique, unissent leurs efforts pour des actes religieux de ce genre, à commencer par la consécration tant attendue de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, à l’occasion du centenaire de Fatima de 2017, qui coïncide avec celui, funeste, de la révolution d’Octobre bolchévique. (Roberto de Mattei)