Correspondance européenne | 351, Avortement

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Italie : le discours de Virginia Coda Nunziante à la Marche

Nous avons écouté des témoignages merveilleux. Mes pauvres mots peuvent ajouter bien peu de chose à ce qui a été dit jusqu’à présent. Ce que vous avez écouté ne sont pas seulement des paroles, ce sont des faits. Ce sont des réalités de la vie vécue. C’est quelque chose qui est arrivé tragiquement et qui arrive chaque jour, quelque chose qui interpelle notre conscience, qui nous pousse à témoigner et la Marche pour la Vie est d’abord et avant tout un témoignage, un engagement que nous avons pris : celui de ne pas nous taire, d’être proche de ceux qui souffrent, de ceux qui ont subi une injustice, d’exprimer notre solidarité aux victimes d’un massacre comme celui causé par la loi n° 194 qui a légalisé l’avortement en Italie.

Il existe un livre de la vie et un livre de la mort. Dans ce livre de la mort, la date du 22 mai 1978 est écrite en caractère de sang, le sang de près de 6 millions de victimes, 6 millions d’enfants non nés qui nous transmettent un message que nous voulons accueillir : c’est le cri silencieux, pour reprendre l’expression d’un célèbre documentaire du Dr. Nathanson, dont l’écho ne s’éteint pas et que nous voulons amplifier et retransmettre.

6 millions en Italie en 40 ans mais 50 millions d’enfants tués chaque année dans le monde, 137.000 par jour, 5.700 à l’heure.

Nous ne voulons pas faire passer cet anniversaire sans demander l’abrogation de la loi n° 194 et, dans l’attente de cela, le retrait immédiat de la dépense public des quelques 200 à 300 M€ qui sont dédiés, chaque année, à tuer nos enfants. Nous savons tous quelle est la situation de la santé publique dans notre pays. Est-il possible que, pour disposer d’une échographie, d’une TAC, d’une Résonance, il faille des mois d’attente si l’on ne peut se permettre de payer au prix fort les analyses et qu’en revanche pour avorter, pour tuer, tout se résolve en quelques jours et que tout soit gratuit parce qu’aux frais de l’Etat et par suite de nous tous, contribuables ?

Nous voulons dénoncer tout cela parce que notre société est particulièrement hypocrite. Elle pratique désormais l’eugénisme et l’infanticide d’Etat dont nous avons eu un dramatique exemple en Grande-Bretagne avec le meurtre du petit Alfie Evans.

Cependant, nous ne voulons pas seulement pleurer les victimes mais honorer l’exemple de nombre d’hommes et de femmes qui, avec courage, défendent la vie. Des hommes et des femmes comme les parents d’Alfie Evans et comme les parents de Vincent Lambert, qui nous enseignent combien le courage et la détermination avec lesquels on combat constituent une force inexorable. Ce que nous nous proposons au travers de la Marche pour la Vie est également d’encourager chacun d’entre nous à ne pas se soustraire à l’engagement mais à réagir de toutes ses forces à l’agression à laquelle nous sommes soumis. Nous savons que nous nous trouvons face à un système politique, économique, juridique et médiatique apparemment invincible qui veut nous enlever jusqu’à la liberté d’expression. Cependant nous savons aussi qu’avec l’aide de Dieu tout est possible et même si notre Marche rassemble croyants et incroyants autour de la défense commune de la vie, nous n’avons pas peur de proclamer publiquement sur cette place, le nom de Dieu, Créateur et Seigneur de la vie et de la mort de chacun d’entre nous. Nous sommes certains qu’Il nous écoute et nous sommes certains qu’Il nous aide. Nous sommes certains qu’Il ne cessera pas de nous assister jour après jour jusqu’à la victoire contre la culture de la mort qui nous menace. Cette culture, ce système a en lui-même les germes de son autodestruction. La cause pour laquelle nous combattons contient en revanche en elle les germes de la vie et de la victoire. Nous représentons l’avenir, non seulement en ce qui concerne l’Italie mais en ce qui concerne le monde. C’est pourquoi nous sommes proches de ceux qui, demain, marcheront en Argentine et de ceux qui, vendredi prochain, voteront en Irlande, dans les deux cas pour éviter que ne soit introduite une législation pro avortement dans leurs pays. La dimension internationale de la lutte constitue l’une des raisons de notre confiance.

Nous désirons enfin exprimer notre confiance et notre conviction au travers d’un geste symbolique qui clôturera officiellement notre manifestation.

Je demande par suite aux amis d’Alfie, qui représentent tous ceux qui ont suivi avec tant d’appréhension et d’affection ce qui se passait à Liverpool, de monter sur le podium alors que je vous prie de rester encore quelques minutes sur la place.

Un remerciement chaleureux à tous et rendez-vous pour la prochaine Marche pour la Vie le 18 mai 2019.