Correspondance européenne | 386, Eglise catholique

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Église catholique: les péchés contre le Saint-Sacrement et la nécessité d’une croisade de réparation eucharistique

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie à Astana, a lancé une Croisade eucharistique en réparation pour les péchés commis contre le Très Saint Sacrement. Voici la traduction en français faite par Jeanne Smits.

JAMAIS, dans toute l’histoire de l’Eglise, il n’y a eu de moment où le sacrement de l’Eucharistie a été bafoué et outragé à un degré aussi alarmant et grave qu’au cours des cinq dernières décennies, en particulier depuis l’introduction officielle de la pratique de la communion dans la main, qui a reçu l’approbation du Pape en 1969. Ces abus sont en outre aggravés, par la pratique répandue dans de nombreux pays où des fidèles qui n’ont pas reçu le sacrement de Pénitence depuis de nombreuses années, reçoivent néanmoins régulièrement la sainte communion. Le summum des outrages vis-à-vis de la sainte Eucharistie est l’admission à la sainte communion de couples vivant dans un état public et objectif d’adultère, qui violent ainsi leurs liens sacramentels indissolubles et valides, comme c’est le cas des personnes dites « divorcées et remariées ». Cette admission est officiellement légalisée dans certaines régions par des normes spécifiques ; dans la région de Buenos Aires en Argentine, de telles normes ont même été approuvées par le Pape. À ces abus s’ajoute la pratique de l’admission officielle des conjoints protestants dans les mariages mixtes à la Sainte-Cène, par exemple dans certains diocèses en Allemagne.

Affirmer que le Seigneur ne souffre pas à cause des outrages commis contre Lui dans le sacrement de la sainte Eucharistie peut conduire à minimiser la gravité des atrocités commises. Certains disent : Dieu est offensé par l’outrage au Saint-Sacrement, mais le Seigneur ne souffre pas personnellement. Il s’agit là toutefois d’une vision trop étroite sur le plan théologique et spirituel. Bien que le Christ se trouve désormais dans son état glorieux, n’étant donc plus sujet à la souffrance d’une manière humaine, Il est néanmoins affecté et touché en son Sacré-Cœur par les abus et les outrages contre sa majesté divine et l’immensité de son amour dans le Saint-Sacrement. Notre Seigneur a confié à nombre de saints ses plaintes et sa douleur face aux sacrilèges et aux outrages par lesquels les hommes L’offensent. On peut comprendre cette vérité à partir des paroles adressées par Notre Seigneur à sainte Marguerite Marie Alacoque, comme le rapporte Pie XI dans son encyclique Miserentissimus Redemptor : « Dans ses apparitions à Marguerite-Marie, quand Il lui dévoilait son infinie charité, le Christ laissait en même temps percevoir comme une sorte de tristesse, en se plaignant des outrages si nombreux et si graves que Lui faisait subir l’ingratitude des hommes. Puissent les paroles qu’Il employait alors ne jamais s’effacer de l’âme des fidèles : “Voici ce Cœur – disait-Il – qui a tant aimé les hommes, qui les a comblés de tous les bienfaits, mais qui, en échange de son amour infini, non seulement ne reçoit pas de reconnaissance, mais ne recueille que l’oubli, la négligence et des injures, et cela parfois de la part de ceux-là même qui sont tenus de lui témoigner un amour spécial” » (n. 12).

Frère Michel de la Sainte Trinité a donné une explication théologique profonde du sens de la « souffrance » ou de la « tristesse » de Dieu à cause des offenses que les pécheurs commettent contre Lui : « Cette “souffrance”, cette “tristesse” du Père céleste, ou de Jésus depuis son Ascension, doivent être comprises de manière analogique. Elles ne sont pas subies passivement comme chez nous, mais au contraire librement voulues et choisies comme l’expression ultime de leur miséricorde envers les pécheurs appelés à la conversion. Elles ne sont qu’une manifestation de l’amour de Dieu pour les pécheurs, un amour souverainement libre et gratuit, et qui n’est pas irrévocable » (d’après Toute la vérité sur Fatima, vol. I, pp. 1311-1312).

Cette signification spirituelle analogique de la « tristesse » ou de la « souffrance » de Jésus dans le mystère eucharistique a été confirmée par les paroles de l’Ange lors de son apparition en 1916 aux enfants de Fatima et surtout par les paroles et l’exemple de la vie de saint Francisco Marto. Les enfants ont été invités par l’Ange à réparer les offenses faites à Jésus Eucharistie et à le consoler, comme on peut le lire dans les Mémoires de sœur Lucie : « Pendant que nous étions là, l’Ange nous apparut une troisième fois, tenant à la main un calice, et, au-dessus de celui-ci une Hostie, d’où tombaient dans le calice quelques gouttes de sang. Laissant le calice et l’Hostie suspendus en l’air, il se prosterna à terre, et répéta trois fois cette prière : “Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit…” Puis, se levant, il prit de nouveau le calice et me donna l’hostie, et donna à boire ce que contenait le calice à Jacinthe et à François, en disant en même temps : “Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu !” » (Mémoires de sœur Lucie, éd. Pierre Téqui).

Dans son récit de la troisième apparition du 13 juillet 1917, sœur Lucie a souligné comment François percevait le mystère de Dieu et la nécessité de le consoler à cause des offenses des pécheurs : « Ce qui l’a le plus impressionné [François] et l’a entièrement absorbé, c’est Dieu, la Très Sainte Trinité, perçu dans cette lumière qui a pénétré au plus profond de nos âmes. Il a dit ensuite : “Nous étions en feu dans cette lumière qui est Dieu, et pourtant nous n’avons pas été brûlés ! Qu’est-ce que Dieu ? Nous n’avons jamais pu le mettre en mots. Oui, c’est effectivement une chose que nous ne pourrons jamais exprimer ! Mais quel dommage qu’Il soit si triste ! Si seulement je pouvais Le consoler !” » (d’après les Mémoires de sœur Lucie).

Sœur Lucie a décrit comment François a perçu la nécessité de consoler Dieu, ayant compris qu’Il était « triste » à cause des péchés des hommes : « Un jour, je lui demandai :
– François, qu’est-ce que tu aimes le mieux : consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs afin qu’il n’y ait plus d’âmes à aller en enfer ?

– J’aime mieux consoler Notre-Seigneur. Tu n’as pas remarqué combien Notre-Dame, le mois dernier, est devenue triste lorsqu’Elle nous a dit qu’il ne fallait plus offenser Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ? Je voudrais consoler Notre-Seigneur et, ensuite, convertir les pécheurs afin qu’ils ne L’offensent plus » (d’après les Mémoires de sœur Lucie).

Dans ses prières et dans l’offrande de ses souffrances, saint Francisco Marto a donné la priorité à l’intention de « consoler Jésus caché », c’est-à-dire Jésus-Eucharistie. Sœur Lucie a rapporté ces paroles que François lui a dites : « Quand tu quittes l’école, va et reste un moment près de Jésus caché, et ensuite, rentre à la maison toute seule ». Lorsque Lucie a interrogé François sur ses souffrances, il lui a répondu : « Je souffre pour consoler Notre Seigneur. Je le fais d’abord pour consoler Notre Seigneur et Notre Dame, puis, ensuite, pour les pécheurs et pour le Saint-Père. (…) Plus que toute autre chose, je veux Le consoler » (d’après les Mémoires de sœur Lucie).

Jésus-Christ continue de façon mystérieuse sa Passion à Gethsémani à travers les âges dans le mystère de son Église et aussi dans le mystère eucharistique, le mystère de son immense Amour. Elle est bien connue, l’expression de Blaise Pascal : « Jésus est sera en agonie jusqu’à la fin du monde. Il ne faut pas dormir pendant ce temps‑là » (Pensées, n. 553). Le cardinal Karol Wojtyła nous a laissé une réflexion profonde sur le mystère des souffrances du Christ à Gethsémani, qui, en un certain sens, se poursuivent dans la vie de l’Église. Le cardinal Wojtyła a également parlé du devoir de l’Église de consoler le Christ : « Et maintenant l’Église cherche à recouvrer cette heure à Gethsémani – l’heure perdue par Pierre, Jacques et Jean – afin de remédier au manque de compagnie du Maître, qui a augmenté la souffrance de son âme. Le désir de recouvrer cette heure est devenu un besoin réel pour de nombreux cœurs, en particulier pour ceux qui vivent aussi pleinement que possible le mystère du cœur divin. Le Seigneur Jésus nous permet de Le rencontrer à cette heure-là, il nous invite à partager la prière de son cœur.  Face à toutes les épreuves que l’homme et l’Église doivent subir, il existe un besoin constant de retourner à Gethsémani et de prendre part ainsi à la prière du Christ, Notre Seigneur » (Le signe de contradiction, chapitre 17, « La prière à Gethsémani »).

Jésus-Christ n’est pas indifférent et insensible dans le mystère eucharistique au comportement que les hommes adoptent à son égard dans ce sacrement de l’amour. Le Christ est présent dans ce sacrement également avec son âme, qui est unie à sa Personne divine par l’union hypostatique. Le théologien romain Antonio Piolanti a présenté une solide explication théologique à cet égard. Même si le corps du Christ dans l’Eucharistie ne peut pas voir ni percevoir sensiblement ce qui se passe ou ce qui est dit dans le lieu de sa présence sacramentelle, le Christ dans l’Eucharistie « entend tout et voit avec une connaissance supérieure ». Piolanti cite alors le cardinal Franzelin : « La bienheureuse humanité du Christ voit toutes choses en elles-mêmes en vertu de l’abondante connaissance infuse due au Rédempteur de l’humanité, au Juge des vivants et des morts, au Premier-né de toute créature, au Centre de toute l’histoire céleste et terrestre. Tous ces trésors de la vision béatifique et de la connaissance infuse sont certainement dans l’âme du Christ, y compris dans la mesure où elle est présente dans l’Eucharistie. En plus de ces raisons, à un autre titre spécial, précisément parce que l’âme du Christ est formellement dans l’Eucharistie, et dans le même but que celui de l’institution du mystère, elle voit tous les cœurs des hommes, toutes les pensées et les affections, toutes les vertus et tous les péchés, tous les besoins de l’Église entière et de ses membres individuels, les travaux, les angoisses, les persécutions, les triomphes – en un mot, toute la vie interne et externe de l’Église, son Épouse, nourrie de sa chair et de son Précieux Sang. Ainsi, à un triple titre (si l’on peut dire), le Christ à l’état sacramentel voit et perçoit d’une certaine manière divine toutes les pensées et les affections, le culte, les hommages et aussi les insultes et les péchés de tous les hommes en général, de tous ses fidèles et de ses prêtres en particulier ; Il perçoit les hommages et les péchés qui se réfèrent directement à ce mystère ineffable de l’amour » (d’après De Eucharistia, pp. 199-200, cité dans Il Mistero Eucaristico, Firenze 1953, pp. 225-226).

L’un des plus grands apôtres de l’Eucharistie des temps modernes, saint Pierre Julien Eymard, nous a laissé ces profondes réflexions sur les affections de l’amour sacrificiel du Christ dans l’Eucharistie : « En instituant son Sacrement, Jésus a perpétué les sacrifices de sa Passion. (…) Il connaissait tous les nouveaux Judas ; Il les comptait parmi les siens, parmi ses enfants bien-aimés. Mais rien de tout cela ne pouvait l’arrêter ; Il voulait que Son amour aille plus loin que l’ingratitude et la malice de l’homme ; Il voulait dépasser la malice sacrilège de l’homme. Il connaissait d’avance la tiédeur de Ses disciples : Il connaissait la mienne ; Il savait le peu de fruits que nous tirerions de la sainte communion. Mais Il voulait aimer tout de même, aimer plus qu’Il n’était aimé, plus que l’homme ne pouvait rendre. Y a-t-il autre chose ? Mais n’est-ce rien d’avoir adopté cet état de mort alors qu’Il a la plénitude de la vie, une vie glorifiée et surnaturelle ? N’est-ce rien que d’être traité et considéré comme un mort ? Dans cet état de mort, Jésus est sans beauté, sans mouvement et sans défense ; Il est enveloppé dans les espèces sacrées comme dans un linceul et déposé dans le tabernacle comme dans un tombeau. Mais Il est là, Il voit tout et entend tout. Il se soumet à tout comme s’Il était mort. Son amour jette un voile sur sa puissance, sa gloire, ses mains, ses pieds, son beau visage et ses lèvres sacrées ; son amour a tout caché. Il ne Lui a laissé que son Cœur pour nous aimer et son état de victime pour intercéder en notre faveur » (d’après La présence réelle, 29. Le Très Saint Sacrement n’est pas aimé !, III).

Saint Pierre Julien Eymard a écrit cette profession, émouvante et quasi mystique, de l’amour eucharistique du Christ, avec un appel ardent à la réparation eucharistique : « Le Cœur qui a enduré les souffrances avec tant d’amour est ici, dans le Saint Sacrement ; il n’est pas mort, mais vivant et actif ; il n’est pas insensible, mais encore plus affectueux. Jésus ne peut plus souffrir, c’est vrai ; mais hélas ! l’homme peut encore être coupable envers Lui d’ingratitudes monstrueuses. Nous voyons les chrétiens mépriser Jésus dans le Très Saint Sacrement et faire preuve de mépris pour le Cœur qui les a tant aimés et qui se consume d’amour pour eux. Pour le mépriser librement, ils profitent du voile qui le cache. Ils l’insultent par leurs irrévérences, leurs pensées pécheresses et leurs regards criminels en sa présence. Pour exprimer leur mépris à son égard, ils se servent de sa patience, de la bonté qui souffre tout en silence, comme ce le firent les soldats impies de Caïphe, d’Hérode et de Pilate. Ils blasphèment de manière sacrilège contre le Dieu de l’Eucharistie. Ils savent que son amour le rend muet. Ils le crucifient même dans leurs âmes coupables. Ils le reçoivent. Ils osent prendre ce Cœur vivant et le lier à un cadavre immonde. Ils osent le livrer au diable qui est leur seigneur ! Non ! Jamais, même aux jours de sa Passion, Jésus n’a reçu autant d’humiliations que dans son Sacrement ! Pour Lui, la terre est un calvaire d’ignominie. Dans son agonie, il a cherché un consolateur ; sur la Croix, il a demandé quelqu’un pour compatir à ses afflictions. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons faire amende honorable au Cœur adorable de Jésus. Répandons en abondance nos adorations et notre amour sur l’Eucharistie. Au Cœur de Jésus vivant dans le Très Saint Sacrement, l’honneur, la louange, l’adoration et la puissance royale pour les siècles des siècles ! » (d’après La présence réelle, 43. Le Sacré-Cœur de Jésus, III).

Dans sa dernière encyclique Ecclesia de Eucharistia, le pape Jean-Paul II nous a laissé des exhortations lumineuses par lesquelles il a souligné l’extraordinaire sainteté du mystère eucharistique et le devoir des fidèles de traiter ce sacrement avec le plus grand respect et un amour ardent. De toutes ses exhortations, cette déclaration est la plus importante : « Il n’y a aucun risque d’exagération dans l’attention que l’on porte à ce Mystère, car “dans ce Sacrement se résume tout le mystère de notre salut” (Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, III, q. 83, a. 4c) » (n. 61).

Que l’Eglise établisse dans tous les diocèses du monde une « Journée annuelle de réparation des crimes contre la Très Sainte Eucharistie » serait une mesure pastoralement urgente et spirituellement fructueuse. Ce pourrait être le jour de l’octave de la Fête-Dieu. L’Esprit Saint donnera des grâces spéciales de renouveau à l’Église de notre temps là où – et seulement quand ce sera la cas – le Corps eucharistique du Christ sera adoré avec tous les honneurs divins, aimé, traité avec prévenance et défendu comme étant réellement le Saint des Saints. Saint Thomas d’Aquin dit dans l’hymne Sacris solemniis : « O Seigneur, visitez-nous dans la mesure où nous vous vénérons dans ce sacrement » (sic nos Tu visita, sicut Te colimus). Nous pouvons dire sans le moindre doute : « O Seigneur, vous visiterez votre Église en notre temps dans la mesure où la pratique moderne de la communion dans la main reculera et dans la mesure où nous vous offrirons des actes de réparation et d’amour ».

Dans l’actuelle « urgence de la pandémie COVID-19 », les horribles offenses à l’égard du Très Saint Sacrement ont encore augmenté. De nombreux diocèses à travers le monde ont imposé la communion dans la main, et dans ces lieux, le clergé, souvent de manière humiliante, refuse aux fidèles la possibilité de recevoir le Seigneur à genoux et sur la langue, faisant ainsi preuve d’un cléricalisme déplorable et affichant un comportement de néo-pélagiens rigides. En outre, dans certains endroits, l’adorable Corps eucharistique du Christ est distribué par le clergé et reçu par les fidèles avec des gants de ménage ou jetables. Le fait de toucher le Saint-Sacrement avec des gants conçus pour le traitement des ordures est un abus eucharistique inqualifiable.

Au vu des horribles mauvais traitements infligés à Jésus Eucharistie – continuellement piétiné à cause de la communion dans la main, au cours de laquelle de petits fragments de l’hostie tombent presque toujours sur le sol ; traité de manière minimaliste, privé de son caractère sacré, comme un biscuit, ou traité comme un déchet par l’utilisation de gants ménagers – aucun véritable évêque catholique, prêtre ou fidèle laïc ne peut rester indifférent et se contenter de rester passif.

Il faut lancer une croisade mondiale de réparation et de consolation du Seigneur eucharistique. Comme manière concrète d’offrir à Jésus Eucharistie des actes de réparation et de consolation dont Il a un besoin urgent, chaque catholique pourrait promettre de consacrer chaque mois au moins une heure complète à l’adoration eucharistique, soit devant le Saint Sacrement dans le tabernacle, soit devant le Saint Sacrement exposé dans l’ostensoir. La Sainte Écriture dit : « Là où le péché abonde, la grâce surabonde » (Rm. 5:20), et nous pouvons ajouter par analogie : « Là où les offenses à l’Eucharistie ont abondé, les actes de réparation surabonderont ».

Le jour où, dans toutes les églises du monde catholique, les fidèles recevront le Seigneur eucharistique, caché sous les espèces de la petite hostie sacrée, avec une foi véritable et un cœur pur, dans le geste biblique d’adoration (proskynesis), c’est-à-dire à genoux, et dans l’attitude d’un enfant, ouvrant la bouche et se laissant nourrir par le Christ lui-même dans un esprit d’humilité, alors sans aucun doute se rapprochera l’authentique printemps spirituel de l’Église. L’Église grandira dans la pureté de la foi catholique, dans le zèle missionnaire du salut des âmes et dans la sainteté du clergé et des fidèles. Le Seigneur visitera son Église en acte, avec ses grâces, dans la mesure où nous le vénérerons dans son ineffable sacrement d’amour (sic nos Tu visita, sicut Te colimus).

Dieu fasse que, grâce à la croisade eucharistique de réparation, le nombre d’adorateurs, d’amoureux, de défenseurs et de consolateurs de Jésus Eucharistie augmente. Que les deux petits apôtres eucharistiques de notre temps, saint Francisco Marto et le futur bienheureux Carlo Acutis (qui sera béatifié le 10 octobre 2020), ainsi que tous les saints de l’Eucharistie, soient les protecteurs de cette croisade eucharistique. Car voici, comme le rappelle saint Pierre Julien Eymard, la vérité irrévocable : « Un âge prospère ou décline en proportion de sa dévotion à l’Eucharistie. C’est la mesure de sa vie spirituelle, de sa foi, de sa charité et de sa vertu ».