Correspondance européenne | 372

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Australie: approuvées des lois “anti-confessional”

Les États de Victoria et de Tasmanie, en Australie, agissent en quelque sorte comme des pionniers: par la loi, ils voulent forcer les prêtres à violer le secret confessionnel. En fait, les règles ont déjà été approuvées, ce qui impose aux prêtres l’obligation civile de signaler les infractions de maltraitance d’enfants, appris dans l’exercice de leur ministère, pendant le sacrement de la pénitence. La menace, pour ceux qui veulent désobéir, est de les jeter en prison pour trois ans.

Ces lois sont en contraste avec le Code de droit canonique, dans lequel il est explicitement expliqué: « Le secret sacramentel est inviolable; c’est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit. (…) L’ utilisation des connaissances acquises en confession qui porte préjudice au pénitent est absolument défendue au confesseur, même di tout risque d’indiscrétion est exclu » (can. 983-984). Et encore: « Le confesseur qui viole directement le secret sacramentel encourt l’excommunication latæ sententiæ réservée au Siège Apostolique; celui qui le viole d’une manière seulement indirecte sera puni selon la gravité du délit » (can. 1388).

Dans le même sens, le Code des Canons des Églises orientales: « Le confesseur qui a violé directement le sceau du secret sacramentel sera puni de l’excommunication majeure; s’il a brisé d’une autre manière ce sceau du secret, il sera puni d’une peine adéquate » (can. 1456). Mais ici, il est précisé comment les dispositions canoniques touchent également les personnes qui utilisent les informations obtenues illégalement: « Celui qui a tenté de quelque manière que ce soit d’avoir des renseignements provenant de la confession ou a transmis à d’autres ceux qu’il possédait déjà, sera puni de l’excommunication mineure ou de suspense».

Pourquoi tant de rigueur? Cela est bien expliqué par le Catéchisme de l’Église catholique au n. 1467: « Étant donnée la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, l’Église déclare que tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères. Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents ».

Concept récemment réaffirmé, le 29 juin dernier, dans une note de la Pénitencerie apostolique sur l’importance du forum interne et l’inviolabilité du sceau sacramentel: « Le prêtre, en effet, prend connaissance des péchés du pénitent «non ut homo, sed ut Deus – non en tant qu’homme, mais en tant que Dieu», au point qu’il «ignore» simplement ce qui lui a été dit en confession, parce qu’il ne l’a pas écouté en tant qu’homme, mais précisément au nom de Dieu. Le confesseur pourrait même «jurer», sans aucun préjudice pour sa conscience, «ne pas savoir» ce qu’il sait seulement en tant que ministre de Dieu. Par sa nature particulière, le sceau sacramentel va jusqu’à lier le confesseur également «intérieurement», au point qu’il lui est interdit de se souvenir volontairement de la confession et qu’il est tenu d’en écarter tout souvenir involontaire ».

En vertu de tout cela, loi ou pas loi, Mgr. Julian Charles Porteous, archevêque de Hobart, diocèse de Tasmanie, a déjà averti ses prêtres: aucun d’entre eux ne peut violer le secret confessionnel, indépendamment de ce que prévoient les lois civiles. « En tant qu’archevêque – a-t-il dit – il est de mon devoir de défendre l’enseignement catholique sur le sujet ».

Absolument sacrilèges, préjudiciables à ces règles et à la liberté de religion, les motifs invoqués par l’exécutif australien pour justifier l’injustifiable: « Le plus important est d’envoyer un message, c’est-à-dire que la loi doit être prise au sérieux et qu’il y aura des sanctions significatives pour ceux qui n’obéissent pas », a déclaré le Premier ministre de Victoria, Daniel Andrews.

La réalité est différente et est bien indiquée dans la note susmentionnée de la Pénitencerie apostolique, dans laquelle nous lisons encore: « La défense du sceau sacramentel et la sainteté de la confession ne pourront jamais constituer une quelconque forme de connivence avec le mal, mais représentent, au contraire, le seul véritable antidote au mal qui menace l’homme et le monde entier; ils sont la réelle possibilité de s’abandonner à l’amour de Dieu, de se laisser convertir et transformer par cet amour, en apprenant à y correspondre concrètement dans sa propre vie. En présence de péchés comprenant des cas de délits, il n’est jamais permis de mettre comme condition à l’absolution, l’obligation de se rendre à la justice civile, en vertu du principe naturel, accepté dans toutes les législations, selon lequel «nemo tenetur se detegere». Dans le même temps, toutefois, la sincère contrition, ainsi que la ferme intention de s’amender et de ne pas réitérer le mal commis, appartiennent à la «structure» même du sacrement de Réconciliation, comme condition de validité ». La note fait également référence explicitement à des dispositions telles que celles approuvées en Australie: « Toute action politique ou initiative législative visant à «forcer» l’inviolabilité du sceau sacramentel serait une atteinte inacceptable à la libertas Ecclesiæ, qui ne reçoit pas sa légitimité des Etats, mais de Dieu; ce serait également une violation de la liberté religieuse, qui fonde juridiquement toute autre liberté, y compris la liberté de conscience des citoyens, qu’ils soient pénitents ou confesseurs ». L’impression est que l’objectif en est un autre, comme l’a souligné Mgr Porteous: « La réalité est que les Saints, qui ont donné leur vie pour défendre le sceau sacramentel, savaient que n’importe les raisons données par le gouvernement ou les intentions toute nobles qu’elles puissent être, briser le secret du confessionnal serait la fin du sacrement ». Et ceci est le vrai enjeu. (Mauro Faverzani)