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La conversion des musulmans au catholicisme

Voilà bientôt quarante ans, aux grandes heures du socialisme triomphant, François Mitterrand affirmait que l’immigration massive était « une chance pour la France. »

Quatre décennies plus tard, confrontés à des vagues migratoires devenues incontrôlables, aux revendications identitaires de plus en plus agressives, à l’insécurité, au terrorisme, les Français pourraient se souvenir de cette affirmation avec une certaine amertume et beaucoup d’ironie. Pourtant, en lisant l’ouvrage que publie Jean-François Chemain, Ils ont choisi le Christ (Artège, 165 pages, 14,90 €), il est permis de se demander si le défunt président de la République n’a pas prophétisé sans le savoir.

Le sujet est tabou : ni les gouvernements successifs ni l’Église n’en parlent, de sorte que le phénomène, privé de toute visibilité, semble ne pas exister, mais, quoique très difficile à comptabiliser, il est réel. Chaque année, en Europe, et d’abord en France, de nombreux musulmans demandent le baptême. Bizarrement, alors que les médias parlent d’abondance des Français convertis à l’Islam, il n’est presque jamais question de ceux et celles qui font la démarche inverse.

À ce silence qui les entoure, Jean-François Chemain, qui travaille au sein d’une association d’aide aux convertis, trouve plusieurs raisons : la menace de mort, très réelle, même dans nos pays, qui pèse sur les apostats, et incite, sauf exceptions, ces nouveaux chrétiens à la discrétion ; la gêne des autorités catholiques, engagées dans le dialogue œcuménique, qui estiment condamnable tout prosélytisme ; enfin le peu de sympathie éprouvée par les autorités envers des étrangers qui, convertis, révèlent un amour de la France et du Christ pareillement en rupture avec « les valeurs républicaines » … Mieux vaut donc faire comme si de rien n’était.

Cette conspiration du silence, cette lâcheté ecclésiale qui se pare du masque de la tolérance, sont cependant combattues par un phénomène déjà signalé par Origène au IIIe siècle mais que l’Église n’avait pas vu se renouveler depuis ses commencements : l’intervention divine directe et fréquente auprès de certaines âmes amenant, par le biais de ce qu’il faut bien appeler des miracles et des apparitions, à des conversions fulgurantes. Les prêtres engagés dans l’évangélisation des musulmans racontent en faire souvent l’expérience et voir arriver des gens auxquels le Christ ou Notre-Dame se sont manifestés pour leur révéler la foi catholique.

Il faudrait s’interroger, Jean-François Chemain n’y manque pas, sur ces interventions directes du Ciel auprès d’âmes animées d’une soif ardente de Dieu et de la Vérité, qui, dans un pays chrétien, ne trouvent pas à se désaltérer. Au sein de son association d’aide aux convertis, il en a rencontré par dizaines, venus de tout le monde musulman qui lui ont raconté comment, un jour, une nuit, dans un moment de profonde détresse ou d’angoisse, de grande souffrance ou de doute douloureux, le Christ s’est révélé à eux, leur communiquant parfois instantanément des connaissances et des lumières propres à faire d’eux des chrétiens. Il conviendrait d’admirer la bonté de Dieu et Sa Providence, et d’achever le travail commencé en accueillant ces gens, mais, et c’est là le plus scandaleux, la majorité d’entre eux, quand ils frappent à la porte de l’église la plus proche, n’y sont pas bien reçus, voire immédiatement éconduits.

Jean-François Chemain propose un florilège navrant de ces réactions du clergé et de l’épiscopat : « ceux qui évangélisent les musulmans sont des assassins ! » ; « si un musulman venait me faire part de sa volonté sincère de demander le baptême, je l’inciterai à faire son salut dans l’Islam. » ; « vous allez faire l’erreur de votre vie ! » ; « vous me décevez » …

L’étonnant est que la majorité, en dépit des pressions, menaces, brimades, ruptures familiales et sociales qu’ils savent les attendre, ne renoncent pas. Certains, en particulier les femmes, le paient de leur vie, égorgées par un époux ou un père qui n’a pas supporté leur conversion, martyres occultés sous l’appellation de « féminicides » ou « drame familial ».

Quelques-uns se tournent vers les évangélistes, qui baptisent à tout va, y compris des gens qui se sentaient, et se sentent toujours, puisque beaucoup reviennent, attirés par le catholicisme. D’autres, enfin, trouvent dans les paroisses traditionalistes ou charismatiques l’accueil, l’appui, la compréhension dont ils ont besoin. Car, et c’est là une autre raison du recul de certains milieux ecclésiastiques, les musulmans qui se convertissent ne veulent pas d’une religion « horizontale » et sont spontanément portés vers la liturgie tridentine et son sens du sacré.

Tout comme ils sont saisis d’un amour débordant pour la France catholique et royale, qu’ils regardent comme leur patrie spirituelle, pour laquelle ils donneraient leur vie, ce qui les conduit à refuser tout ce qui lui porte atteinte au plan politique.

À l’un de ses anciens coreligionnaires, qui lui faisait remarquer avec mépris que « les églises de France sont vides », Tarek, fondateur de l’association SOS églises de France, a répondu : « elles ne le sont pas toutes et, dans vingt ans, elles déborderont parce que nous, les convertis de l’Islam, nous les aurons remplies. »

Cette conviction, d’autres nouveaux catholiques la partagent, et prennent tous les risques pour qu’elle devienne réalité. Reste à les y aider, parce que la conversion des musulmans de France et d’Europe, que Dieu semble si manifestement vouloir, serait en effet, pour nos nations et le reste du monde, le début d’un renouveau inimaginable. (Anne Bernet)