Correspondance européenne | 339, Belgique

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Belgique : plainte contre les évêques

Un groupe de catholiques belges avait adressé une plainte au cardinal Gerhard Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, plainte redirigée vers le Cardinal Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Evêques, en raison du soudain limogeage du Cardinal Müller.

La plainte vise le cardinal Josef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, et les évêques francophones de Belgique qui ont collégialement désavoué le Professeur Stéphane Mercier, licencié par l’Université catholique de Louvain pour avoir qualifié l’avortement de meurtre. Loin de soutenir le courageux chargé de cours qui ne faisait que rappeler la morale de l’Eglise au sein d’une institution catholique, les évêques belges l’ont abandonné au lynchage médiatique en précisant que sa prise de position était « caricaturale ».

Interrogée sur ce licenciement, la porte-parole de l’UCL, Tania Van Hemelryck, a publiquement désavoué le Professeur Mercier en expliquant que « ce sont des propos totalement inacceptables étant donné que l’UCL défend ce droit fondamental à l’avortement », qui est une de ses « valeurs » (RTL et RTBF, le 21/03/2017).

Le Cardinal Jozef De Kesel et les évêques francophones de Belgique n’ont pas réagi à cette prise de position d’autant plus scandaleuse qu’elle émane d’une université catholique et ils ont ignoré toutes les demandes des catholiques de rappeler à cette occasion leur adhésion à l’enseignement moral de l’Eglise en matière d’avortement.

Les auteurs de la plainte accusent donc le Cardinal Josef De Kesel et les évêques francophones de Belgique : 1) de ne pas adhérer à la morale catholique puisqu’ils refusent de qualifier l’avortement de crime, 2) d’avoir commis une grave injustice en laissant sanctionner un professeur fidèle à l’enseignement de l’Eglise et 3) de s’être rendus coupables de scandale en négligeant de rappeler à l’ordre l’UCL sur la question de l’avortement.

Vu l’absence de réponse de évêques, les signataires de la plainte demandent qu’une enquête soit diligentée afin de vérifier les chefs d’accusation et de prendre les sanctions qui conviennent, à savoir la rétractation publique du Cardinal Josef De Kesel et des évêques francophones belges et leur démission collective.

A juste titre, les auteurs de la plainte rappellent que « la Belgique est à la pointe des législations permissives en matière de morale familiale et de respect de la vie. Le divorce touche une famille sur trois et une famille sur deux à Bruxelles. Le concubinage et l’adultère sont des situations banalisées. La pratique religieuse a considérablement chuté et la moyenne d’âge des paroissiens restants tourne autour de 65 ans. Les évêques se sont engagés dans un plan de désacralisation et de ventes des églises – souvent contre la volonté de leurs paroissiens. Les séminaires se vident. Les couvents se vendent. Force est de constater que cette situation qui était déjà tragique du temps du Cardinal Danneels, est devenue désespérée depuis l’avènement du Cardinal De Kesel. » Et les auteurs de poursuivre : « A présent, nos évêques semblent plus préoccupés de gérer la faillite et la liquidation de l’Eglise de Belgique que d’œuvrer à une nouvelle évangélisation. Salis par des scandales de pédophilie, ils cherchent avant tout à se faire bien voir en adoptant des positions progressistes en totale rupture avec la doctrine de l’Eglise. Leur foi et leur morale sont plus que douteuses. Par contre, leur soumission au pouvoir politique, au « dogme » du « politiquement correct », aux « valeurs humanistes » et enfin leur collaboration active à l’apostasie générale sont tellement manifestes que Rome pourra bientôt déplorer la disparition du catholicisme en Belgique et la persécution des derniers fidèles ».

Plus qu’une plainte, c’est un appel au secours. Sera-t-il entendu ? (Christophe Buffin de Chosal)