Correspondance européenne | 387, États Unis

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États-Unis: La vie, la foi et le Christ au cœur de la Convention républicaine

Pendant la Convention démocrate, le candidat Joe Biden, qui, tout en aimant faire de sa posture une bannière de fiabilité et de foi, a gardé le silence sur les questions liées à la défense de la loi naturelle et de la liberté religieuse (en en parlant toutefois par les choix de son entourage), l’impudent Donald J. Trump a fait de la Convention républicaine un hymne à la vie.

Il suffit de dire que des personnalités comme Abby Jonson, l’une des militantes pro-vie les plus connues aux États-Unis, ou Sœur Dede Byrne, de la communauté des Petites Ouvrières du Sacré-Cœur de Jésus et de Marie, ont été invitées à prendre la parole au GOP (Great Old Party, nom donné au parti Républicain, ndt).

Cette dernière, diplômée en médecine de l’université de Georgetown, a servi dans l’armée pendant 29 ans comme chirurgien en Afghanistan et en Égypte avant de devenir religieuse parmi les malades en Haïti et en Afrique mais aussi à Wahsington DC. «Je peux parler de mon expérience de travail pour ceux qui fuient des pays déchirés par la guerre», a-t-elle expliqué, en précisant que «le plus grand groupe de personnes marginalisées au monde se trouve ici, aux États-Unis : ce sont les enfants à naître». Elle a ensuite appelé les chrétiens à la cohérence de la foi, car «en tant que disciples du Christ, nous sommes appelés à défendre la vie contre le politiquement correct… nous avons rencontré Jésus pour la première fois sous la forme d’un embryon bougeant dans un ventre». Et donc, ce que «j’ai à dire», a-t-elle poursuivi, «peut être difficile à entendre pour certains, mais je le dis parce que je ne suis pas seulement en faveur de la vie, je suis en faveur de la vie éternelle. Je veux que tout le monde aille au ciel un jour. C’est la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui. Donald Trump est le président le plus pro-vie que cette nation ait jamais eu» et «sa foi dans le caractère sacré de la vie transcende la politique», aussi « s’opposera-t-il à Biden-Harris (Kamala Harris, le candidat à la vice-présidence, ndlr), qui est la candidata à la présidence la plus pro-avortement de tous les temps, qui a même soutenu les horreurs de l’avortement et de l’infanticide en fin de grossesse». En revanche, «grâce à son courage et à sa conviction, le président Trump a gagné le soutien de la communauté pro-vie américaine».

Émue mais posée, la religieuse a serré chapelet en disant que «nous serons ici avec notre arme favorite, le chapelet. Merci, Monsieur le Président, nous prions tous pour vous».

Abby Jonson, ex-directrice d’une clinique d’avortement de Planned Parenthood, qui se bat aujourd’hui pour faire comprendre ce qu’elle a découvert seulement après avoir vu à l’intérieur d’un échographe ce qui arrive réellement au bébé pendant l’avortement, a clairement indiqué que les programmes de ces cliniques suivent les idées de Margaret Sanger « une raciste », ce n’est pas une coïncidence si «80 % des cliniques sont placées stratégiquement dans des quartiers où vivent des minorités ethniques».

Parlant du business de la mort, elle se souvient avoir vu « l’enfant se battre désespérément pour échapper à l’aspirateur (une procédure d’avortement, ndlr) ». Et puisque pour elle «l’avortement est réel… je connais aussi son odeur, je soutiens maintenant le président Trump, car il a fait plus pour les enfants à naître que tout autre président».

Puis, le discours de la jeune porte-parole de la Maison Blanche, Kayeigh McEnany, qui a voulu parler de la maladie génétique qui lui a valu une mastectomie en 2018, a été profondément émouvant : «J’avais peur, mais le lendemain, avec ma mère, mon père, mon mari et Jésus Christ à mes côtés», a-t-elle dit, «j’ai affronté l’opération». Une des premières personnes à l’appeler fut Trump, «que je n’avais vu que quelques fois à l’époque» et qui m’a également «appelé ce matin pour me dire qu’il était fier de moi pour avoir décidé de partager mon histoire».

Travaillant désormais avec lui, Kayeigh McEnany a rappelé l’engagement quotidien du président à écrire aux familles des soldats qui ont perdu la vie ou à ceux qui ont perdu leurs fils dans les combats de rue, «en s’intéressant chaque jour à des histoires comme la mienne». La femme a ensuite admis qu’elle avait accepté le rôle de porte-parole pour protéger sa petite fille, pour un avenir où «la vie est considérée comme sacrée, où Dieu est célébré et non retiré de nos écoles… de notre histoire».

Des références à la lutte pour la liberté religieuse sont apparues dans les discours de la petite-fille du chef religieux Billy Graham, de l’activiste chinois Chen Guangcheng et de Trump lui-même.

Cissie Graham a rappelé ce que l’administration Obama a fait contre «la liberté religieuse et la liberté de culte exercée même dans l’espace public». Les démocrates ont essayé de «forcer les organismes religieuses à payer pour l’avortement, de forcer les agences d’adoption à violer leurs croyances profondes (sur la famille composée d’un homme et d’une femme, ndlr)… en permettant aux hommes de faire des compétions [mixtes] avec les femmes et en utilisant leurs vestiaires».

Si Trump a pris des mesures pour «protéger la liberté religieuse… il est également le premier président à parler de l’importance de la liberté religieuse à l’ONU». Selon elle, une nouvelle présidence démocrate serait préjudiciable à ceux qui croient : «Pendant la pandémie… nous avons vu nos dirigeants (démocrates) essayer d’interdire les services religieux alors que les cliniques d’avortement étaient considérées comme des activités essentielles… ils nous forceront à choisir entre obéir à Dieu ou à César… dans la vision de Biden pour l’Amérique, il n’y a pas de place pour la liberté religieuse».

Guangcheng, persécuté par le Parti communiste chinois pour ses dénonciations et pour s’être opposé à des politiques comme celle de l’enfant unique, a expliqué en revanche que les pays doivent se rendre compte que le Parti communiste est «l’ennemi du monde» et qu’il «terrorise ses propres citoyens». Pour l’activiste, Trump est le premier à prendre des mesures sérieuses contre la Chine : «Nous avons besoin que d’autres nations se joignent à lui dans cette lutte», a-t-il conclu.

Enfin, Trump a voulu envoyer un message de la Maison Blanche aux manifestants en révolte, en invitant Jon Ponder, un ancien détenu noir qui s’est converti en prison grâce à l’agent qui l’a arrêté pour un braquage de banque, à prendre la parole. Trump a certainement donné un message en faveur de la police américaine, en faisant comprendre que la majorité d’entre eux sont des gens honnêtes et de valeur, mais il a aussi parlé à toutes les minorités frustrées de la possibilité d’abandonner la colère et la violence et d’avoir une «seconde chance… La vie de Jon est un merveilleux témoignage du pouvoir de la rédemption… il a grandi sans père… il a fini dans la rue… il a été arrêté», mais l’agent qui l’a emmené en prison a voulu d’abord s’arrêter dans un bar pour lui payer un verre et un repas. Ce geste l’a profondément frappé, à tel point que Jon «a commencé à lire la Bible en prison» et qu’à sa sortie de prison, il a cherché l’officier qui lui a expliqué qu’il avait prié pour lui, l’aidant ainsi à recommencer sa vie. Aujourd’hui, Jon «consacre totalement sa vie au Christ», a souligné le président, citant comme modèle le programme de réinsertion sociale des prisonniers mené par Ponder.

Délibérément ou non, ni Biden ni les autres démocrates n’ont mentionné le programme radicalement progressiste de leur parti, qui vise à abolir l’amendement Hyde sur l’interdiction du financement fédéral de l’avortement à des programmes tels que Medicaid, qui soutient les lois visant à étendre l’avortement dans les États au neuvième mois de la grossesse et celles qui, au nom des droits des LGBT, tendent à restreindre la liberté de pensée et de religion. Mais des personnalités telles que le père James Martin, le jésuite qui sponsorise les visions arc-en-ciel au sein de l’Église catholique ou Sœur Simone Campbell, soumise à une enquête par le Vatican avec les religieuses pro-avortement et hérétiques, de la LCWR, parlent en leur nom.

On comprend pourquoi, dans les discours du candidat démocrate qui, tout en épousant l’avortement, a parlé de ponts, d’amour, de fraternité et de haine fomentée par le président républicain, il n’y a aucune trace d’éloge à la vérité, au caractère sacré de la vie et à la seigneurie de Dieu et du Christ, que Trump a au contraire le courage non seulement de nommer mais même de présenter comme le principal remède au conflit social qui se déroule aux États-Unis. (Benedetta Frigerio dans La Nuova Bussola Quotidiana, traduction de Benoit-et-moi)