Correspondance européenne | 333, Belgique

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Belgique: succès toujours croissant pour la Marche pour la Vie

La Marche pour la Vie qui s’est déroulée à Bruxelles le dimanche 26 mars a rassemblé 3 000 personnes, un succès pour cette 7e édition selon les organisateurs. La marche a eu lieu dans la bonne humeur, sans incident et en silence en hommage aux victimes des lois criminelles. Les thèmes défendus étaient aussi bien l’euthanasie que l’avortement qui tue en moyenne 57 bébés par jour en Belgique. Si l’on en juge par la jeunesse et l’enthousiasme des organisateurs, la marche est promise à un bel avenir.

Et ce malgré une couverture médiatique assez hostile et franchement partiale. Faute de pouvoir présenter la marche comme un combat d’arrière-garde mené par la vieille génération, les médias se sont employés à la ridiculiser en parlant de « quelques centaines de personnes » animées par de jeunes naïfs qui disent n’importe quoi. En effet, le nombre annuel d’avortements est contesté, de même que les entorses aux délais légaux.

Les organisateurs de la marche ont cependant mentionné des cas d’avortement faits à sept mois ou peu avant la naissance – faits niés par les médias. Non contente d’avoir une des législations les plus criminelles d’Europe, la Belgique est en plus extrêmement laxiste quand à l’application de ces lois. En conséquence, les délais prévus pour l’avortement ou les conditions fixées pour l’euthanasie sont fréquemment ignorés. L’état de détresse qui est une des conditions exigées pour procéder à un avortement étant tout à fait subjectif, on ne trouve pas de raisons pour interdire l’avortement à des femmes dont l’enfant est sourd ou légèrement mal formé.

La Marche pour la Vie s’est clôturée sur l’allocation de Stéphane Mercier, jeune professeur de philosophie à l’Université catholique de Louvain. Ce dernier a été récemment suspendu par les autorités de l’UCL pour avoir déclaré en cours que l’avortement est un meurtre. Il risque à présent une procédure disciplinaire et le licenciement. Dans son intervention, le Professeur Mercier a précisé les reproches qui lui ont été faits, notamment qu’il aurait manqué de prudence en parlant de meurtre devant de jeunes étudiants qui, selon lui, sont plus mûrs et plus ouverts au débat que certaines autorités…

L’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr De Kezel, grand-chancelier de l’UCL et aussi grand absent de la Marche pour la Vie, a fait savoir par son porte-parole qu’il désavouait lui aussi Stéphane Mercier : « Les mots de Stéphane Mercier me paraissent caricaturaux. Le mot meurtre est trop fort : il suppose une violence, un acte commis en pleine conscience, avec une intention, et cela ne tient pas compte de la situation des personnes, souvent dans la plus grande détresse » (Le Soir, 27 mars 2017).

Pas de prise de position contre l’avortement, pas non plus de désapprobation de l’UCL qui persécute un de ses professeurs fidèles à la doctrine de l’Eglise – les évêques de Belgique semblent avoir choisi leur camp. Tout comme l’UCL d’ailleurs qui « respecte l’autonomie des femmes à poser ce choix, dans les circonstances précisées par le législateur ». (Christophe Buffin de Chosal)