Correspondance européenne | 367, Italie

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Discours final à la Marche pour la Vie

Nous publions le discours de Virginia Coda Nunziante, présidente de la Marche pour la Vie, à la fin de la journée qui a eu lieu à Rome le 18 mai dernier.

Chers amis,

Chers amis,
Je vous remercie, vous toutes et tous, pour le spectacle extraordinaire que vous nous offrez aujourd’hui.

La Marche pour la Vie grandit. Le nombre des participants grandit : sans entrer dans la valse des chiffres, nous savons que nous sommes plus que les années précédentes.
L’impact national et international de la Marche pour la Vie grandit, comme en témoignent les messages vidéo que nous avons reçus: la plus grande chaîne catholique américaine EWTN est en train de retransmettre notre Marche partout dans le monde.

Mais ce qui grandit surtout, c’est notre conscience de mener une grande bataille morale et civile, c’est notre détermination à ne pas battre en retraite, à n’accepter aucun compromis, car aucun compromis n’est possible concernant la vie humaine innocente. On ne peut accepter que ne serait-ce qu’un seul un enfant soit arraché par la violence hors du ventre de sa mère. Or c’est ce que l’on cautionne quand on accepte une loi qui prévoit l’avortement.

Nous voulons abroger cette loi. Il est clair que cet objectif va demander du temps. Mais dès maintenant nous commençons à démonter pièce par pièce cette loi.
Et le premier élément à démanteler est celui du financement actuel : il n’est pas acceptable que chaque année, pour tuer nos enfants dans les hôpitaux, soient dépensés entre 200 et 300 millions d’euros. Quand on a une sécurité sociale en profond déficit : et cela, chacun d’entre nous en a fait l’expérience : à l’occasion d’une consultation aux Urgences, d’une échographie, d’un contrôle … si vous voulez une intervention rapide, pour chaque acte il faut payer.

Car les délais de consultations sont kilométriques. On pourrait faire une liste, -et elle serait très longue-, des choses qui ne vont pas dans les établissements de la Santé Publique. Et pourtant : si une femme décide d’avorter, elle est immédiatement hospitalisée et tout fonctionne, tout lui est payé. Comment est-il possible que si vous voulez avorter, on vous déroule un tapis rouge, tout est facile, tout est organisé. Mais si vous voulez mener à terme votre grossesse, vous devez affronter un parcours jonché d’obstacles et qui vous coûtera particulièrement cher ?

Bien entendu, nous sommes ici parce que nous sommes en faveur de la vie, parce que nous aimons la vie, parce que la vie est un don précieux que nous tous ici avons reçu parce qu’il nous a été donné par Dieu et parce que nous avions des parents qui aimaient la vie. Mais nous sommes ici aujourd’hui aussi pour manifester contre les lois injustes, contre les lois qui tuent des innocents, qui tuent des personnes qui ne peuvent pas réagir, qui ne peuvent pas se défendre.

Nous avons devant nous un mouvement idéologique organisé, qui prêche et qui pratique la culture de la mort. Qui, après avoir introduit l’avortement, veut à présent passer à l’infanticide et à l’euthanasie. Il y a 40 ans, on justifiait l’avortement en disant que cet embryon qui s’était développé dans le ventre de la mère n’était pas un être humain, que c’était simplement un caillot indistinct de cellules, sans âme, sans identité humaine.

Les progrès de la science ont démontré que, dès le tout premier moment de la conception, cet être humain a sa propre identité, il porte en lui des caractéristiques qui sont uniques et inimitables : c’est un homme.

Les avorteurs qui ont voulu l’introduction de la loi 194 en Italie mentaient quand ils niaient l’identité humaine du fœtus ; et qu’il s’agit bien là d’un mensonge délibéré est démontré par le fait que si hier ils demandaient la suppression de cet embryon, ils demandent aujourd’hui le massacre de l’être humain jusqu’à neuf mois, quand il est parfaitement formé et même plus tard. Hier, ils disaient que l’avortement était légal parce qu’il ne supprimait pas un homme ; aujourd’hui, ils disent qu’un homme peut être supprimé pour les intérêts de la communauté, en répétant le raisonnement de Caïphe : «Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas». Voilà le raisonnement par lequel l’euthanasie active est justifiée : les personnes âgées sont inutiles, elles sont un poids pour la collectivité : «Il vaut mieux que ce soit l’un d’entre eux qui périsse, plutôt que la nation tout entière».

Nous, nous rejetons ce sophisme de Caïphe avec toute notre force ; et nous avons devant nos yeux l’Agneau innocent, Notre Seigneur Jésus-Christ, injustement condamné et immolé. Dans ce cas également, il ne s’est trouvé personne pour le défendre. Pierre lui-même s’est esquivé.

La force des Marches pour la Vie, en Italie et dans le monde, ne réside pas dans le nombre de participants : ni dans l’importance des témoins, ni dans l’impact médiatique de cette initiative. Elle réside dans la cohérence, dans la persévérance avec lesquelles nous sommes depuis neuf ans en Italie, nous transmettons un message de défense de la vie humaine innocente, de refus de l’avortement, sans exceptions et sans compromis.

En Argentine, comme vous l’avez entendu dire, un grand mouvement anti-avortement est en train de se développer. Au Brésil, le nouveau gouvernement a bloqué toutes les demandes de légalisation de l’avortement. Aux États-Unis, une loi très restrictive vient d’être adoptée en Alabama, qui interdit presque totalement l’avortement. Et d’autres États sont en train de prendre la même direction. Il ne fait aucun doute que cela est dû à la constance, à la persévérance avec laquelle chaque année des centaines de milliers d’Américains sont descendus dans les rues pour protester contre la loi Roe/Wade. Eh bien, nous aussi nous devons faire la même chose. Année après année, nous devons continuer à descendre dans la rue. Nous devons avoir en tête l’objectif bien clair que la loi 194 doit être abolie dans son intégralité, tout comme aux États-Unis, ils veulent abolir Roe/Wade.

Cela montre que le processus historique n’est pas irréversible, car l’histoire est faite par la libre volonté des hommes et l’intervention de Dieu.

Nous sommes ici pour manifester en tant que citoyens italiens qui aiment leur pays et qui savent qu’un État qui autorise des lois qui tuent leurs enfants détruit l’avenir de sa propre nation. L’Italie a toujours été considérée comme le berceau de la vie, des familles nombreuses. Beaucoup d’étrangers le constatent : on ne voit plus d’enfants en Italie, on y voit des personnes de plus en plus âgées. En fait, la joie de vivre qui caractérisait notre pays est en train de disparaître.

Mais en plus d’être des citoyens italiens, la plupart d’entre nous sont également catholiques et en sont fiers. Nous devons désirer une société qui respecte la loi naturelle et la loi divine et nous devons aimer une société qui reconnaît la Royauté sociale du Christ parce que c’est là le but ultime de notre action.

L’avortement piétine la loi divine et la loi naturelle. Comment pouvons-nous imaginer que l’aide de Dieu ferait défaut à ceux qui s’engagent généreusement à défendre la vie, tant matérielle que spirituelle, qui est le premier bien que Dieu nous a donné, celui dont dépendent tous les autres biens?

Nous avons une confiance immense que notre combat aboutira sur la victoire. C’est cette victoire que nous lisons dans les yeux de tant de jeunes et de moins jeunes qui ont marché avec nous aujourd’hui ; nous la lisons dans les yeux des enfants, qui représentent l’avenir ; et dans les yeux des personnes âgées, qui ne veulent pas répéter les erreurs du passé.

C’est cette victoire que nous lisons également dans les yeux des laïcs, des religieux, des groupes, des associations qui manifestent aujourd’hui. Nous formons à nous tous une seule et grande famille et nous refusons que quiconque tente de vouloir semer entre nous la division, l’éclatement. Nous sommes convaincus que l’union autour de la vérité constitue une force irrésistible : la force du bien qui avance et que rien ni personne ne pourra arrêter. Nous nous retrouverons donc le 23 mai 2020!