Correspondance européenne | 390, Pologne

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Pologne: l’intervention de l’archevêque Gądecki, contre les violences pro-avortement en Pologne

Le 22 octobre 2020, le Tribunal Constitutionnel de Pologne a établi à une très large majorité (treize juges contre deux) que la clause juridique sur la maternité permettant l’avortement en cas de maladie grave et incurable du fœtus va à l’encontre de l’article 38 de la constitution polonaise, d’après laquelle « La République de Pologne protège par la loi la vie de tout être humain ». Après cette décision du tribunal suprême polonais, des groupes pro-avortement ont organisé une série de manifestations violentes, même devant les églises.

Face à ces actes de violences, l’archevêque Stanisław Gądecki, Président de la Conférence Episcopale polonaise, est intervenu, le 25 octobre, avec une ferme déclaration dans laquelle il a rappelé que la position de l’Eglise catholique sur le droit à la vie est restée inchangée et publiquement connue.

En citant l’Encyclique de Jean Paul II, Evangelium Vitae, l’archevêque Gądecki a remarqué que « la décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite, ni comme fin, ni comme moyen en vue d’une fin bonne (…) “Rien ni personne ne peut autoriser que l’on donne la mort à un être humain innocent, fœtus ou embryon, enfant ou adulte, vieillard, malade incurable ou agonisant (…) Aucune autorité ne peut légitimement l’imposer, ni même l’autoriser” » (Evangelium Vitae, 57).

L’archevêque Gądecki a souligné que ce n’est pas l’Eglise qui établit la loi en Pologne et ce ne sont pas les évêques qui décident sur la conformité ou non-conformité des statuts à la Constitution polonaise. Pour sa part, l’Eglise ne peut cesser de défendre la vie et ne peut renoncer à proclamer que tout être humain doit être protégé de la conception à sa mort naturelle. Sur ce point l’Eglise ne peut pas faire de compromis, car elle serait coupable de la culture du refus, aujourd’hui très diffusée et affectant toujours les plus faibles et vulnérables.

Dans sa Déclaration, le Président de l’Episcopat polonais a remarqué que « la vulgarité, la violence, les slogans offensants et le trouble des fonctions religieuses, ainsi que les profanations perpétrées dans ces derniers jours – même si tout cela peut aider certaines personnes à décharger leurs tensions – ne représentent pas la juste manière d’agir d’un état démocratique ».

Il a exprimé aussi sa tristesse du fait que dans beaucoup d’églises les fidèles ont été empêchés de prier et privés du droit de professer leur foi. L’archevêque Gądecki, finalement, a invité à exprimer ses propres opinions de façon socialement acceptable, dans le respect de la dignité de tout être humain. Il a encouragé tout le monde à un dialogue sur comment protéger le droit à la vie et les droits des femmes et il a demandé aux journalistes et aux hommes politiques un sens de responsabilité pour la paix sociale et pour ne pas intensifier les tensions. (Veronica Rasponi)