Correspondance européenne | 347, Italie

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Italie: quand la chasse aux prêtres met en lumière l’horreur de l’avortement

Cette année marque le triste anniversaire de la loi 194 du 22 mai 1978, qui introduisit l’avortement en Italie. C’est une triste commémoration puisque les statistiques du Ministère de la Santé indiquent que près de 6 millions d’enfants ont été éliminés à cause de cette loi.

Une loi qui devrait indigner tout citoyen italien mais qui, au contraire, comme bien d’autres lois contre la vie et la famille, est entrée dans les mœurs du pays. On ne se pose même plus la question, car dans l’imaginaire collectif ce petit être minuscule qui se forme dans l’utérus maternel et se développe ensuite n’est rien d’autre, dans la meilleure des hypothèses, qu’un amas de cellule. Et comme amas de cellule, peut et doit être éliminé sans scrupules s’il cause le moindre dérangement.

C’est ce que l’on entend répéter depuis des années par toute une culture laïciste pérorant dans les journaux, à la télévision, sur les réseaux sociaux… Mais mercredi dernier, 14 février, quelque chose a changé : les journalistes du programme Le Iene (Les “Iene”, programme télévisé créé en 1997 qui, au travers d’enquêtes sur des sujets d’actualité, se veut ouvertement dérangeant et provocateur), malgré leur laïcisme, ont rendu un grand service à la cause de la vie et ont mis en lumière la dramatique réalité de l’avortement.

Voici l’histoire. Une jeune femme de Calabre, Francesca, a une relation avec un curé de paroisse et s’aperçoit qu’elle est enceinte. Le curé et l’évêque de Cosenza, aux dires de la jeune femme, la poussent à avorter, ce qu’elle n’arrive toujours pas à se pardonner. La vidéo est disponible sur youtube : tout le monde peut donc la voir et se faire une idée des faits. Je ne souhaite pas m’arrêter sur le comportement du prêtre et de l’évêque : la vidéo est sans appel en ce qui les concerne.

Mais venons-en à ce qui ressort de l’émission des Iene. La jeune femme, appelée Francesca, qui raconte son histoire de douleur et d’abandon, dit s’être « aperçue qu’elle attendait un enfant ». La journaliste la presse alors : c’est vrai que « toi tu voulais garder l’enfant », tandis que « lui ne voulait pas de ce fils »? Surprenante affirmation pour un tel milieu journalistique : juste après la conception, la femme “attend un enfant” qui est aussi “un fils”. Mais alors, si le fruit de la conception est un enfant, un fils, comment peut-on parler d’amas de cellule, de produit de la conception ? Comment peut-on admettre une loi qui élimine un enfant, qui tue un fils ?

Mais poursuivons le récit de Francesca. Le jour de l’avortement, dit-elle en pleurant, « ce fut terrifiant, je me sentais sale. C’était l’enfer, et mon monde a changé, ma vie a change ce jour-là. Je ne voulais pas faire cela». Nous sommes face à une vie brisée, détruite, mais par quoi ?Non par la relation peccamineuse avec un prêtre, mais par l’avortement qu’ils l’ont convaincue de faire en ce 22 janvier qui restera à jamais dans sa mémoire. « Il n’y a pas un jour où je n’y pense pas. C’est une histoire qui m’aravagée. Je suis entrée dans la plus horrible spirale».

Le service des Iene confirme donc ce que nous savons, mais que personne n’ose dire : l’avortement est un ravage pour la femme, une blessure qui ne se refermera plus, qu’elle gardera toute sa vie ; c’est le massacre d’un être innocent, d’une créature qui est déjà présente, in nuce, avec toutes ses particularités et son unicité. Et de fait, à la question de la journaliste : « Penses-tu que si tu as un enfant tu pourras apaiser cette douleur ou que tu auras toujours, au fond, un fils en moins ? » la réponse de Francesca est lapidaire : « Il est impossible d’avoir à nouveau le fils que l’on a perdu ». Donc ce petit être, éliminé facilement grâce à la loi 194, était son fils, un fils qu’elle ne pourra plus jamais avoir.

Le Iene, par cette émission, ont rendu “service” à la Verité, qui s’impose toujours, même lorsque l’on voudrait la nier. Peut-être ne se sont-ils pas rendu compte qu’ils déchiraient ainsi le voile d’hypocrisie qui couvre depuis toujours l’avortement. Nous ne pouvons donc que saisir cette occasion d’insister sur la nécessité de parvenir à abroger totalement une loi qui supprime un être sans défense. Et il ne s’agit pas, comme le disent certains, de mieux appliquer la loi 194 pour permettre aux femmes de choisir en toute connaissance de cause : il n’y a pas d’alternative possible car là où il n’y a pas de vie, il y a la mort, et le massacre d’un enfant ne peut être l’objet d’un choix.

Il est donc important de continuer à réaffirmer la vérité en la matière. Les Iene nous ont donné une aide précieuse. A nous de savoir la saisir et de le proclamer.

En mai, ce seront les quarante ans de la loi 194 : n’est-ce pas la meilleure occasion de faire voir et entendre qu’il existe encore aujourd’hui en Italie un peuple qui réagit, un peuple qui aime la vie et la famille, un peuple qui ne se plie pas aux lois liberticides qui nous sont imposées, un peuple qui le 19 mai descendra dans les rues de Rome, pour participer à la Marche pour la Vie et redire ainsi son refus des lois sur l’avortement et l’euthanasie ? (Virginia Coda Nunziante, présidente de la Marche pour la Vie, dans le quotidien La Verità, 17 février 2018)