Correspondance européenne | 337, Chine

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Chine: la persécution anticatholique

Deux faits récents ont attiré l’attention de la communauté internationale sur la dramatique violation des droits humains et notamment sur la persécution anticatholique dans la République Populaire de Chine. Le gouvernement de Pékin a soumis à un régime de détention l’évêque de Wenzhou, membre de la soi-disant « Eglise souterraine » fidèle à l’Eglise catholique de Rome, Mgr Pietro Shao Zhumn.

Depuis le 18 mai, l’évêque Zhumin a pratiquement « disparu », arrêté par l’autorité de police chinoise après avoir été convoqué pour un entretien auprès des bureaux de gouvernement et on craint qu’on lui inflige des tortures physiques et psychologiques pour l’amener à abjurer la foi catholique et adhérer à l’Eglise de l’Association Patriotique, l’organisation religieuse qui formellement se déclare chrétienne mais qui cependant est une émanation directe du gouvernement chinois, soumise aux règlements de l’Etat et qui ne reconnaît que le gouvernement communiste chinois comme autorité en matière religieuse.

Simultanément, pendant ces jours, on assiste à la tragédie de l’intellectuel Liu Xiaobao, Prix Nobel de la Paix, ayant un grave cancer du foie en phase terminale, poursuivi par le régime communiste chinois à cause de sa lutte pour l’affirmation des droits humains en Chine et placé en détention depuis onze ans, accusé de « subversion contre le pouvoir de l’Etat » dans le droit fil de la traditionnelle et brutale logique de persécution mise en œuvre par l’autorité du régime communiste de Pékin à l’égard de toute personne s’exprimant en faveur des droits fondamentaux de l’être humain.

Malheureusement, ces deux évènements proposent encore une fois et de manière dramatique la question de la violation permanente des droits de la personne humaine de la part d’un régime brutal qui affirme avec virulence l’interdiction de toute ingérence étrangère et de la communauté internationale en matière de violation des droits humains.

Le fait que la République Populaire de Chine soit un géant économique et militaire, qui combine le plus effréné libéralisme de marché et un système politique totalitaire de type vétéromarxiste, lui permet d’ignorer avec arrogance les rappels de la communauté internationale à un plus grand respect pour les droits humains et pour la liberté religieuse et de pensée.

La Commission contre la torture de l’ONU a demandé expressément que le gouvernement chinois mette fin à la pratique répandue de torturer les prisonniers et à la campagne d’arrestations et meurtres contre les activistes et les avocats pour les droits humains.

Le gouvernement devrait aussi assurer la fermeture des « prisons noires » illégales, les soi-disant blackjail, des véritables prisons fantasme dans lesquelles les détenus, la plupart religieux et hommes politiques, disparaissent sans laisser de trace et sans permettre à la famille de pouvoir les assister.

L’Evêque catholique Pietro Zhemin se trouve dans une de ces blackjail. Voilà la désolante situation de la violation des droits humains en Chine, pays qui malheureusement, en vertu de l’explosive croissance économique depuis une vingtaine d’années, commence à jouer un rôle géopolitique de véritable global payer, en aspirant à incarner même le leadership mondial grâce à une politique très pragmatique avec laquelle le Parti Communiste montre clairement vouloir continuer à guider le pays avec une poigne de fer. (Luca Hofer)