Correspondance européenne | 335, Italie

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Italie : le discours de clôture à la Marche pour la Vie

Nous reportons ici le discours de la porte-parole de la Marcia per la Vita, Virginia Coda Nunziante, au terme de la Marche sur la Piazza Venezia à Rome.

Chers amis, Nous arrivons au terme de cette journée extraordinaire et je voudrais avant tout remercier vivement tous ceux qui nous ont accompagné de la piazza della Repubblica jusqu’ici. Les personnes à remercier sont nombreuses, en particulier celles qui pendant de nombreux mois ont travaillé et travaillent aujourd’hui dans l’ombre.

Vous êtes nombreux à être venus de très loin pour vous joindre à nous aujourd’hui.

Je remercie en particulier les très nombreux invités étrangers et ceux qui ont participé au Rome Life Forum, qui s’est tenu à Rome comme chaque année à la veille de la marche. Le Rome Life Forum est devenu un rendez-vous international qui a rassemblé cette année les représentants  de près de 100 organisations pro-vie, de plus de 20 pays de tous les continents!

Je remercie aussi tous nos intervenants d’aujourd’hui, ainsi que les milliers d’amis venus de toute l’Italie, d’Udine à Palerme, de Turin à Lecce, en car, en train, en voiture, en avion, supportant les frais, la fatigue et les difficultés.

Je remercie tous ceux qui ont collaboré concrètement à la réalisation de cet évènement: les Voci del Verbo, les Universitari per la Vita, Vita Umana Internazionale, Notizie ProVita, CitizenGo, Nessuno tocchi la Famiglia, Generazione Famiglia,le Popolo per la Vita,les Circoli della Croce et le quotidien il Tempo.

Notre marche s’unit à toutes les marches du monde. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes de bonne volonté manifestent chaque année leur désapprobation contre des lois iniques et homicides.

Les conséquences de la loi 194, introduite en Italie en 1978 pour légaliser l’avortement, sont dévastatrices. On parle aujourd’hui d’environ 100 000 avortements par an (chiffres de 2016), soit 273 avortements par jour, 11 par heure, un enfant tué toutes les 5 minutes 30. Et en Europe la situation est encore plus tragique : un avortement toutes les 11 secondes, 327 par heure, 7854 par jour.

Eh bien, mon discours sera politiquement incorrect et je sais déjà que de nombreuses personnes s’indigneront, mais rien ne sert de se voiler la face : nos gouvernements, nos sociétés, piétinent la loi naturelle, piétinent les droits de Dieu, créateur de la Vie. Il est vrai que la valeur de la vie est une valeur partagée également avec les incroyants et les athées, et nous les remercions de leurs présence ici aujourd’hui, mais nous ne pouvons pas pour autant oublier qu’aucun de nous ne s’est donné la vie par lui-même : nous l’avons reçue en don et de ce don, nous ne pouvons disposer librement. On ne peut enlever la vie aux autres, car il s’agit d’un homicide et nous voulons rappeler ici, aujourd’hui, publiquement, que l’avortement est un homicide en ce qu’il détruit une vie humaine qui ne nous appartient pas. Que cette vie dans le sein maternel soit d’un jour, d’un mois ou de trois mois revient au même, car la valeur de la vie commence dès la conception.

Ainsi notre présence se veut un cri de protestation face à l’injustice commise à l’égard des plus faibles et des sans défense. Nous devons défendre les faibles contre lesquels s’acharnent les tenants de la culture de mort : non seulement les enfants non nés, mais les personnes âgées, les malades, les personnes handicapées, victimes aujourd’hui de l’eugénisme, de l’euthanasie, un délit qui s’inscrit dans la logique de celle de l’avortement, comme conséquence naturelle de la négation du droit fondamental à la vie.

Et cela parce que nous vivons dans une société qui oublie souvent ce que signifie l’amour pour le prochain, l’altruisme, la générosité. Nous vivons dans une société matérialiste, hédoniste et souvent relativiste.

Cette place si nombreuse veut au contraire rappeler la beauté de la vie, mais avec tout autant de détermination veut aussi demander à nos politiques, à nos gouvernants, qu’ils cessent de financer avec nos impôts le suicide de notre nation : au lieu de tuer nos enfants, qu’ils apportent aux familles des aides concrètes pour les élever. Et nous sommes certains qu’ainsi l’économie repartirait également.

Une nation qui n’aide pas et ne promeut pas la vie est une nation qui se meurt. Et c’est là la prévision démographique pour notre pays. Nous devons alors nous retrousser les manches et nous devons le faire principalement pour nos enfants, pour les générations futures car c’est à elles que nous laissons l’héritage le plus lourd.

Unissons donc nos forces, notre enthousiasme, nos énergies pour défendre la vie, promouvoir la vie, lutter pour la vie et ne pas oublier ces dix millions d’enfants qui n’existent plus en Italie.

Nous demandons instamment à nos hommes politiques et nos hommes d’Eglise, à nos pasteurs, un engagement plus important face à ce qui représente le plus épouvantable génocide de l’histoire en termes de vie humaines.

Nous sommes conscients que les Marches pour la Vie ne suffisent pas :  il faut aussi un engagement continue, inconditionnel, cohérent,  pour les 364 autres jours de l’année, afin de faire changer les lois, les moeurs,  les mentalités, non seulement de ceux qui gouvernent, mais aussi de chacun d’entre nous.

Bien chers amis, l’année prochaine marquera les 40 ans de la terrible loi 194. Préparons-nous dès aujourd’hui, dans la ferme conviction que chacun de nous peut faire la différence.

Confions tout cela, et principalement la cause de la Vie, à la Vierge de Fatima, en ce centenaire de ses apparitions. Fatima est l’évènement le plus extraordinaire de notre époque. La Vierge Marie est venue nous demander de ne plus offenser Dieu et en cent ans la situation s’est nettement détériorée, parce que toutes les nations sont en train d’adopter des lois contre la vie, contre la famille, contre la nature même de l’homme. L’une des voyantes de Fatima, soeur Lucie, dans une lettre des années 80 adressée au cardinal Caffarra, écrivit que la bataille finale entre Dieu et le démon, porterait sur la vie et la famille. Nous voulons relever ce défi, dans la ferme conviction qu’avec l’aide de Dieu la Vie l’emportera toujours sur la mort. Merci encore à tous !