Correspondance européenne | 352, Eglise catholique

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Eglise catholique: les attaques contre le Sacerdoce et les attaques contre l’Eucharistie

L’Eucharistie a toujours été la cible de prédilection de ceux qui haïssent l’Eglise. L’Eucharistie, il est vrai, résume l’Eglise. Comme le fait observer un théologien passioniste (Enrico Zoffoli, Eucarestia o nulla, Edizioni Segno, Udine 1994, p. 70), « elle est la synthèse de toutes les vérités révélées, elle est l’unique source de la Grâce, elle est l’anticipation de la béatitude, le récapitulatif de tous les prodiges de la Toute-Puissance » (Enrico Zoffoli, Eucarestia o nulla, Edizioni Segno, Udine 1994, p. 70).

Les attaques contre le Sacrement de l’Eucharistie auxquelles nous assistons actuellement avaient été prédites par la Sainte Vierge en 1917 à Fatima. La Cova da Iria la Vierge avait exhorté les trois pastoureaux à prier « Jésus Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé ».

Plus tôt encore, au printemps 1916, l’Ange était apparu aux enfants, tenant dans sa main gauche un calice et, au-dessus de lui, une Hostie. Il donna la sainte Hostie à Lucia, et donna le sang du calice à Jacinthe et Francesco, qui restaient agenouillés, leur disant en même temps : « Prenez et buvez le Corps et le Sang du Christ, horriblement outragé par des hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.» Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, dans sa Préface au beau livre de don Federico Bortoli, La distribuzione della Comunione sulla mano. Profili storici, giuridici e pastorali (Edizioni Cantagalli, Siena 2017) , affirme que cette apparition « nous indique comment nous-mêmes nous devons communier au Corps et au Sang de Jésus-Christ ».

D’après le Cardinal, « les outrages que Jésus reçoit dans la sainte Hostie » sont, avant tout: « les horribles profanations que d’anciens satanistes convertis  ont révélées et décrites dans des termes effroyables »; mais aussi : « les Communions sacrilèges, reçues hors de l’état de Grâce, ou par des personnes ne professant pas la foi catholique ».  Et encore : « Tout ce qui pourrait empêcher les fruits du Sacrement, surtout les erreurs inculquées aux fidèles de façon à ce qu’ils ne croient plus à l’Eucharistie ».

Mais l’attaque la plus insidieuse des attaques diaboliques consiste « dans le fait de chercher à éteindre la foi dans l’Eucharistie, en semant des erreurs et en favorisant un moyen non décent de La recevoir ; vraiment, la guerre entre Saint Michel et ses Anges d’une part, et Lucifer de l’autre, continue dans le cœur des fidèles : la cible de satan, c’est le Sacrifice de la Messe et la Présence réelle dans l’Hostie consacrée ». Cette attaque suit deux voies : la première étant « la réduction du concept de présence réelle”», en annihilant tout le sens du terme “transsubstantiation”.

La seconde étant « la tentative d’arracher du cœur des fidèles le sens du sacré ». C’est ainsi que le cardinal Sarah poursuit : « Tandis que le terme “transsubstantiation” nous indique la réalité de la Présence, le sens du sacré nous en fait entrevoir sa spécificité absolue et sa sainteté. Quel malheur ce serait de perdre le sens du Sacré dans ce qui est précisément ce qu’il y a de plus sacré! Et comment cela advient-il? En recevant cette nourriture sublime comme si c’était une nourriture ordinaire ».

Suit une mise en garde : « Qu’aucun prêtre n’ose prétendre d’imposer son autorité sur cette question en refusant ou en traitant mal ceux qui désirent recevoir la Communion à genoux et sur la langue : allons communier comme des enfants et recevons humblement à genoux le Corps du Christ ».  

Les observations du cardinal Sarah sont certes fort justes. Mais il convient de les replacer dans un processus de sécularisation de la liturgie dont l’origine réside dans le Novus Ordo Missae équivoque de Paul VI, en date du 3 avril 1969, dont nous marquerons l’année prochaine le funeste cinquantenaire.

Cette réforme liturgique, comme l’écrivaient les cardinaux Ottaviani et Bacci, dans leur étude “Bref examen critique” (Breve esame critico), a représenté « tant globalement que dans ses détails, un éloignement impressionnant par rapport à la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle avait été formulée lors de la XXIIème Session du Concile de Trente ». La théologie traditionnelle de la Messe a été remplacée une nouvelle, qui a supprimé la notion de sacrifice et qui, dans la pratique, a neutralisé la foi dans l’Eucharistie.

Par ailleurs, l’ouverture de la Communion aux divorcés remariés, encouragée par l’Exhortation Amoris laetitia, et l’intercommunion avec les protestants, voulue par de nombreux évêques, ne sont rien d‘autre que des outrages à l’Eucharistie.

Le prêtre bolognais don Alfredo Morselli a bien illustré les racines théologiques qui relient l’Amoris laetitia et l’intercommunion avec les chrétiens évangéliques (https://cooperatores-veritatis.org/2018/05/06/in-principio-era-lazione-il-legame-tra-amoris-laetitia-e-lintercomunione-con-gli-evangelici/).

Ajoutons que l’attaque à l’Eucharistie est aujourd’hui devenue une attaque à l’Ordre Sacré, à cause du lien étroit qui unit les deux sacrements. La constitution visible de l’Eglise est fondée sur l’Ordre, le sacrement qui fait du baptisé un membre du sacerdoce du Christ ; le sacerdoce s’exerce principalement dans l’offrande du Sacrifice eucharistique qui exige le prodige de la Transsubstantiation, qui est le dogme central de la foi catholique.

Si la présence du Christ au Tabernacle n’est pas réelle et substantielle et si la Messe se réduit à un simple mémorial, ou à un symbole de ce qui s’est déroulé sur le Calvaire, il n’y a pas besoin de prêtres qui offrent le sacrifice. Et attendu que dans l’Eglise la hiérarchie est basée sur le sacerdoce, on n’a pas besoin de la constitution de l’Eglise ni de son Magistère. C’est dans ce sens que l’admission à l’Eucharistie des divorcés remariés et des protestants est liée à la possibilité de conférer le sacerdoce à des laïcs mariés et de conférer les ordres sacrés mineurs aux femmes. L’attaque à l’Eucharistie et une attaque contre le Sacerdoce.

Rien n’est plus grand, plus beau, plus bouleversant que la miséricorde de Dieu pour l’homme pécheur. Ce cœur qui a tant aimé les hommes, par l’intercession du Cœur Immaculée de Marie, auquel il est indissociablement lié, veut nous amener à jouir de la béatitude éternelle au Paradis. Et personne, même le pécheur le plus endurci, ne peut douter de cet amour rédempteur.

Voilà pourquoi nous ne devons jamais perdre la foi en Dieu. Nous devons la conserver jusqu’à la fin de notre vie. Parce que personne n’a jamais été trompé par cette confiance ardente. Notre Seigneur  ne nous trompe pas. Mais nous, nous pouvons essayer de Le tromper. Et nous pouvons nous tromper nous-mêmes. Il n’est pas plus grand leurre que de faire croire qu’il est possible de se sauver sans se repentir de ses péchés et sans professer la foi catholique.

Celui qui pèche, ou qui vit dans le péché, parvient à se sauver s’il se repentit. En revanche, s’il prétend tromper Dieu, il ne peut se sauver. Ce n’est pas Dieu qui le condamne ; c’est lui-même qui, en recevant les sacrements de manière indigne, mange et boit la nourriture de sa propre condamnation. C’est ce que Saint Paul explique aux Corinthiens à qui il adresse ces paroles graves: « Celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même avant de manger, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice; car celui qui mange et boit [indignement], sans discerner le Corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement » (1 Cor. 11, 27-29). Saint Paul constatait du reste que, dans l’église de Corinthe, nombreux étaient les cas de personnes qui, suite à des communions sacrilèges, tombaient mystérieusement malades et mouraient (1 Cor. 11, 30).

Le sort de ceux qui ne s’approchent pas des Sacrements parce qu’ils s’obstinent à vivre dans le péché est bien triste. Et plus triste encore est le sort de ceux qui reçoivent de manière sacrilège les Sacrements, sans être en état de Grâce devant Dieu. Mais plus grave encore est le péché de ceux qui encouragent les fidèles à recevoir la Communion en état de péché et qui leur administre illicitement l’Eucharistie.

Ce sont là les outrages qui blessent et transpercent le plus profondément le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. Ce sont ces péchés qui exigent notre réparation, notre présence devant le Tabernacle, notre défense de l’Eucharistie contre tous les types de profanateurs. En agissant ainsi nous assurerons notre salut et celui de notre prochain ; et nous accélérerons l’avènement du Royaume de Jésus et de Marie dans la société. Qui ne tardera pas à s’instaurer sur les décombres du monde moderne. (Roberto de Mattei)