Correspondance européenne | 378, Eglise catholique

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Les 5 impostures pseudo-synodales du « chemin » allemand

La manifestation Acies Ordinata du 18 janvier 2020 a été suivie par une conférence de presse dans la Literaturhaus de Munich. Voici l’intervention de M. José Antonio Ureta.

Le « chemin synodal » entrepris par la Conférence des évêques d’Allemagne s’écarte radicalement du modèle traditionnel de synode et, s’il n’est point arrêté à temps, aboutira à un schisme. En effet, ledit « chemin synodal » est entrepris sur la base des 5 impostures :

1. Une imposture théologique

Les buts d’un synode diocésain étant purement pastoraux et disciplinaires, les questions de foi sont exclues de sa compétence, de même que les questions disciplinaires qui dépassent le cadre diocésain. Or, les quatre forums qui ont été créés pour préparer l’événement (pouvoir dans l’Église ; célibat sacerdotal ; morale sexuelle ; et accès des femmes aux ministères) abordent exclusivement ces deux types de questions interdites. En plus, les propositions avancées dans ces matières sont pour la plupart hérétiques et le prétexte allégué – être à l’écoute de ce que l’Esprit dit à l’Église à travers la communauté – est-il aussi hérétique, dans la mesure où il suggère que la Révélation divine s’exprime et évolue par le biais des vicissitudes humaines.

2. Une imposture ecclésiologique

Les évêques ont reçu avec l’ordination et la nomination le pouvoir de sanctifier, d’enseigner et de gouverner. En tant que maîtres, ils doivent être non seulement des témoins, mais aussi des juges de la vérité révélée, fonction qu’ils ne peuvent déléguer à personne lorsqu’il surgit des controverses. En tant que pasteurs, ils ont un pouvoir ordinaire, propre et direct sur leur troupeau, y compris le pouvoir législatif, qu’ils doivent exercer de façon personnelle et exclusive, sans qu’il leur soit permis de « légiférer avec d’autres personnes, organes ou assemblées diocésaines » (Congrégation pour les évêques et Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Instruction sur les synodes diocésains, Appendice). Le rôle des membres du synode est donc purement « consultatif » (CIC 1983, cann. 466 et 467) et cela d’autant plus si ces membres sont de simples fidèles laïcs.

Contrariant ce caractère hiérarchique de l’Église, le « chemin synodal » allemand associe sur un pied d’égalité la Conférence des évêques d’Allemagne et le Comité central des catholiques allemands (ZdK), lequel a obtenu une coresponsabilité dans le déroulement et le résultat du processus. Le caractère démocratique de l’évènement est accentué par le fait que :

  • l’assemblée synodale, organe suprême qui prendra toutes les décisions, sera composée, à ce jour, d’une majorité de 122 laïcs (dont une majorité de 70 femmes) sur seulement 105 clercs (dont 69 évêques, 32 prêtres et 4 diacres) ;

  • la présidence synodale sera cogéré à égalité par les présidents et vice-présidents de la Conférence épiscopale et le Comité central des laïcs ;

  • les forums préparatoires seront composés à égalité par 10 membres désignés par chacun de ces deux organismes.

Bref, la « synodalité » n’est qu’une étiquette frauduleuse pour aboutir à une démocratisation radicale de l’Église.

3. Une imposture sociologique

Le « chemin synodal » germanique présume que Comité central des catholiques allemands est un organisme représentatif de ces derniers. Il se trouve, au contraire, que le ZdK est une espèce de parlement dont presque 2/3 des membres sont des délégués d’associations catholiques qui ne représentent pas les catholiques ordinaires qui vont à la messe le dimanche, mais ce qu’on appelle le “Räte und Verbandskatholizismus”, une sorte de nomenklatura d’apparatchiks issus d’organismes militants d’orientation progressiste.

4. Une imposture méthodologique

Le « chemin synodal » prend comme prétexte le rapport MHG (ainsi appelé parce qu’il a été rédigé par des chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen) sur les abus sexuels commis en Allemagne par des membres du clergé. Contrariant l’évidence des faits et d’autres études qui pointent vers le relâchement moral et l’effondrement de la théologie morale comme principaux responsables, ce rapport accuse gratuitement comme « caractéristiques à risques » la structure de pouvoir de l’Église, le caractère sacré du ministère sacerdotal et la morale sexuelle catholique, et notamment sa condamnation de l’homosexualité. En d’autres mots, le « chemin synodal » considère dès son départ comme prémisses indiscutables les conclusions mêmes auxquelles il prétend arriver.

5. Une imposture humaine

Depuis cinquante ans, le courant prédominant de la Conférence épiscopale germanique cherche à infiltrer dans l’Église catholique les hérésies soutenues par les têtes de file de la Théologie néo moderniste allemande. Au lieu de les assumer avec transparence, les évêques allemands se cachent derrière les laïcs et, sous prétexte de « synodalité », veulent que ceux-ci qui portent la responsabilité de la rupture avec la vérité du Christ par la nouvelle église schismatique qu’ils essaient de fonder sur les pas de Luther.

Mais le Cardinal Marx et ses compères se trompent carrément : les forces vives de l’Église catholique en Allemagne et les vrais catholiques du monde entier ne sont pas dupes sur leurs intentions et sauront demeurer fidèles à Notre-Seigneur Jésus-Christ et à son Église et cela même si les conclusions du « chemin synodal » allemand obtiennent l’approbation du Pape François.

L’Église appartient au Christ et non pas à son Vicaire. La synodalité de l’Église s’accomplit lorsque pasteurs et fidèles marchent ensemble à la suite du Bon Pasteur, en suivant ses enseignements, et non pas en les dénaturant à la suite des vents capricieux du Zeitgeist.