Correspondance européenne | 378, Eglise catholique

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Une église catholique-romaine ou une église germano-amazonienne?

La manifestation Acies Ordinata qui a eu lieu à Munich le 18 janvier dernier a eu une portée historique car elle a réussi à secouer un certain monde catholique allemand d’une attitude de résignation dans laquelle il était plongé face au pouvoir écrasant de la Conférence épiscopale, dirigée par le cardinal Reinhard Marx. Les médias les plus importants en ont parlé, en partie à cause de la première apparition publique de l’archevêque Carlo Maria Viganò qui, à côté des manifestants, a voulu soutenir l’initiative par sa présence et sa prière.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la manifestation, de fortes accusations ont été portées contre le “chemin synodal” entrepris par les évêques allemands. Les fidèles, a déclaré Michael Matt, rédacteur en chef de The Remnant, ne peuvent pas laisser le «projet» des évêques allemands réussir, car «la dernière chose dont le monde a besoin aujourd’hui est une plus grande rébellion au sein de l’Église catholique qui a été détruite au cours des cinquante dernières années».

«C’est à nous – a déclaré Alexander Tschugguel, le jeune homme qui a jeté les idoles de Pachamama dans le Tibre – de décider maintenant combien de mauvaises voies l’Église doit quitter, combien doivent encore être détruites avant que nous puissions trouver le chemin du retour à la vérité, à la doctrine et à la tradition ».

La journaliste française Jeanne Smits a défendu le juste rôle des femmes dans l’Église, bouleversé par les évêques allemands, tandis que dans son discours, José Antonio Ureta, directeur de l’Association Tradition Famille Propriété, a énuméré les cinq aspects du “chemin synodal”. John-Henry Westen, directeur du site américain LifeSiteNews, a accusé le cardinal Marx d’être un faux prophète et le prof. Roberto de Mattei, président de la Fondation Lépante, a appelé les catholiques allemands à refuser de payer la Kirchensteuer, la taxe ecclésiastique, imposée obligatoirement aux Allemands, sous peine d’excommunication. Le résultat du “chemin synodal” commencé à Munich par le cardinal Marx – ont déclaré les participants – est la séparation des évêques allemands de l’Église catholique romaine, à laquelle Acies Ordinata à exprimé sa loyauté avec le chant collectif du Credo devant la Theatinenkirche au coeur de la capitale bavaroise.

Il est significatif que, trois jours après la manifestation de Acies Ordinata, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a lancé une attaque contre la religion germano-amazonienne de Pachamama, professée par beaucoup de ses confrères, l’opposant à la foi catholique Romain, dont le martyr de sainte Agnès représente un modèle. «A Rome, les premiers chrétiens avaient atteint la liberté de foi en un seul Dieu, sacrifiant leur vie dans la lutte contre une puissance païenne presque invincible. (…) Ne tombant pas dans les anciennes formes d’adoration des idoles futiles et de leurs images et statues en bois, pierre et métal, nous suivrons leur exemple (…). En fait, la foi dans les dieux et les démons et l’invocation des éléments par les chamans obscurcit la vérité du salut et donc le fait que c’est par Jésus que nous sommes affranchis “de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu” (Rm 8, 21). Avec le sang de sa jeune vie, sainte Agnès a témoigné le Christ, le Fils de Dieu et le seul Sauveur du monde. Et donc elle nous encourage aussi ici à Rome et en Europe à professer notre foi catholique publiquement et sans avoir peur des hommes. La foi des apôtres Pierre et Paul est la racine de la culture qui, depuis Rome et l’Italie, a atteint toute l’Europe, lui donnant son identité chrétienne». (Emmanuele Barbieri)