Correspondance européenne | 388, CE

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Coronavirus : le Covid-19 et le nouveau désordre mondial

L’ère du coronavirus voit se dérouler une nouvelle phase de la lutte cosmique entre forces célestes et forces infernales. Dans l’histoire en effet, à côté de la main de Dieu, il faut discerner aussi celle du démon qui toujours s’oppose toujours aux plans divins pour tenter de réaliser ses propres projets tordus. Le Règne de Dieu est celui de l’ordre, de la paix, de l’harmonie ; le Règne du Démon, celui du chaos, du conflit, de la révolution permanente. Dieu permet, pour sa plus grande gloire, que les deux royaumes – le premier toujours vainqueur, le second toujours battu – s’affrontent jusqu’à la fin des temps. 

Aujourd’hui, les disciples du démon sont les scientifiques qui, dans leurs laboratoires, cherchent à se rendre maîtres de la vie et de la mort de l’être humain, et aussi les spécialistes de l’ingénierie sociale qui, par des techniques sophistiquées, manipulent les émotions de l’opinion publique. Après la faillite des grandes illusions qui avaient inauguré le vingtième siècle, les forces révolutionnaires alimentent un scenario de profond chaos social et mental. Six mois après l’explosion de l’épidémie, la conséquence la plus terrible du coronavirus n’est à ce jour ni d’ordre sanitaire ni d’ordre économique, mais d’ordre psychologique. Personne ne sait ce qu’il faut penser et, souvent, des opinions contraires se succèdent comme dans les cas de dissonance cognitive. Dans un article pénétrant publié par un journal romain, le sociologue Luca Ricolfi écrit que le terrain où se produisent les changements les plus radicaux est celui de la manière de fonctionner de notre esprit. Le changement le plus évident est l’incertitude : non seulement la difficulté de se projeter dans le futur, mais « un état généralisé d’anarchie mentale ». Le régime d’anarchie mentale engendré par le covid, écrit Ricolfi, est dangereux pour la cohésion sociale parce que la vie sociale se fonde sur des règles communes et des schémas de perception de la réalité partagés par tous, « mais il est aussi dangereux pour l’équilibre psychologique de l’individu parce qu’un monde où chacun voit ce qu’il veut voir sans considérer ce que voient les autres est hautement anxiogène conflictuel et déstabilisant » (Come il Covid sta cambiando le nostre vite [Comment le Covid change nos vies], dans Il Messaggero, 5 septembre 2020).

Le Covid est un virus sournois, menteur, protéiforme, qui en terrorise certains en paralysant leurs forces et détruit l’équilibre des autres en leur faisant croire qu’il n’existe pas. A la faveur de ces contradictions grandit, dans une atmosphère de peur et de pessimisme, le Royaume de Babel. L’abandon à la divine Providence est nécessaire pour résister sans perdre la vertu surnaturelle de l’espérance. Etre sans espérance, c’est vivre dans la terreur de la contagion et se soumettre à toutes les injonctions de l’autorité civile ou ecclésiastique, mais c’est aussi attribuer tout ce qui arrive à un projet de destruction contre lequel on ne peut que crier sa rage.

Tous ceux qui, au temps du coronavirus, vivent dans la peur, la rage ou la frustration perdent leur bataille contre ce virus maléfique. N’est vainqueur que celui qui garde, au fond de l’âme, la joie que donne le service du Seigneur. Cette joie est un don divin ; pour ceux qui ne demandent pas ce soutien, tout est perdu. Celui au contraire qui compte sur l’aide de la grâce, lutte et remporte la victoire, surtout s’il met sa confiance en Celle qui est le canal de toute ses grâces, la Bienheureuse Vierge Marie dont l’Eglise commémore la Nativité le 8 septembre et le Très Saint Nom le 12 septembre. Saint Bernardin de Sienne opposa à la révolution des mœurs du XVe siècle la dévotion au nom de Jésus. La dévotion au nom de Marie est une arme précieuse contre la révolution psycho-sociale du XXIe siècle. Après celui de Jésus, le plus grand nom qui puisse résonner est celui de Marie, devant qui tout genou fléchit dans les cieux, sur la terre et sous la terre (Philippiens 2, 10). Avec ce nom sur nos lèvres et dans notre cœur, nous n’avons peur de rien. (Roberto de Mattei)